DIVISION CLINIQUE DES CAVERNES : PULMONAIRES
Les distinctions anatomiques de Cruveilhier, Hérard et Cornik, Letulle, Bard. — Division clinique : La caverne aréolaire, dont ke signe essentiel est le gargouillement; la grande caverne dont les signes essentiels sont le souffle amphorique et la pectoriloquie. — Quelques mots de radiologie.
Lorsqu'on a auscullé de nombreux malades et pratiqué quelques autopsies de tuberculeux cavitaires, on se rend compte que les symptômes et les lésions ne sont pas absolument identiques dans tous les cas.
Au point de vue anatomique, des différenciations très nettes ont été établies depuis longtemps. On s’est attaché surtout à décrire l’état de la surface pariétale de la caverne, ses dimensions. ses connexions avec le parenchyme pulmonaire environnant.
Cruveilhier (1) distingue les géodes et les cavernes proprement dites. La géode est une excavation de date récente, à parois irrégulières, crevassées, et comme morcelées, ou plutôt sans parois organisées, sans trace
de travail cicatriculé, contenant quelquefois des frag-
1. Cruveilhier, Traité d'anatomie pathologique générale, t. IV, p. 574.
al
ments pédiculés ou libres de poumon tuberculeux ; À
les cavernes pulmonaires sont des excavations cicatri-
sées.
Hérard et Cornil (1) acceptent la description de Cruveilhier et insistent sur le mode de cicatrisation : la paroi de lacaverne forme de moins en moins de matières
caséeuses puis rougit et devient fortement vascularisée ;:
« peu à peu la surface granuleuse s'égalise et devient
parfaitement lisse; la caverne est alors limitée par un tissu cicatriciel, calleux, plus ou moïns épais, qui se rétracte même dans certains cas heureux et ne forme plus de pus. La perte de substance peut être désormais pour toujours une cavité à l'intérieur de laquelle ne se passe plus aucun phénomène inflammatoire et sans conséquence nuisible pour l'organisme ».
M. LeruLe : « La caverne pulmonaire est anfractueuse, ses parois caséifiées, sont sillonuées de saillies et d'aspérités cylindroïdes. Ces reliefs recouverts d’un enduit pultacé sont comparables aux faisceaux charnus irréguliers, saillants de la face interne du cœur droit. Cà et là des dépressions, des culs-de-sac gagnent plus ou moins profondèment les approches de la surface pleurale. Ils en restent séparés par une quantité variable de parenchyme pulmonaire.
» Ancienne et mieux en voie de réparation ow tout au moins de circonscription cicatricieile, la caverne pulmonaire tuberculeuse a conservé la plupart de ses caractères. Les saillies qui hérissent de place en place sa
1. Hérard et Cornil, De la phtisie pulmonaire ; étude anatomo-pathologique et clinique, Germer-Baillière, 1867. , :