‹ Contribution à l’étude de la neurasthénieChapitre 5 sur 9 · PRONOSTIC · texte numérisé non relu

PRONOSTIC

Le pronostic de la Neurasthénie essentielle est absolument variable : en général il est bénin si la névrose n'est pas venue se greffer sur un dégénéré héréditaire, et, l'on peut dire dans ce cas, que ce pronostic ne comporte de gravité qu'en raison de la durée des accidents dont le retentissement sur tout l'organisme peut avoir amené des troubles fonctionnels secondaires plus on moins graves et quelquefois définitivement acquis, tels que dilatation d'estomac, entérosténose, congestion hépatique, etc.

Si le cas est reconnu et traité de bonne heure, les accidents primitifs de la névrose peuvent disparaître avec une très-grande rapidité.

L'hérédité donne aux accidents neurasthéniques, un cachet de ténacité et de gravité qui les rend parfois rebelles au traitement. Cependant Beard assure que ces neurasthénies héréditaires comportent de fréquentes et même décisives améliorations, sinon d'absolues guérisons. Pour ce qui est de la neurasthénie traumatique, son pronostic, selon le professeur Charcot, serait particulièrement grave, surtout quand elle vient se compliquer d'hystérie . Cependant un traitement patient et bien dirigé, comme l'enseigne le maître de la Salpetrière, pourra quelquefois amener une amélioration plus ou moins durable.

Pour ce qui est des conséquences possibles de la neurasthénie, nous savons déjà qu'elle peut se compliquer de troubles graves gastro-intestinaux, tels que la dilatation de l'estomac, capable d'amener après elle des gastrites calharrales, quelquefois même

ulcéreuses auxquelles les malades peuvent succomber après un grand nombre d'années de souffrance. Outre cela, Testomac dilaté amène souvent des congestions hépatiques et Tensemble des troubles souvent si pénibles de la splanchnoptose.

La neurasthénie longtemps prolongée pourrait aussi, selon Beard, ouvrir la porte à toute une série de désordres nerveux ; la vésanie et la mélancolie seraient une des conséquences assez ordinaires de l'épuisement nerveux persistant : « Beaucoup des mélancoliques qui entrent dans les asiles ont passé par un long stage de neurasthénie, avant d'arriver aux troubles permanents de la psychose, eU Maudsley a pu dire que « très rares sont les fous d'ordre intellectuel et qu'au contraire les causes morales sont celles qui produisent le plus d'aHénés. »

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