‹ Contribution à la Production d'un Lait Pur et SainChapitre 5 sur 28 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

Depuis longtemps et dans tous les pays, tous les gens qui à un titre quelconque s'intéressent, à la salubrité des denrées alimentaires, ont réclamé avec insistance l'inspection sanitaire et le contrôle du lait. C’est donc qu'ils s'étaient rendus compte du danger que courait le public en consommant le lait tel qu'il nous est le plus souvent délivré.

En. 1908, le Professeur Moussu (d’Alfort) présente à la. ligue contre la mortalité infantile un rapport dont voici les conclusions

« En résumé, Messieurs, j'estime que, en n’envisageant que-la production du lait pour enfants, 1l serait indispensable :

«1° De n'utiliser que des laitières en bon étatde santé apparente:

«20 D’éliminer systématiquement toute bête classée comme tuberculeuse, même par le seul fait d’une réaction positive à la tuberculine;

«30 D'interdire temporairement la vente du lait

pour usage alimentaire, dans tous les cas d’épizootie aphteuse ou de maladie générale grave;

«49 D’éliminerde façon formellede l’industrie laitière, en vue de la production du lait alimentaire, toute bête atteinte de maladie des mamelles;

«5° De faireconnaître que le lait des vaches laitières peut être nuisible à la santé des enfants lorsqu'il est recueilli durant les trente jours qui précèdent un vélage, les huit jours qui suivent ce vélage, et aussi durant les périodes de chaleurs;

«6° Qu'il serait utile dans la production du lait pour enfants de proscrire de l'alimentation des laitières l'emploi des pulpes, drèches, tourteaux et aliments fermentés ou avariés, de quelque nature qu’ils soient.

« L’applicationutilitairede ces différentes prescriptions ne pourra se faire que lorsque les vacheries seront inspectées régulièrement à dates indéterminées, et par des fonctionnaires quahfiés pour cette mission. »

(Recueil de Méd. véi., 15 oct. 1908, p. 626).

La même année le Professeur Porcher (de Lyon) fait. à la Section d'hygiène du Congrès de l'Association française pour l’avancement des sciences, une communication dans le même but, et dont voici le résumé :

«La loi du 1% août 1905 sur la répression des fraudes est absolument insuffisante pour assurer la qualité d'un bon lait au consommateur. car l’analyse chimique ne peut déceler les altérations dont le lait peut être le siège en raison des microbes qu'il contient et qui sont certainement les plus dangereuses.

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«Le contrôle de sa production s'impose et, pour ce faire, il est indispensable qu'une surveillance spéciale soit exercée sur les animaux qui le fournissent et les conditions plus ou moins favorables dans lesquelles il est recueilli, conservé et transporté.

«Les arguments opposés par nos législateurs à la réglementation du contrôle de la production du lait ne reposent sur aucune base sérieuse et sont manifestement tendancieux.

«Puisque l’Etat serefuse à cette réglementation, il faut que l'initiative privéele remplace et que celle-ci fasse l'effort nécessaire à la réalisation de cette œuvre de salubrité publique.

«L'Etat, les départements, les communes, lescomices, les sociétés agricoles, par des encouragements moraux et financiers, pourraient exciter cette initiative privée susceptible de donner d’excellents résultats aussi bien pour le consommateur que pour le producteur et les intermédiaires. |

(Journal de Méd. vit. et de Zoolechnie, août 1904).

En Belgique, le Professeur Lienant de {ureghem fait, le 14août 1910, un rapport à la Fédération médicale vétérinaire de Belgique dont les conclusions sont les suivant es

« Un lait pour être sain, doit avant tout provenir de vaches elles-mêmes saines, nourries convenablement d'aliments non toxiques, entretenues proprement. Il doit être récolté et maintenu sans souillures jusqu’au

moment de son débit. »

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à surveillance devrait done s'exercer ë.

