‹ Contribution à la thérapeutique de la Coxalgie: Extension continue combinée à l'immobilisation par appareils rigidesChapitre 9 sur 30 · PAGES · texte numérisé non relu

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procédé, il en existe un second, celui quisupprime la contracture des muscles et écarte les surfaces : l'extension continue. C’est dans ce but de produire l’immobilité de l'articulation et l’écartement des surfaces qu’ont été construits des appareils exerçant sur letrone d’une part, sur le membre inférieur de l’autre,une traction suffisante pour contrebalancer l’action des muscles péri-articulaires, appareils qu'on pourrait appeler émmobilisateurs actifs.

On peut affirmer que sitôt que naquit l’idée d’immo- biliser un membre ou un segment de membre, ces deux méthodes furent employées quelle que fût du reste l’affection nécessitant cette immobilisation.

Ces deux méthodes non seulement furent employées concurremment dans le traitement de la coxalgie, mais encore elles donnèrent lieu à de violentes discussions et à la création de deux écoles, qui fourmillent de noms également nombreux, également célèbres; chaçune d’elles présente des champions également convaincus, également combatifs.

L’immobilisation passive fut recherchée par Bonnet au moyen d’une gouttière, par Guersant grâce à des attelles, par Marjolin qui fixait ses malades sur une planche, par Bouvier qui leur faisait porter des appareils | en cuir moulé. Les appareils inamovibles sont aussi employéset Verneuil dans une lettre à Philipeaux donne une description de son appareil déxtriné, description aussi minutieuse qu’intéressante dans laquelle l’auteur s’est : « permis d’être prolixe (1). »

1. Cette lettre est citée in exlenso à l’article coxalgie (traite ment) du dictionnaire de Dechambre.

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Le silicate, le plâtre sont employés avec une faveur égale et détrônent peu à peu la dextrine. On décrit des appareils avec ou sans armature, on discute pour savoir jusqu’à quel niveau il faut enfermer le tronc d’une part, le membre inférieur d’autre part, quelle direction il faut donner à la cuisse, flexion légère ou extension, adduction ou position directe. Ces discussions naquirent il y a soixante ans avec les appareils immobilisateurs, elles sont encore d'actualité. Mais ce ne sont là que divergences de vue entre partisans d’une même idée, qui compia parmi ses adeptes Bonnet, Verneuil, Richet dans les temps héroïques, idée sous la bannière de laquelle se rangèrent en 1898 lors de la grande discussion soulevée par le D' Ménard MM. Kirmisson et Brun.

L’autre méthode, l'extension continue, est antérieure peut-être à la première, puisqu’en 1835, Le Sauvage (de Caen) envisageait la possibilité, par l’application d’un appareil à extension, de soustraire les surfaces articulaires aux mouvements et à la pression réciproques que la contraction des muscles leur fait sans doute éprouver.

Le Sauvage n’appliqua guère l'extension qu'aux luxations de la hanche. Les Américains, Williams Harries en tête (1849), furent les premiers à l’appliquer méthodiquement au traitement de la coxalgie. Avec lui Bauer, Davis, Sayre, Olcott pratiquent la Distraction’s method.

Mais pour eux l'extension continue n’est point un mode d’immobilisation et ils la font de façon telle que de légers mouvements de la hanche (qu'ils considèrent comme sans inconvénients) soient possibles et que le

Madelaine 2

maladé puisse marcher et se promener. Malgré les succès qu’ils obtinrent ainsi, la méthode des chirurgiens américains ne peut s’acclimater chez nous, bien que le principe en fût défendu fort chaleureusement par Le Fort, qui du reste modifia l'appareil de Sayre.

Tout au contraire, l’extension continue telle que l'établit Wolckmann connaît rapidement la vogue en Allemagne, puis en Angleterre et à Strasbourg où Bæœckel publia en 1875 son mémoire : Des applications de la traction continue au moyen de l'appareil de sparadrap. La cause en est que l'extension sera appliquée non plus sur un malade ambulant mais sur le coxalgique immobilisé dans un lit. Le but n’est plus seulement la lutte contre la contracture et le contact des os avec une mobilité articulaire tolérée, sinon voulue ; il s’agit au contraire d'immobiliser le plus parfaitement possible dans une position aussi correcte que possible le membre malade.

La traction continue avec Wolckmann et Boeckel est devenue immobilisatrice — c’est du moins l'intention de ses protagonistes — mais l’est-elle réellement ? Non, et la preuve en est écrite dans le mémoire où Boeckel examine les avantages de sa méthode : « Enfin, la traction continue permet aux malades de s'asseoir dans leur lit et prévient l'ankylose. » |

C’est à Lannelong'ue, à la suite de ses recherches en vue de parer aux dangers de l’ulcération compressive, que revient le mérite d’avoir le premier immobilisé réellement les malades soumis à l’extension continue, grâce à des sangles avec lesquelles il fixa le tronc. Avec lui

l'extension continue atteint son summum et de fait depuis Lannelongue, elle ne s’est pas perfectionnée dans son principe, si tant est que quelques modifications dans ses applications aient été des progrès.

Télle est l’histoire des deux grandes méthodes thérapeutiques non sanglantes que les chirurgiens ont opposé à la marche de la tuberculose de la hanche. Nous examinerons quels nous semblent être leurs avantages, leurs inconvénients et leurs indications.

Puis nous procéderons à la même étude en ce qui concerne leur combinaison simultanée. Mais auparavant nous ferons une rapide étude non pas des signes de la coxalgie, cela nerentre pas dansle cadre de notre travail, mais des facteurs qu’il s’agit de combattre au cours de la tuberculose de la hanche, non seulement dans le but du soulagement immédiat des malades, mais surtout pour obtenir la guérison définitive avec le rendement fonc-

tionnel le plus parfait possible.

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