‹ Contribution à la thérapeutique de la Coxalgie: Extension continue combinée à l'immobilisation par appareils rigidesChapitre 26 sur 30 · OBSERVATIONS · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS

Observation I

Due à lobligeance du D: Mayet

Garçon de 14 ans, atteint d’une coxalgie très ancienne, soignée à plusieurs reprises à l’hôpital Saint-Joseph : immobilisé plusieurs fois pendant quelques mois, la première fois vers l’âge de neuf ans. Entre chaque période d'immobilisation, l’enfant à été laissé presque complètement libre pendant quelques semaines. Après dix-huit mois de ce traitement, le petit malade paraît guéri, . mais deux ans après, il se plaint à nouveau dé souffrir, la contracture réapparaît et il est soigné en ville par un médecin qui l’immobilise pendant six mois. Survient un abcès et l'enfant est envoyé au bord de la mer en Bretagne où on le laisse marcher : le malade est à partir de ce moment porteur de deux fistules, l’une dans la région voisine du grand trochanter, l’autre en avant du petit. À l’âge de douze ans, il vient consulter le Dr Mayet.

L’enfant est maigre, son état général est précaire; localement on trouve une hanche gauche empâtée et immobile, mais ne présentant pas d’attitude vicieuse, Quelques ganglions dans le pli de laine; les fistules signalées plus haut persistent, La radiogra-

phie montre une tête fémorale dont le tiers supérieur érodé est

PA dE disparu, le sourcil cotyloïdien est intact en grande partie. L’enfant est à partir de ce moment soigné à Paris; il est placé pendant dix-huit mois dans un appareil plâtré avec extension continue sous-jacente; l'appareil est fenêtré dans sa partie crurale de façon à pouvoir faire des injections d’éther iodé dans les fis- \

tules. Au bout de quatre mois, ces fistules sont taries et le Dr Mayet autorise le transport du malade sur une plage bretonne pendant trois mois. Revenu à Paris, on l’immobilise dans les mêmes conditions pendant une nouvelle année environ; au bout de ce temps, la douleur étant totalement disparue ainsi que l’'empâtement, l'appareil est enlevé et l’enfant laissé pendant deux mois au repos dans son lit, on autorise alors la marche à l'aide de béquilles, la jambe étant fléchie et soutenue en Pair pendant les trois premiers mois environ; ensuite pendant deux mois, marche progressive sur les deux jambes.

L'examen pratiqué à ce moment révèle l’absence absolue de claudication et l'existence de tous les mouvements de la hanche È toutefois la flexion ne dépasse pas l’angle droit et l’abduction s’arrête à peu près à moitié de sa course normale.

Depuis deux ans, la guérison s’est maintenue intégrale, l’en-

L à fant mis en pension suit la vie habituelle de ses camarades, joue

et court avec eux en récréation.

Observation II

Due à l’obligeance du D' Mayet

Forme aiguë avec fièvre, température 38°5.

Fille de 12 ans.Le début de la coxalgie remonte à deux ans; jusqu’à 10 ans, l'enfance a été pénible: rougeole, bronchite, etc.

L’affection débute insidieusement: au début,simple difficulté dans

la marche, fatigue rapide, douleur dans le genou. Pendant les

deux premières années l’état se maintient; au cours de la seconde

année, la malade a deux ou trois crises plus aiguës: douleurs

plus intenses, élévation de température, fatigue générale. Ces

phénomènes s'’amendent par un repos au lit de deux à trois

semaines. À la fin de la seconde année, la malade consulte plu- ,

sieurs médecins dont un fait le diagnostic de coxalgie.

: Amenée au Dr Mayet en mars 1909, celui-ci confirme le diagnostic, [l constate un empâtement très intense de la région, l'impossibilité d'effectuer aucun mouvement par suite de la douleur, la pression de la région est extrêmement pénible, la contraction très forte, la cuisse étant en angle droit avec le bassin. L’empâtement est tel que le D° Mayet pense à un abcès | profond et pratique une ponction au gros trocart: ilramène quelques gouttes de liquide séreux et dans la lumière de son trocart il trouve des débris de fongosités. L'état général de la malade est peu brillant : c'est une Jeune fille, pâle, très maigre; les tégu-

ments sont décolorés, les muqueuses à peine rosées.

Le D‘ Mayet fait une période d’extension de trois semaines, puis au bout,de ce temps établit un appareil plâtré suivant le

procédé habituel. ’

L'extension et les plâtres sont maintenus jusqu’en octobre 1911. A partir de ce Rte la malade conserve seulement son plâtre jusqu’en mai 1912. Depuis cette date elle commence à marcher, d’abord avec des béquilles, la jambe maintenue fléchie en suspension. En juin elle commence à marcher seule et à l’époque actuelle, 15 juillet, elle parcourt une distance de 2 à

3 kilomètres et vaque à ses travaux d'intérieur.

Les forces sont revenues peu à peu et la malade qui a tou-

er nd CN À

Jours été soignée à Paris, part pour faire un séjour de trois mois au bord de la mer.

Examen de la hanche en juillet: Récupération absolue de tous les mouvements de la hanche: seules la HexIon et l’abduction sont légèrement diminuées. Il n’y a aucun raccourcissement ni apparent ni réel, aucun point douloureux. Pas d’empâtement ni de ganglion.

: Isubsiste seulement une atrophie musculaire d'environ 4 centimètres au niveau de la partie moyenne de la cuisse et une tendance à la rotation interne lorsque la malade marche sans

s’observer.

