‹ Contribution à la Production d'un Lait Pur et SainChapitre 25 sur 28 · ROUES · texte numérisé non relu

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Gette particularité est un des principaux facteurs du problème que nous étudions.

Ce qu'il faut pour améliorer la situation actuelle

Le simple exposé des faits nous indique très claïirement les remèdes qu’il y a lieu d'appliquer à la situation déplorable que l’on constate actuellement.

Pour ce qui est de la quantité, une première remarque s'impose. La demande, qu'il s'agisse de la consommation locale, régionale ou plus éloignée, se fait de plus en plus considérable. A côté de cela, la production s’abaisse graduellement. Production et consommation varient en sens inverse; c’est un fait.

Comment disposer d’une plus grande quantité de lait ? On peut songer à développer le cheptel de la région. Cela serait utile, évidemment, mais ce n’est guère réalisable. En effet, un territoire donné ne peut augmenter son troupeau plus que ne le permettent ses ressources fourragères. D'autre part, la question du personnel interviéndrait également au moment de cette augmentation.

On pourrait préconiser également la sélection du bétail en vue de développer son aptitude laitière. Là encore, la solttion n’est pas à retenir car en réalité nos bêtes sont parfaitement adaptées aux conditions culturales de notre région. Il faudrait changer ces

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dernières du tout au tout, et cela n’est pas réalisable.

Si l’on tient à avoir pour la consommation un plus grand nombre delitres de lait, 1l serait peut-être possible d’en récupérer une certaine proportion sur les quantités qui sont transformées en fromage ou en viande. Ce changement ne peut d’ailleurs pas être poussé à l'extrême.

En résumé, la quantité de lait dont on peut disposer ne peut être que faiblement augmentée. Nous croyons qu’il faut surtout s'attacher à conserver la production laitière actuelle et à améliorer sa répartition sur le territoire. |

Quant à la qualité du lait récolté, nous envisagerons seulement un des principaux facteurs : la propreté. D'ailleurs ce que nous dirons à ce sujet peut s'appliquer à tous les autres facteurs étudiés et indispensables pour l'obtention d’un lait pur et sain.

Nous avons dit que le lait tient actuellement une place peu importante dans la production totale de la ferme. Le personnel travaille surtout aux champs; la culture absorbe beaucoup de temps et l’élevage sous ses différentes formes relativement peu. Bêtes et gens peinent au dehors depuis l’aurore jusqu’au crépuscule et rentrent, le soir harassés par une journée de dur labeur. Dans ces conditions, il est bien évident que la traite et les diverses manipulations qui vont suivre Jusqu'au passage du ramasseur seront faites sans soin, sans la moindre précaution. À l’heure actuelle, des gens qui ont consacré la plus grande partie dé leur

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journée à de, durs travaux, dans les champs, n’ont nul souci de s’astreindre à une nouvelle corvée après leur retour au logis. Le paysan, si prodigue qu’il soit de sa peine, ne travaille pas par plaisir, pas plus que le citadin. Aussi, pournous, il n’y a aucun doute; aucune amélioration sanstravail supplémentaire, aucun travail supplémentaire sans gain correspondant.

Or, ces années dernières, le prix du lait à Clermont- Ferrand, a varié de 0,90 pendant l’été à 1 fr. 20 pendant l'hiver. C’est exorbitant de bon marché par rapport aux prix des autres denrées, à valeur nutritive égale. Un lait propre, pur et sain vaut plus que cela. Si l’on veut qu’il soit produit dans de bonnes conditions et abondamment il faut qu’on le paie à son véritable prix, comme toutes les autres marchandises.

À notre avis, là est la solution sociale du problème de la propreté du lait.

Il est une autre considération qui, pour être d’intérêt purement local, mérite cependant d’être exposée. Dans notre département, et cela se conçoit, ce sont les régions dépourvues d’eau fraîche pendant l'été qui fournissent les laits les plus sales. Les communes devraient s'imposer les sacrifices nécessaires pour établir une adduction d’eau suffisante. Que l’eau soit amenée au logis du cultivateur, qu’elle ne soit pas distribuée parcimonieusement, mais qu'elle coule à flots dans toutes les dépendances de la ferme, et les gens finiront par apprécier les bienfaits de la propreté. Evidemment,

les communes ne peuvent réaliser ces entreprises que

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si leurs habitants sont assez riches pour payer les impôts indispensables.

En résumé, qu’on envisage la question de la propreté du lait sous un angle ou sous l’autre, on arrive toujours à la même conclusion: il s’agit, avant tout, d’une question économique. $ ;

Des gens bien intentionnés, mais peu au courant des choses de la terre pourraient prétendre que l'instruction des masses par l'exemple pourrait suffire et qu’on arriverait au but recherché en favorisant l'installation de vacheries modèles soumises au contrôle. La réalisation de telles étables est sans doute possible, mais nous avons assez l’expérience des gens de nos campagnes pour être certain qu'à côté de ces établissements, les autres cultivateurs continueraient leurs manipulations comme par le passé et, en fin de compte, les résultats pratiques seraient insignifiants.

Nous le répétons, et cela ne doit faire de doute pour personne, ni pour le consommateur, ni pour les pouvoirs publics : le paysan restera sourd aux belles paroles tant qu'il ne trouvera pas un bénéfice certain à changer de méthodes. Il y a nécessité absolue pour qu'il s’intéresse à la propreté qui le laisse actuellement indifférent, à rendre la production du bon lait suffisamment rémunératrice. Or il importe pour cela que la vente du lait soit libre. Et nous avons le regret de constater que les pouvoirs publics ne l’ont pas compris. Pour des motifs qu’il ne nous appartient pas de discuter, la tactique diamétraälement opposée est suivie avec une

régularité déconcertante. Chacun sait les restrictions imposées aux acheteurs en gros par la législation en vigueur et les entraves apportées à la vente du lait par l’article 419 du code pénal.

Qu'on ne s’y trompe pas : de la tactique gouvernementale dépend tout l'avenir de la production lai- Lière.

La question laitière en dehors de notre région. — Ces conditions désastreuses de la production laitière sont-elles spéciales à notre région? Non, certainement, et, à part quelques modalités qui tiennent au genre de vie local, tout ce que nous venons de dire pourrait s'appliquer à l’ensemble du territoire français. Les preuves à l'appui de cette croyance ne manquent pas.

« Nulle différence n’est faite, dit P. Saint-Olive, entre le producteur qui a soin de ses bêtes, qui les nettoie, qui prend les précautions nécessaires pour livrer un lait non acide et refroidi et celui qui fournit une marchandise déjà piquée, susceptible de contaminer le contenu du bidon dans lequel elle est versée.

« Ces deux producteurs perçoivent le même prix. Le résultat ne se fait pas attendre : celui qui était animé de bonnes intentions se juge lésé par rapport à son voisin. Il néglige ces soins. On peut dire que la pratique actuelle est une prime à la malpropreté et ne fait qu’augmenter la proportion de mauvais lait. Acide ou.frais, pauvre ou riche en matière grasse,

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