1° Sur les animaux ae ve au point de vue de leur santé, de leur embonpoint, de leur propreté, des médicaments auxquels ils peuvent être soumis, etc.;.

20 Sur le régime alimentaire, au sujet de la nature, de la qualité, de la quantité des fourrages, du moment. de leur distribution, etc. ; |

30 Sur les vacheries, au point de vue de leur dl brité : cube d’air, éclairage, ventilation, écoulement des eaux, pente et imperméabilité du sol, propreté, nature des litières, enlèvement du fumier, odeurs, etc.;

49 Sur l’opération de la traite, relativement à la préparation de l’animal, à la propreté et à la santé du personnel, à la propreté des récipients, à la filtration et au refroidissement rapide et suffisant du lait;

50 Sur la laiterie, concernant la propreté du local et des récipients, la température, la santé du personnel;

6° Sur le mode et les moyens de transport:

70 Sur la vente, au point de vue de la propreté, de la température, de l’usage des locaux, de la santé du personnel ; |

8° Sur la nature de l’eau utilisée au lavage des. ustensiles, spécialement au point de vue de sa préservation de toute contamination par les fumiers, purins, | cabinets d’aisance;

90 Sur les moyens utilisés dans les différents locaux pour préserver le lait du contact des insectes.

En Belgique, également Brédo (de Maline) montre .

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comment devrait être dirigée l'inspection pour être effective.

Pour lui, dans la question du lait il faut considérer 3 points |

19 La production et la récolte;

20 Le transport.

3° Le débit.

. Ces trois questions sont liées. L'auteur n’admet pas l’organisation d’un service d'inspection et de contrôle pour un seul des trois.

Il faut l'institution des 3 inspections et contrôles pour obtenir un produit relativement parfait et le maintenir tel. Les 3 inspections sont solidaires les unes des autres, elles doivent éventuellement se contrôler mutuellement. Brédo qui a pratiqué ces 3 inspections et est parvenu à quelques améliorations est convaincu que de tels services arriveront à supprimer progressivement beaucoup de défectuosité. Pour assurer ce service, selon Brédo, il suffit au gouvernement de faire une bonne loi avec des pénalités et de mettre à La disposition de ce service, les établissements, le personnel discipliné dont il dispose. Mais il ne faut pas oublier que les syndicats agricoles, syndicats d'élevage, associations de contrôle de la production laitière... etc. devront intervenir pour instruire et éduquer les producteurs ainsi que les débitants.

(Le lait, 1923, n°.7 et 8, p. 539).

En Hollande, le conseil municipal d'Amsterdam, que la question du lait avait ému, a étudié et proposé un

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plan de municipalisation de l’achat et du traitement du lait, la distribution étant laissée à l’industrie privée moyennant certaines conditions concernant le prix de vente.

Malheureusement ce projet a rencontré des ditficultés d'ordre financier qui l’ont fait abandonner.

Différents pays parmi lesquels les Etats-Unis et la Hollande ont déjà institué le contrôle sanitaire légal du lait.

Aussi, Goraasson (d'Anvers) décrit comment se pratique l'inspection du lait à Nimègue.

Tout d’abord la profession de marchand de lait est réglementée et soumise à une autorisation préalable.

Chaque jour on prélève chez les marchands de lait de la ville [moyennant paiement, au moins 5 échantillons de lait, chacun d’un litre. Ces échantillons sont mis dans des bouteilles stérilisées, scellées en présence du vendeur. Elles sont transportées immédiatement au Laboratoire où se fait l'analyse. On fait le contrôle physique, biologique, et bactériologique du lait.

Les vétérinaires et les contrôleurs du service font régulièrement l'inspection des étables, des laiteries, des dépôts de lait.

En dehors de cas de fraude pour lesquelles on sévit impitoyablement, les délinquants recoivent un avertissement par la direction du service pour les premières infractions, pour la 3: ils sont traduits en justice, qui ne traite pas les affaires à la légère.

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