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b° Tuberculose. — Dans une communication à l’académie de médecine (1925) le Dr Calmette a montré que la tuberculose infantile était surtout due à la contagion interhumaine. Toutefois la contamination par le bacille bovin quoique moins fréquente est démontrée. Stang, Demine, Gosse, Sobotla, Revillet, Guerricabetia, Bernheim ont signalé des cas nettement démontrés de transmissions de la tuberculose par le lait provenant de vaches tuberculeuses. :
Park et Krumwicale donnent une statistique qui a été reproduite dans le rapport Roeland.
Rossel, Weber et Heuss arrivent à des chiffres aussi impressionnants. | |
IF s’agit généralement de vaches dont les mamelles sont atteintes. Souvent même les lésions mammaires spécifiques ne sont pas décelables par le simple examen clinique. Moussu a même démontré (Sté de biologie, 16 avril 1904) que le lait des bêtes tuberculeuses, mais indemnes du côté des mamelles pouvait contenir des bacilies vivants. Aussi un grand nombre d'auteurs examinent 2.600 échantillons de lait et constatent que 16 % environ sont fuberculeux. Mac Fadyan arrive même à 22 % et Rabinowitch à 28 %,.
Dans le beurre la présence du bacille est éncore plus fréquente et atteint 70 ‘4. Et ce n’est pas extraordinaire quand on songe que chez les nourrisseurs les va: ches atteintes le sont dans la proportion de 35 à 40 %,
Ajoutons que la mamelle n’est pas toujours la seule voie de contamination du lait par le bacille. Le jetage
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et les matières fécales, riches en bacilles peuvent aussi souiller accidentellement le lait.
En résumé la réalité et le danger de l’infection de l’homme par le lait des vaches tuberculeuses sont hors de doute et justifient pleinement une prophylaxie
sévère.
III. — Causes relevant des maladies : ou altérations propres du lait.
Un lait pur, apparemment propre et provenant d’un sujet sain peut au bout d’un certain temps présenter des altérations diverses qui Ie rendent impropre à la consommation.
Les principales altérations du lait sont À
Le lait putride dû à la pullulation de bactéries banales : venant de l’étable ou à la dissolution des gaz ammoniacaux accumulés dans celle-ci.
Le lailmuqueux ou filant dû au microcoque de Schmidt - . Malherin, à l’actinobactes polymorphus de Duclaux, au bacillus lactis pituitosi de Liffler, au bacillus lactis d’Adameck, au streptococcus hollandicus, au bacillus de Guillebeau, au micrococus Frendenreichu et au bactérium Kessô. |
Le lait rouge dû au bacillus prodigiones, au Sarcina roséa de Meuge, au bactérium lactis crythrogenus de Hueppe.
Le lait bleu dû au bacillus cyanogenus de Hueppe.
Le lait jaune dû au bacillus synxanthus de Schrôtre.
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Ces laits peuvent être dangereux et déterminer chez les nourrissons des indigestions suivies d’entérites diarrhéiques.
IV. — Causes relevant des souillures postérieures ou concomitantes à la traite.
Lorsqu'on lit le tableau suivant brossé par Brisson, on ne peut s'étonner que le lait soit l’objet de souillures nombreuses et variées
« La cour de la ferme est petite et presque entièrement occupée par un Las de fumier d’où s’échappent des rigoles de purin, qui, çà et là, croupissent en plaques verdâtres. Une vieille truie se promène et Youille le sol. Dans un coin de la cour,trois brocs à lait et deux seaux à traire, bossués, rouillés et noirs. Au fond, l’étable où l’on me conduit. C’est une cabane en bois recouverte de matériaux disparates : débris de tuile, morceaux de tôle et papier goudronné. Pas de gouttière à ce toit. L’eau de pluie dégringole sur le sol, devant la cabane, et forme, avec l’urine et la bouse de vache une matière innommable où les habitants du lieu et la truié marquent à chaque instant la nouvelle empreinte de leurs pas.
« On ouvre la porte de l’étable. Une odeur infecte m'arrête. La température y est intolérable. Les moindres fissures des parois ont été soigneusement obstruées avec des bouchons de paille. Huit vaches étiques vivent
là dans l'obscurité complète, serrées l’une contre l'autre et couchées dans leur fiente qui leur sert de litière, véritable marécage d’excréments. Trois se relèvent ; elles sont couvertes d’ordures desséchées ou liquides et leur maigreur apparaît d’autant plus qu’elles portent une mamelle énorme.
