‹ Contribution à la Production d'un Lait Pur et SainChapitre 20 sur 28 · L'ÉTUDE DU PROBLÈME LAITIER DANS NOTRE RÉGION · texte numérisé non relu

L'ÉTUDE DU PROBLÈME LAITIER DANS NOTRE RÉGION

A la suite de l'étude que nous venons de faire, à première vue, il peut paraître relativement facile de remédier aux mauvaises conditions de la production laitière actuelle.

Par contre, si l’on veut bien envisager la question non seulement au point de vue théorique, mais prendre connaissance des conditions économiques qui interviennent fatalement, on verra que la solution du problème n’est pas à la portée de la main comme certains affectent de le croire.

Nous avons vu que la stérilisation n’amène pas toujours la disparition complète des microbes et qu’elle a l'inconvénient, d'autre part, de détruire les vitamines. Tout en reconnaissant les services qu’elle rend, nous nous demanderons, avec Roeland, s’il n’y a pas lieu de revenir un peu en arrière, et s’il ne vaudrait pas mieux éviter l'introduction de germes nuisibles dans le lait ?

nn

Le doute n’est guère possible à ce sujet, d'autant. plus que la stérilisation ne peut rien contre la mauvaise - qualité du lait et contre les falsifications.

Obtenir du lait pur et à l'abri de tout germe est le but vers lequel doivent tendre tous les efforts. On ne saurait y arriver que par une hygiène bien comprise des vacheries et une réglementation sévère du commerce du lait. |

Deux facteurs interviennent en la circonstance: tous deux d’une importance capitale et qu’il nous faut étudier.

D'abord, l'ignorance entre pour une grosse part dans les méthodes utilisées dans nos campagnes. Le paysan de notre région, comme celui des autres contrées, je le présume, ne soupçonne pas les graves inconvénients que peut avoir sa façon de faire. Aussi bien dans la manière de soigner ses bêtes que dans tous Jes actes accomplis pour amener le lait depuis la mamelle jusqu’à la voiture du ramasseur, il répète les gestes qu'il a vu exécuter dèssa prime jeunesse. À ses yeux, : en se conformant à cette routine, il profite de l’expérience de toutes les générations qui l’ont précédé.

Mais le paysan est apte à apprendre, tout comme l'habitant des villes. S'il est incapable de s’enthousiasmer commece dernier ilest par contre extrêmement sensible à la logique des faits. Qu'on l’instruise et 1l marchera dans la voie du progrès, si cela lui est possible.

Quel sera son éducateur, en la circonstance? De

LE A ta

toute évidence le vétérinaire est des mieux placés pour indiquer au producteur la marche à suivre et le but à atteindre. Le praticien qui a su gagner la confiance de son client peut faire, à lui seul, plus que tous les contrôles laitiers et toutes les sanctions quis’en suivent: On aurait tort de l'oublier: l'expérience enseigne au. paysan qu’il faut se méfier de tout ce qui touche à l'administration. Contrôle officiel et sanctions ne peuvent que l’effrayer et l’éloigner de la production laitière.

Nous venons de dire que le paysan instruit se dirigerait dans la voie du progrès, si cela lui était possible. Que faut-il entendre par la ? Un fait très simple : le producteur de lait est un industriel et commetort industriel il ne continuera à produire que s’il y trouve un profit réel.

Assurément, comme l’a dit le Président Astor à la Conférence laitière nationale d'Angleterre « les fermiers sont des gens d’affaire et non des philanthropes. »

Rennes a situé la question de façon parfaite. « Quand une profession est appréciée du public, elle est riche ou considérée, quelquefois riche et considérée tout ensemble. Or la profession de laitier n’est ni riche ni considérée; c’est qu’elle n’est pas appréciée. Aussi la voit-on aux mains de petites gens, pauvres d’intellect. et d'argent, quelquefois aussi de conscience »,

Page 1