partie de la graisse est absorbée. Ce qui a fait croire à
une atrophie du nerf ; mais il ne s’agit pas d 'atrophie ni de diminution de la nutrition, mais bien d’altération de la nutrition, déviée de sa direction normale. Elle continue et continue énergiquement, c’est ce que prouve le fait que l’on observe, en pratiquant une seconde section sur le trajet du nerf périphérique, ou en en enlevant un petit morceau ; il se produit d’abord un gonflement des
extrémités des deux moignons, et puis ils s’allongent et enfin se réunissent — comme un nerf dans l’état normal ; si ce n’est que la gaine médullaire, qui manque dans le nerf paralysé, ne se reproduit pas, même dans la portion régénérée, et c’est seulement le tissu connectif des tubes nerveux, qui rétablit la continuité.
Nous avons dans ce cas une circulation normale, qui donne une nutrition pathologique. On pourrait se demander si la circulat ion est vraiment encore normale, — puisqu’il est possible, mais peu probable, qu’en coupant le tronc nerveux, on ait coupé les vaisseaux les plus importants du nerf, ceux qui l’accompagnent, ou qui sont contenus dans son épaisseur. Gela peut être vrai pour quelques nerfs et pour une partie du tronc, mais non pas poulies ramifications périphériques, tandis que la dégénérescence va jusqu’aux derniers filets nerveux. Et même, ce fait a servi de moyen pour établir définitivement l’existence d’une anastomose de quelques fibres primitives du troisième rameau du trijumeau avec le facial ; parce qu’en coupant ^la troisième branche de la cinquième paire à la base du crâne, au-dessous du ganglion, on observe l’altération caractéristique, non seulement dans sa périphérie, (en tant que ses parties périphériques ne contiennent pas de centres de nutrition indépendants), mais aussi dans ces quelques fibres, qui se mêlent aux rameaux du facial, et qui certainement ne portent pas avec elles de vaisseaux spéciaux au tronc de la cinquième paire, mais se nourrissent avec les fibres du facial, au moyen des vaisseaux provenant directement des tissus qu’ils traversent. La circulation de ces fibres reste donc telle qu’elle était auparavant, mais leur nutrition est altérée.
De plus, si on coupe les racines du nerf sciatique, entre le ganglion et la moëller les libres motrices seules subissent la dégénérescence, tandis que les fibres sensitives restent normales. Pourquoi cela? Parce que, comme l’a exposé le Professeur dans les leçons de l’année passée, il y a au niveau du ganglion spinal un point, qui est le centre nutritif pour toute l’étendue du nerf ; et en effet, en coupant entre le ganglion et la périphérie, on voit toutes les fibres du nerf s’altérer; en coupant, au contraire, entre le ganglion et la moelle, on voit s’altérer le moignon central de la racine postérieure et le moignon périphérique de la racine antérieure, (celle-ci ayant un autre centre nutritif, qui maintient en état normal son moignon central), et dans le tronc du nerf, les fibres motrices seulement. Quelques nerfs ont deux ou trois de ces centres, toujours au niveau des ganglions. En l'absence de ce centre, la plus parfaite circulation ne donne pas une nutrition normale du nerf, — comme aussi la présence du centre ne la produit pas par elle-même, si la circulation n’est pas normale. Donc, la forme que prend le matériel fourni par la circulation, dépend du centre nutritif du nerf. Le Professeur appuie sur ces mots « du nerf, » afin qu’on ne croie pas, comme le fait un Professeur napolitain, que ce centre ou le nerf influe aussi sur la nutrition d’autres tissus; il n'a d’influence que sur celle du nerf même, auquel il appartient. Bien que nous ne puissions pas prouver dans les autres tissus l’existence de tels centres, il est probable que chaque tissu a une influence spéciale sur sa propre nutrition ; l’expérience que nous venons de décrire, n’assigne au nerf, a cet égard, aucune prérogative. Chaque tissu se nourrit par lui-même, en prenant chacun, du matériel
commun, la part qui répond aux besoins de sa nutrition.
Le fait fondamental qui, pour le moment, a pour nous de l’importance, c’est que la périphérie de chaque organe exerce sur la nutrition une influence qui lui est propre, qui détermine la direction finale du processus nutritif. Mais, il ne faut pas oublier qu’elle l’exerce en sa qualité d’unité organique, c’est-à-^ire d’ensemble d’unités composantes, différentes entre elles, lesquelles prises isolément peuvent manquer de cette propriété. Il est vrai qu’une propriété manifestée, par un ensemble, doit être la résultante des propriétés des parties composantes ; mais la forme dans laquelle elle se manifeste et l’effet qui en dérive, pourront très-bien être différents de la forme et de l’effet des propriétés des éléments. Donc, pour un tissu composé de cellules, nous n’avons pas le droit de dire qu’une quelconque de ses propriétés est déjà exprimée dans les cellules, — mais seulement qu’elle y est représentée. La fonction nutritive est une fonction tellement complexe, que nous ne pouvons pas l'attribuer, comme telle, aux éléments singuliers constituants du tissu. Le professeur hésite pour cela à se prononcer en faveur de la théorie cellulaire, — (qui pmir le moment ne possède aucune preuve directe) — bien que le résultat général de ce qu’il a exposé jusqu’ici, le conduise à être (l’accord avec cette théorie, en tant qu’elle attribue l’activité nutritive à une force inhérente à chaque organe vivant.
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