«Pour entrer et circuler dans l’étable il faut se courber, car le plafond n’est qu’à 1 m. 60 du sol. Il tombe de ce plafond des poussières de toutes sortes et des débris de toiles d'araignées. Deux vaches agonisent au fond de la cabane, des suites d’une asphyxie lente. Le cultivateur et sa femme sont presque aussi sales que leurs animaux. Ils sont couverts de crotte, et, pour ainsi dire enduits de bouse de vache... Ils vendent chaque jour soixante à soixante-dix litres de lait ». (Rennes. Le lait qui tue, le lait qui sauve.)
Cette description qui se rapporte à une étable des environs de Rouen ne s’éloigne pas beaucoup de celles qu’on peut faire dans notre région.
On rencontre trop souvent encore en Auvergne ces étables malsaines qui sont d’infects taudis où l'air et la lumière n’ont jamais accès et où les hommes et les animaux croupissent dans une saleté proverbiale.
Dès 1862, le sous-inspecteur des reboisements du Puy-de-Dôme donne de ces mœurs singulières cette explication!
« Sur une étendue territoriale de 12.612 hectares
1, Archives des Eaux et Forêts.
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formée des communes de Saulzet-le-Froid, Vernines, Aurières, Aydat, Vernet et Olloix on ne découvre pas. un bouquet de bois. Le voyageur surpris par la violence des tourmentes ne peut trouver un arbre qui lui indique sa route, ni un massif sous le couvert duquel! il puisse s’abriter.
«€ L'habitant vit dans une demeure malsaine et infecte et quand il y reste, saisi par le froid, il manque de bois pour faire un feu capable de le ranimer.
CIlest vrai qu’il se rend à l’écurie pour y jouir de la chaleur émanant des bestiaux qui s’y trouvent enfermés. »
« Cette étrange coutume, écrit Luquet1, auquel nous sommes redevables de fort intéressantes études sur la flore mont-dorienne et la vie rurale dans les Monts d'Auvergne, avait vivement frappé Legrand d’Aussy, dans son voyage à travers la province d'Auvergne.
« Un poêle entretenu à grands frais, écrit Legrand, ne donnerait pas la chaleur que procure dans l’étable cette multitude d'hommes et d’animaux entassés. L'air y devient étouffant. Il se change en une fumure épaisse qu’on voit sortir en vapeur par les ouvertures et l’on ne conçoit pas comment ces montagnards accoutumés à en respirer un d’une autre nature peuvent y vivre ».
On pourrait croire que ces conditions hygiéniques
1. Luquet, Bulletin de la Société d'Histoire. naturelle d’ Auvergne, juin 1925.
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déplorables ne se rencontrent que dans les villages éloignés. Il n’en est rien.
« Une étable est située boulevard Gergovia, à Clermont-Ferrand, derrière une scierie, sur la rive gauche du ruisseau des Tanneurs, à 30 m. en aval de l’endroit où débouche le trop-plein de l’égout du boulevard, à la même distance à peu près d’un canal découvert charriant les immondices de l'Hôtel-Dieu, et à 100 m. à peine de l'endroit où ce canal se déverse idans le ruisseau. Il n’y a pas de service d’eau potable à l'usage de la laiterie, pas même un puits, que sa situation du reste eut rendu des plus suspects ».
Quelques établissements offrent un aspect repoussant et sont d’une insalubrité qui dépasse l'imagination. Voici deux exemples parmi les 97 vacheries de Clermont-Ferrand qui furent inspectées dans les mois qui suivirent l’épidémie de fièvre typhoïde. Nous donnons, en ce qui les concerne, les appréciations du vétérinaireinspecteur.
19 « Etable mal tenue, en mauvais état, véritable masure en contrebas de tous côtés, sol inégal et perméable n’étant constitué que par de la terre; animaux assez mal tenus, nourris à la pulpe de betterave conservée dans des silos situés trop près des tas de fumier. Le ruisseau des Tanneurs qui passe au pied de cette construction, doit servir à tous lesusages de la laiterie ».
