Laënnec, Traité de l'auscultation médiate, p
RO lesquelles naït la pectoriloquie et les raisons susceptibles de rendre celle-ci plus nette ou au contraire de déterminer son absence.
Les conditions favorables pour la production d’une pectoriloquie parfaite sont: la vacuité complète de l’excavation, l'augmentation de la densité du tissu pulmonaire qui forme ses parois, la communication facile avec un ou plusieurs rameaux bronchiques importants, le voisinage de la superficie, un volume moyen. Les cavernes très petites et les cavernes très grandes ne donnent pas de pectoriloquie.
«La pectoriloquie cesse presque constamment de se faire entendre : 1° quand une excavation vient à s’ouvrir dans la plèvre et surtout lorsque la communication est large et le trajet court; 2° lorsque la matière contenue dans une excavation se fait jour à travers la paroi thoracique et vient se répandre dans le tissu cellulaire extérieur.
La pectoriloquie peut quelquefois être suspendue pendant des heures entières et même, presque habituellement, pendant plusieurs jours de suite par des crachats ou de la matière tuberculeuse ramollie qui obstruent momentanément la communication de l'excavation avec les bronches » {Laënnec).
Enfin Laënnec reconnait cinq causes à la pectoriloquie: «Le phénomène peut avoir lieu : Le par suite du ramollissement des lubercules pulmonaires (cette cause est de beaucoup la plus fréquente); 2° par la fonte et la destruction d’une escharre gangréneuse ; 3° par suite
d'un abcès péripneumonique; 4° par des kystes pulmo-
Cor ——
naires ouverts dans les bronches ; 5° probablement enfin
Li Î par la communication fistuleuse d'un abcès du médiastin avec les bronches ».
Les descriptions de Laënnec ont été assez vivement critiquées.
HirTz (1) refuse toute valeur à la pectoriloquie qui est absente chez beaucoup de cavitaires et se rencon-
trerait en dehors des cavernes.
SKODA (2), se montre très acerbe dans ses critiques et s'attaque particulièrement au passage suivant de Laënnec :
« La pectoriloquie présente de grandes variétés sous le rapport de l’intensité et de la perfection du phénomène; elle est parfaite, imparfaite ou douteuse. La pectoriloquie est parfaite quand, par la transmission évidente de la voix à travers le stéthoscope, par l’exacte circonscription du phénomène, de ceux que la toux, le râle et la respiralion donnent en même temps, on ne peut, en aucune manière la confondre avec la bronchophonie. Elle est impar/aile quand quelqu'un de ces caractères manque et surtout quand la transmission de la voix n'est pas évidente. Elle est douteuse quand la résonnance est très faible et ne peut être distinguée de
la bhronchophonie, qu'à l’aide de signes tirés de l’endroil
4. Hirtz. Thèse de Strasbourg, 1836. ; 2. J. Skoda (de Vienne), Traité de percussion et d'ausculiation. Traduction de F.-A. Aran. Labé, éditeur, Paris, 1854.