Observation III

Due à l’obligeance du D' Mayet.

Fille de 7 ans, Cette enfant a été atteinte, quelques mois avant d’être confiée aux soins du D' Mayet, de douleurs ayant la hanche pour siège et de claudication ; de plus elle a très rapidement maigri et présente une élévation de température allant jusqu’à 3805 le soir. Devant ces signes, elle a été primitivement traitée en province pour trochantérite. Sous ce prétexte, on lui fait faire quotidiennement et malgré ses cris des mouvéments de bicyclette en chambre. On note,en outre, dans l’histoire de cette malade une poussée de méningite de la base survenue deux ans avant le début des phénomènes coxaux; cette méningite suspectée d’être d’origine tuberculeuse, la mère étant morte de bacillose, a néanmoins guéri.

Au moment où il est appelé pour ia première fois, le D° Mayet

se.trouve en présence d’une petite malade ayant un aspect vrai-

See PAM ;

ment squeleltique: L'examen local ne permet de constater aucun signe de suppuration du grand trochanter. Par contre, il existe une contracture intense plaçant la cuisse dans un angle presque droit sur le bassin; ie y a également de l’empâtement dans toute la région péri-articulaire, empätement tel qu’il permet de soupçonner l'existence d’un abcès dont le siège n’a pu être précisé, Enfin, le moindre mouvement communiqué à la hanche amène une exacerbation très notable des douleurs spontanées qu’accuse l’enfant. À noter également de l’atrophie musculaire et desganglions dans le pli inguinal.

Devant ces signes, le D' Mayet fait le diagnostic de.coxalgie; il endort la malade, obtient, sous chloroforme, la disparition de la contracture et applique pendant quinze jours un appareil plätré sans extension. à

Au bout de ce temps, il est fait une radiographie qui montre, d’une part, l'intégrité absolue du grand trochanter et d’autre part, les lésions articulaires suivantes : le sourcil cotyloïdien est aux trois quarts disparu, toutefois il reste à sa partie supérieure un léger ressaut, La tête fémorale, elle-même érodée, chevauche sur ce ressaut,

On place alors l’extension continue et un nouvel appareil plâtré.

Cette enfant, soignée à la campagne, ne tarde pâsà voir modifier son état général : elle reprend de l’embonpoint, son teint devient plus clair et à la place d’une sorte d’apathie on note une activité cérébrale assez intense. Après trois mois d’une extension pratiquée aussi soigneusement qu’il est possible, la douleur spontanée a disparu mais la douleur provoquée existe encore dans la région antérieure. Au bout de cinq mois on profite 4ù

changement d’appareil pour faire une nouvelle radiographie.

On constate alors que la têle a repris sa place au fond de la cavité colyloïde.

L'examen de l'articulation permetde reconnaître qu’elle jouit déjà d’une mobilité, encore très limitée, mais appréciable néan-

moins, et qu’il n’y a plus nulle part apparence de suppuration. . Au bout de dix-huit mois de traitement on supprime l'appareil et on se trouve alors en présènce d’une hanche donnant l’impression de siccité, mobile dans tous les sens, quoique cette mobilité ait une course incomplète; aucune espèce de raccourcissement,

L'enfant est alors remise dans un plâtre large et levée trois ou quatre heures par Jour pendant lesquelles on autorise la marche avec des béquilles, la jambe malade étant suspendue en flexion ; au bout de trois mois, suppression des béquilles et du plâtre, marché normale. L'examen, à ce moment, fait voir qu’il n'existe aucun raccourcissement, aucune claudication, la flexion est limitée à soixante degrés environ, l’abduction n'’atteint que la moitié de sa valeur normale. Cet état de guérison persiste

depuis près d’un an.

Observation IV

Due à l’obligeance du Dr Mayet.

Fille de 12 ans. Coxalgie double,

La malade a été soignée antérieurement pour mal de Pott et cosalgie droite.

Au moment où elle est amenée au Dr Mayet, elle présente ’état suivant :

La hanche droite est complètement guérie mais ankylosée en

adduction, Quant à la hanche gauche, atteinte dix-huit mois

MO après le côté droit, elle a déjà une tendance à se placer enadduction. L'enfant est par suite menacée d'une infirmité terrible.

La malade est placée dans un plâtre qui n'intéresse que le côté gauche, la hanche droite ne présentant plus aucune trace d'évolution active. La traction est établie sous ce plâtre.’

Après dix-huit mois de traitement, la guérison paraît acquise. Jia hanche est mobile avec une abduction et flexion atteignant 45°. Il n’y a pas de raccourcissement.

L'enfant peut, grâce, à ce résultat, marcher avec sa hanche gauche mobile mais boite à droite,sa hanche étant ankylosée et son membre présentant un raccourcissement d’envirôn 6 centimètres.

Suivie depuis 6 ans, elle ne présente aucun phénomène pou-,

vant faire redouter une récidive.

Observation V (personnelle)

Garçon 7 ans. Coxalgie légère.

Se présente à la consultation de l’hôpital-dispensaire Marie Lannelongue en juillet 1910 : Claudication légère surtout après une marche ou des jeux trop prolongés, station hanchée, Quelques douleurs spontanées et provoquées dans le genou et la hanche. Atrophie musculaire et limitation de l’abduction. Pas de raccourcissement ni d’attitude vicieuse, quelques petits ganglions dans le pli de l’aine.

La malade présenté en outre dans la région du cou une cica-' trice d’abcès froid guéri récemment. En outre, le père est mort

de bacillose quelques mois après la naissance de l'enfant.

Page 1