‹ Contribution a letude des Kystes du VaginChapitre 12 sur 26 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Pathogènie

L'étude à laquelle nous venons de nous livrer nous montre qu'il peut naître dans le vagin des kystes susceptibles de prendre un grand développement, que ces kystes ont un siège absolument précis, toujours le même, au niveau du cul-de-sac postérieur du vagin, tout près même du col de l'utérus.

L'étude anatomique de ces kystes nous a montré que dans la constitution de leur paroiïse retrouvaient la plupart des éléments qu'on constate dans [a paroi du vagin et aussi quelques éléments du col de l'utérus, en particulier des glandes analogues à celles de cet organe. |

Nous avons à nous demander maintenant quelle est la pathogénie de ces productions pathologiques: si elles doivent être confondues au point de vue étiologique avec les autres kystes du vagin, ou si au contraire elles ont une origine particulière.

Pour le dire de suite, c’est cette opinion qu'en der-

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nière analyse nous adopterons après avoir montré comment 1l faut interpréter l’origine de ces kystes.

Un certain nombre de théories ont été émises pour expliquer les kystes du vagin, quel qu’en soit le siège. Chacune de ces théories, que d’ailleurs nous allons passer rapidement en revue, peut s'appliquer à quelques-uns des kystes que l’on observe dans le canal vaginal. Aucune ne peut rendre compte de l’origine de toutes les productions kystiques.

De ces théories, les unes sont embryogéniques, les autres simplement anatomiques ou anatomo-pathologiques.

Quelques auteurs font des kystes des productions purement glandulaires. Il y aurait d’après ces auteurs, dans les parois du vagin, des glandes mucipares dont l'orifice venant à s'oblitérer.donnerait lieu à une accumulation de leur sécrétion derrière l'obstacle. Cette opinion a été défendue ou proposée par :

Huguier, Cruvelhier, P. Dubois, Guérin, et par Virchow, Werner, Luschka, Von Preuschen, Geyl, Baldy, Husscke, auquels nous pouvons joindre :

Richet, Jarjavay, Jamain, Oakley Heming, qui rattachent des kystes à des follicules muqueux hypertrophiés. |

Or cette théorie pèche par la base même. Elle fait des kystes du vagin des tumeurs par rétention glandulaire. Elle oublie que les anatomistes sont d'accord pour reconnaitre qu’il n'existe pas de glandes dans le vagin proprement dit.

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La muqueuse vaginale, d’après le professeur Robin, ne renfermerait aucune glande et l'on n'aurait jamais pu apercevoir à sa surface aucunorifice folliculaire ou autre.

« Quelques auteurs, dit le professeur Sappey, avancent qu'elle (la muqueuse vaginale) est riche en glandes mucipares. Malgré de longues etattentives recherches, il ne m'a pas été donné d'en rencontrer le moindre vestige. » |

Kôlliker parle seulement des glandes des parties génitales externes.

Cadiat, C. Ruge nient également d’une manière formelle l'existence de glandes. Toutefois Huschke, Von Preuschen, Holstein et Richet admettent qu'il existe des follicules mucipares, mais leur opinion n’est appuyée sur aucun fait absolument démonstratif.

Aussi tout récemment encore, Debierre (1) déclare que malgré l'opinion de ces auteurs la muqueuse du vagin ne contient « aucun follicule mucipare, aucune espèce de glande. »

M. Michaux dit que « l'origineglandulaire n’a pas de raison d'être puisqu'il est aujourd’hui bien démontré que le vagin ne possède pas de glandes (2) ».

Veit nie également l'existence des glandes et admet pourtant l'existence de cryptes nombreuses et même exceptionnellement de glandules aberrants, mais ceux-ci ne siègeraient que tout à fait au voisinage de la vulve.

(1) Traité d'Anatomie, Paris, 1800.

(2) Traité de chirurgie, Dupiay et Reclus, 1802, t. VIII:

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