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De ces diverses opinions il résulte que s’il existe des glandes dans la région vulvaire ou à la surface de l'utérus, celles-ci sont absentes au niveau de la muqueuse vaginale proprement dite. Par suite, les kystes de nature glandulaire ne pourraient s'observer qu’à la surface du col ou au niveau de l’orifice vulvaire.
Une deuxième théorie soutenue par Courty,;acceptée par Eustache, Kiwisch, Ladreit de la Charrière, Dresch (1), par M. le professeur Tillaux et reprise par Thalinger (2) attribue aux kystes du vagin, une origine conjonctive. Il s'agirait là de l’inflammation exsudative de bourses séreuses accidentelles.
Les rapports sexuels répétés pourraient développer ces bourses séreuses en quelque sorte professionnelles et donner lieu a de véritables hygromas qui ne seraient autre chose que des kystes du vagin,
À cette théorie nous pourrons objecter deux ordres
de considérations. En premier lieu celle-ci : c'est que
pour en faire l'apanage des filles publiques comme le voulait Courty, pour les rattacher aux rapports sexuels très fréquemment renouvelés, il faudrait que ces kystes fussent fréquents dans ces conditions. Or non. seulement on peut les observer chez des femmes qui ne se sont jamais livrées à la prostitution, qui n'ont fait aucun abus des rapports sexuels, mais encore il ne faut pas oublier que d'une manière absolument générale ces kystes sont rares.
(1) Thèse de Paris, 1872.
(2) Thèse de Paris, 1865.
I y a plus : c'est qu'on les a observés chez des enfants et chez des vierges, comme dans les deux cas de Breisky (1).
Winckel, dans son Mémoire, Lannelongue et Achard (2). Takahasi, Ruge, Kuchenmeister, At rapportent des cas analogues.
Mais la seconde considération que : nous avons à faire valoir contre cette hypothèse est beaucoup plus importante; c’est celle que nous pouvons tirer de la structure anatomique de nos kystes, structure qui les différencie absolument des bourses séreuses.
Nous passerons très rapidement sur l'hypothèse de Winckel, Heming, Froment, d'après laquelle les kystes du vagin pourraient être dus à l’accolement des replis de la muqueuse constituant ainsi des enfoncements,fdes cryptes ou des espaces clos. Nous passons : non moins rapidement sur l’idée de J. Monro-Murray qui assimile les collections sanguines dues à un traumatisme aux. kystes proprement dits; sur celle de Broca qui voit dans des vaisseaux sanguins préalablement dilatés l'origine des productions kystiques. Enfin, nous ne pouvons admettre la théorie lymphatique soutenue d'abord par Huguier et Henle, puis par Klebs qui considère certains kystes comme ayant une origine folliculaire cu vasculaire lymphatique. Ces théories ne s'appuient sur aucun examen anatomique bien précis et très probant.
(1) Traité médico-pharmaceutique de Berne.
(2) Traité des kystes congénitaux, 1886.
Nous en arrivons ainsi aux théories embryogéniques proprement dites, c'est-à-dire à celles qui vont rechercher le développement des kystes du vagin dans les restes d’un organe de la vie embryonnaire. La plus connue où du moins la plus fréquemment invoquée est celle qui rattache le développément des kystes du vagin aux reste du canal de Wolff, connus sous le nom de conduits de Gaertner.
Ces conduits de Gaertner ont été étudiés par l'anatomiste suédois dès 1822, chez la vache (tr). Ces canaux se retrouvent facilement chez la truie. Preuschen, les a vus chez la chatte et chez la femelle du renard.
. Selon toute probabilité ces conduits doivent exister chez la femme. Le nom de Watts se rattache à cette théorie du développement des kystes du vagin dans les restes du canal de Wolff-Gaertner (2).
La structure anatomique d’un certain nombre de : kystes du vagin rend cette théorie tout à fait plausible et en ces dernières années plusieurs faits ont été produits à la Société de chirurgie (Walther) dans lesquels cette théorie est formellement acceptée.
Mais Freund a invoqué une autre origine embryogénique fondée tout entière sur la théorie qui fait dériver l'utérus et le vagin des canaux de Müller.
On saitque d’après celle-ci,les deux canaux de Müller étant accolés, la cloison commune qui les sépare dis-
(1) Malpighi, Coste, Rathke et Fallin les ont étudiés chez le même animal.
(2) Observation citée in Thalinger.
parait et ainsi se trouvent constitués à la partie supérieure l'utérus, à la partie inférieure le canal vaginal.
Les canaux de Müller viennent-ils à conserver leur autonomie dans la partie supérieure on aura suivant l'étendue de cette autonomie un utérus double ou l'utérus bifide.
La cloison commune vient-elle à persister dans la partie inférieure on aura le double vagin.
Mais à côté de cette malformation type on peut concevoir des anomalies variées, et entre autres celle dans laquelle le vagin se trouverait constitué en entier par l’un des canaux de Müller, l’autrefrestant atrophic et formant un sac plus où moins petit, mais resté au contact de son congénère (1).
Que ce sac vienne à secréter à l'intérieur, chose par- faitement possible étant donnée son origine, la secrétion en s'accumulant va constituer une tumeur kystique de volume variable. ï
Telles sont les différentes théories qui ont été émises et défendues pour expliquer les kystes du vagin.
Nous l'avons déjà dit : aucune deces théories ne peut expliquer tous les cas de kystes du vagin, mais il est. possible que chacune d'elles ou tout au moins quelquesunes d'entre elles trouvent leur application dans quelques cas déterminés ; et s’il en est qui ne sont que
(1) Labadie-Lagrave et Leguen. — Traité médico-chirurgical de gyn., 1808, p: 813.
des hypothèses, il en est d’autres que l'embryologie, l'anatomie pathologique et la clinique justifient.
Or, à laquelle de ces théories devons-nous rattacher les kystes qui font l’objet de notre étude.
Leur structure ne nous permet de les rattacher ni à l'hygtoma, ni à la théorie lymphathique proprement dite. |
Cette même structure d'une part, leur situation exactement vaginale, l'opinion des plus autorisés des anatomistes qui rejettent l'existence de glandes dans la muqueuse du vagin, d'autre part, nous obligenta jeur refuser une origine glandulaire.
Nous sommes donc obligés de rattacher leur pathogénie aux théories embryogéniques. Mais à laquelle de ces théories ?
Très certainement pas à celle qui place leur développement dans les conduits de Gaertner. En effet, cés conduits ne peuvent siéger que dans lä partie antérieure du vagin.
Or, les kystes que nous étudions, prennent naissance uniquement à la paroi postérieure. De telle sorte que, procédant par élimination, nous nous trouvons amenés à faire de ces kystes profonds du vagin, insérés à la paroi postérieure des kystes dév FOOpés dans un canal de Müller distinct.
D'ailleurs, il suffit de s’en référer à l'examen anatomique que nous avons donné. Cet examen nous montre dans la structure de la paroi de ces kystes une structure absolument identique à la paroi vaginale; même unique externe fibro-musculo-élastique, même tu nique
interne avec des couches. successives d’épithélium superposées avec des rudiments de papilles, et avec, en certains points au moins, des glandules rappelant les glandes du col de l'utérus.
Même rapport avec les fibres du muscle releveur de l'anus : enfin inclusion dans la paroi vaginale proprement dite et même fusion avec cette paroï au voisinage de l’utérus.
Ces diverses considérations nous semblent être de nature à justifier l'hypothèse qui les rattache à la persistance de l’un des canaux de Müller et que nous admettons pour expliquer le développement des kystes qui font l'objet de notre étude.