DOUCE
des idées de Dollinger, que les ganglions sont plus faciles à extirper à Budapest que partout ailleurs.
2° L'’incision placée dans les points où elle est le moins” apparente. — Le type en est l’incision normale de Kocher, correspondant aux plis naturels de la peau, plis qui, sur les côtés du cou, ont une direction tranversale légèrement oblique de haut en lbas et d'arrière en avant. Mais les paquets ganglionnaires, étant disposés longitudinalement le long du sterno-mastoïdien, de l'avis même de ceux qui préconisent ces incisions, ne sauraient être atteints par une incision à peu près transversale. Et l’on est réduit à pratiquer deux incisions parallèles dans la direction normale. Une seule incision n’est-elle pas, au point de vue esthétique, bien préférable? F
Sans doute la question esthétique a-t-elle son importance, surtout quand il s’agit-de femmes. Mais encore tous les cas sont inégaux. Si la masse ganglionnaire suppure, s’il y a des trajets fistuleux et, à plus forte raison, de ces cicatrices hideuses, comme ‘on en observe trop souvent, nul ne contestera qu’une bonne cicatrice linéaire et nette ne Soit plus jolie. Dans les autres cas, n'oublions pas que nous sommes au cou, région éminemment riche en organes importants, sinon-vitaux, et que vouloir, sous prétexte d’esthétique, se limiter à des incisions brèves ou anormalement si1tuées, c'est se condamner à ne point voir clair dans le champ opératoire ; c’est s’exposer à des extirpations incomplètes et à des lésions du paquet vasceulo-nerveux qu'il faut précisément éviter.
D'ailleurs tous Les chirurgiens admettent bien, qu’en présence de paquets ganglionnaires volumineux et compacts, le point de vue esthétique passe à l'arrière-plan par suite des difficultés techniques et qu’il est nécessaire d’avoir re-
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cours à des incisions étendues. Certains même, trouvant l’incision rectiligne, longitudinale ou transversale, insuffsante, proposent des incisions plus complexes et la formation de lambeaux cutanés pour obtenir un champ 0 ‘ràtoire suffisamment étendu. C’est ainsi que Dowd préconise une incision angulaire partant du bord horizontal du maxillaire inférieur, gagnant l’apophyse mastoïde pour redescendre en cotoyant la limite du euir chevelu, sur le bord antérieur du trapèze. De Quervain trace une incision qui, partie de la mastoïde, longe le bord antérieur du sternomastoïdien et se recourbe ensuite pour cotoyer la clavicule sur uné plus ou moins grande étendue. Il pratique alors la désinsertion du sterno-mastoïdien au niveau de son attache sterno-elaviculaire et décolle ainsi un large lambeau musculo-cutané. Küttner, pour tailler son lambeau avec désinsection du sterno-mastoïdien au niveau de son attache supérieure, trace une incision qui longe le bord antérieur du muscle de bas en haut, jusqu’au dessous de l’apophyse mastoïde, pour se recourber en arrière à ce niveau et être prolongée de quelques centimètres au-delà de cette apophyse.
Ces incisions complexes nous paraissent inutiles, et dans la technique de M. le professeur Forgue, on n'est jamais obligé d'y avoir recours. L’incision cutanée doit répondre à deux conditions:
1° Assurer un accès facile au champ opératoire. — La première condition de sécurité, c’est de voir clair dans le champ où l’on opère. Il faut beaucoup de jour pour éviter la blessure des vaisseaux importants, ou pour les lier si on les blesse. M. le professeur Forgue pratique une longue incision dans l'axe médian du sterno-eléido-mastoïdien : en ‘bas elle déborde de quelques centimètres le pôle inférieur
apparent où tangible de la masse ganglionnaire; en haut elle ést conduite jusqu’à la base de la mastoïde. Les lèvres de cette incision, convenablement écartées, donnent un jour très suffisant. | |
2° Donner lieu à une bonne cicatrice, aussi peu visible que possible. — La question esthétique ne doit pas être perdue de vue, non seulement chez la femme, mais dans tous les cas. Mais encore ici c’est dans une technique précise que réside la question. En extirpant complètement et sans morcellement la masse ganglionnaire, en évitant la contamination du foyer opératoire par le contenu caséo-purulent des ganglions, en pratiquant une hémostase rigoureuse, on obtiendra des réumions par première intention, sans suppuration. Un soin tout particulier sera apporté à la suture cutanée. M. le professeur Forgue la pratique soit au crin de Florence, et alors il réalise un affrontement parfait au moyen de crins très fins disposés très près de la ligne de suture; soît, chez la femme, au moyen d’agrafes de Michel qui donnent encore un résultat supérieur. Et le plus souvent il obtient ainsi des cicatrices linéaires incolores, qui n’apportent aucun effet disgracieux et que Ja barbe de l’homme ou « la coquetterie naturelle » de la femme parviennent à dissimuler parfaitement.
Mauson, d’ailleurs, qui a noté l’état souvent excellent de la cicatrice, chez les opérés de M. Broca, fait remarquer, avec juste raison, que s’il en est quelques-unes surélevées ou chéloïdiennes, c’est précisément dans les cas où les ganglions étaient fistuleux depuis longtemps et où la peau était en fort mauvais état. Peut-on dire alors que le résultat e:t
moins beau qu'avant l'intervention ?
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