RIRE
apparait comme une zone claire, arrondie ou irrégulière; la région qui l'entoure immédiatement est plus sombre que tout le reste pârce que condensée et fortement farcie de tubercules, elle est constituée par du
tissu scléreux.
, * *K X La symptomatologie des cavernes varie évidemment suivant leur siège, leur volume et le fait qu'elles sont -plus ou moins rapprochées de la superficie. Nous aurons
l'occasion d'y insister dans le cours de ce travail.
LA PECTORILOQUIE
Description de Laënnec : La définition, les conditions favorables, les conditions défavorables.— Critiques de Hirtz,Skoda, Aran.— Réponse à ces critiques. — La pectoriloquie est un symptôme
nettement individualisé.
Au milieu de tous les symptômes précédents, il en est un qui nous a particulièrement intéressé : la pectoriloquie.
Décrite par Laënnec, discutée après lui, objet de quelques controverses, la pectoriloquie ne mérite pas la demi-disgrâce où il semble qu’elle soit actuellement tenue. Elle répond à un fait bien précis et c'est ce que nous voudrions montrer.
La description qu'en donne Laënnec doit être reproduite en entier ; la simplicité et la grande clarté de son exposé établissent d'emblée, d’une façon très nette, les éléments de la question.
« Dès les premiers jours où je commençais mes recherches sur l’auscultation médiate, je songeai à déterminer les différences que pouvait présenter la
résonnance de la voix dans la poitrine: En examinan
at 2!
à cet effet comparativement plusieurs sujets sains ou malades, je fus frappé par un phénomène tout à fait singulier. Le sujet qui le présentait était une femme d'environ vingt-huit ans, attaquée d’une légère fièvre bilieuse et d'une toux récente qui n'avait d’autres caractères que ceux d'un catarrhe pulmonaire. Lorsque, tenant le stéthoscope appliqué au-dessous de la partie. moyenne de la clavicule droite, je faisais parler la malade, sa voix semblait sortir directement de la poitrine et passer toute entière par le stéthoscope. Cette transmission de la voix n'avait lieu que dans une étendue d’un pouce carré ; dans aucun autre point de la poitrine on ne trouvait rien de semblable. Ne sachant à quoi attribuer cet effet, j'examinai sous le même rapport la plupart des malades existant à l'hôpital et je le retrouvai chez une vingtaine de sujets. Presque tous étaient des phtisiques arrivés à un degré avancé de la maladie ; chez d’autres, l'existence des tubercules était encore douteuse, quoiqu'il y eut des raisons de le craindre ; enfin deux ou trois, comme la femme qui m'avait offert pour la première fois ce phénomène ne présentaient aucun symptôme de cette maladie, et leur embonpoint ainsi que l’état de leurs forces, semblaient même devoir éloigner toute crainte à cet égard. Je commençai cependant dès lors à soupçonner que la transmission de la voix à travers le stéthoscope pouvait être due à ces cavilés anfraclueuses produites par Ie ramollissement des tubercules et connue sous le nom d'ul-
cères du poumon, L'existence de ce phénomène chez
— 18 es des sujets qui ne présentaient aucun signe de phtisie pulmonaire ne me paräissait pas détruire cette conjec-
ture, parce qu’il arrive fréqueminent de rencontrer des
tubercules excavés ou ulcères du poumon chez des.
sujets morts de maladies aiguës et chez lesquels la phtisie a toujours été latente. |
» La plupart des malades qui présentaient ce phénomène étant morts à l'hôpital, je pus reconnaitre à l’autopsie que j'avais rencontré juste. Chez tous je trouvai des cavités plus ou moins vastes, dues au ramollissement de la matière tuberculeuse el communiquant avec des rameaux bronchiques d’un diamètre variable.
.»de trouvai que la pectoriloquie (c’est ainsi que j'ai cru..devoir nommer ce phénomène) était d'autant plus prononcée que la cavité ulcéreuse était plus voisine de la surface du poumon et que ses parois étaient plus denses. J’observai que la transmission de la voix n'était jamais plus frappante que lorsque, le poumon adhérant intimement à la plèvre costale, les parois de la poitrine formaient presque immédiatement une portion de celle de l’ulcère, ce qui, comme on le sait, arrive assez fréquemment. :
» Cette-circonstance conduisait naturellement à penser que la pectoriloquie est due à la résonnance plus
forte et plus sensible de la voix dans des points qui
la répercutent par une surface plus solide ct plus.
étendue que les cellules aériennes et les petits rameaux bronchiques. Je présumai, en conséquence, qu’un phénomène analogue devait avoir lieu en appliquant le
— stéthoscope sur le larynx et la trachée-artère d’un homme sain. Ma conjecture se trouva juste : il y a identité presque parfaite entre la pectoriloquie et la voix sortant par le stéthoscope ; et cette expérience est un bon moyen de se faire une idée exacte de la pectoriloquie lorsqu'on n'a pas de malade à sa disposition (1). »
En même temps qu'il décrivait la pectoriloquie, Laënnee définissait la bronchophonie et l’égophonie.
Cette dernière est de toute évidence facile à distinguer de la pectoriloquie. Quand à la bronchophonie, elle constitue le retentissement, parfois intense de la voix, mais diffus et indistinct.En pareil cas « la voix traverse rarement le stéthoscope, son timbre a quelque chose d’analogue à celui d’un porte-voix; sa résonnance est plus diffuse et on la sent évidemment s'étendre au loin » (2).
Donc différences très nettes entre la pectoriloquie et la bronchophonie. La première est un retentissement de la voix, violent, vibrant, localisé immédiatement sous l'oreille ; la seconde est un retentissement parfois intense mais diffus, plus lointain; la voix n'arrive pas absolument distincte à l'oreille qui ausculte.
La pectoriloquie répond à une caverne pulmonaire, la bronchophonie à un foyer de condensation.
Laënnec a essayé de préciser les conditions dans
1. Laënnec, Traité de l'auscultation médiate (p. 79 et suivantes). Nous. avons à maintes reprises vérifié l'exactitude de ce fait avancé par Laënnec.