1. C. R. des travaux des Conseils d'hygiène et de salubrité publique du département du Puy-de-Dôme, année 1893.
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20« Vacherie installée dans un ancien dépôt de vidanges. L’étable contient 12 animaux et cube 240 m.°
Une porcherie existe à côté. Enfin un séchoir de peaux est établi dans un hangar voisin. Dans la cour sont
déposés les fumiers de l’étable ainsi que les boues et immondices provenant du nettoyage de l’intérieur des casernes qui ne sont pas très éloignées. Les liquides provenant de la porcherie viennent y former avec le purin une-large mare répandant une odeur infecte encore augmentée par celle exhalée par le séchoir des peaux. »
Roeland nous fait un autre tableau tout aussi édifiant
«Et maintenant regardez ceschariotslaitiers conduits par des cochers malpropres et roulant dans les rue des bidons sales aux odeurs rances: vous pouvez vous dire que ce sont des cimetières d’enfants.
« Regardez ces crèmeries, sans glacière, pleines de produits étranges et variés, voyez comme on y manutentionne le lait, si fragile cependant, voyez la poussière, les tabliers sales, les mains douteuses, les vases mal nettoyés, et vous vous direz qu’il y a là de quoi tuer des bébés par centaines. Que ces gens seraient criminels, s'ils savaient ! » (Le lait el la santé, avril 1923).
Quand on songe à toute la série de transvasements et de.manipulations que subit le lait, on se demande quel breuvage infect est livré au consommateur. Les souillures du lait sont d’autant plus dangereuses que ce produit constitue à lui seul un excellent milieu de culture. Aussi d’après Miquel (Rennes, Le lail qui
de, D sh sauve, le lait qui tue), le lait récolté en octobre à 6 h. du matin renferme au cm° :
Après 1 h. au laboratoire; 9.000 bactéries
—. 3h. — 1.700 — — 7h. — 30.000 — — 9h. » — 60.000 — — 25 h. LU — 120.000 —
Quand le lait, au lieu d’être conservé au laboratoire, est abandonné à l'air surchauffé des cuisines, il peut contenir 200 millions de bactéries.
Tous les microbes du lait, en dehors de ceux qui proviennent d’une affection de la vache, peuvent être apportés non seulement par les fumiers et poussières mais aussi par le personnel. ‘4
Les affections contagieuses transmises par le lait, du fait de la contamination par les souillures sont très nombreuses. Nous allons énumérer les principales en laissant de côté la fièvre aphteuse, la tuberculose d’origine bovine ainsi que les affections engendrées par les streptocoques de la mammite des vaches laitières, toutes ces maladies ayant été passées en revue précédemment. |
1° Typhoïde-Erysipèle. — Trillat et Fouassier ont montré que le bacille d'Eberth se développe dans le lait stérilisé avec une rapidité miraculeuse. On comprend l’importancedes épidémies de typhoïde d’origine lactée Porcher et Dreyfus en ont signalé de nombreuses en Angleterre. D’autres épidémies furent constatées
en Allemagne en 1881 par Hart,en 1895 par Koper; en Suède à Malmoe en 1911: aux Etats-Unis, à Maryland ; en 1913 en Autriche à Vienne. Enfin en France, deux grandes épidémies avec forte mortalité furent enregistrées il y a quelques années.
La plupart du temps le lait se trouve contaminé par l'eau de lavage des récipients. Souvent il s’agit de la présence, pa;mi le personnel de l’exploitation, d’un individu qui, après atteinte de la maladie, reste porteur de germes.
Clermont-Ferrand a connu en 1891-1892 une épi-
démie grave de fièvre typhoïdel L'origine fut une laiterie située aux abords de la ville, avenue de Beau-
mont. Elle possédait une étable assez vaste, mais mal tenue, dans un des angles de laquelle était installé un logement sommaire pour le laitier et sa famille. En arrière de cette chambre existait, dans un coin obscur, un puits creusé dans un sol perméable. Ce puits recevait du purin par suintement, et même par écoulement direct. L'eau servait au lavage des ustensiles de la. laiterie. et peut-être au mouillage du lait. Le laitier fut atteint de fièvre typhoïde, et sa femme également quelques jours après. Les déjections étaient Jjetées, sans désinfection préalable, sur le fumier de l'écurie: elles contaminaient ainsi directement l’eau du puits, et secondairement les ustensiles et le lait. Dix-huit clients du laitier furent atteints par la maladie.