CHAPITRE IV
Traitement
Le traitement des kystes du vagin que nous étudions ne peut nous entrainer à de bien longs déve loppements.
Jusqu'en ces dernières années, on a conseillé de leur appliquer les divers modes de traitement qui ont été longtemps en usage contre toute collection kystique ; et tour à tour on a préconisé la ponction simple, la ponction avec injection de caustiques, en particulier de teinture d'iode (Dresch et Froment), lincision simple, l'incision avec badigeonnage de la surface de la poche (Thalinger), parfois avec excision d’une partie de cette poche elle-même et cautérisation du reste (Eustache).
Ces méthodes ont compté des succès, mais nous avons relevé aussi quelques accidents et des inconvénients, dont le moindre était la lenteur de la cicatrisation dans le cas des badigeonnages trop caustiques. Ces divers modes de traitements doivent être aban-.
donnés aujourd’hui pour faire place au seul traitement dont ces tumeurs kystiques soient justiciables; c'està-dire à l'excision totale au bistouri, l'énucléation (Santoni, Pozzi). |
Nous avons vu, en effet, que la tumeur incluse dans l'épaisseur de la cloison recto-vaginale pouvait être très facilement séparée du revêtement vaginal et du revêtement rectal, qu'elle n’adhérait à la paroi vaginale qu’en un point à la vérité profondément situé, mais toujours de peu d’étendue et, par conséquent, assez facile à libérer et voici comment nous conseillons de procéder.
L'opération n'étant pas très longue ni laborieuse, il ne nous paraît pas nécessaire de recourir à l’anesthésie générale, L'anesthésie locale au moyen de chlorhydrate de cocaïne au centième, employé en badigeonnages et en injections sous-muqueuses sera suffisante dans le plus grand nombre des cas.
Donc, le vagin ayant été parfaitement nettoyé et. aseptisé aussi complètement que possible, une valve métallique tenue par un aide est appliquée contre la paroi vésico-vaginale. L'opérateur fait sur la paroi antérieure de la tumeur et suivant son grand axe une incision allant jusqu’à la poche kystique, sans intéresser celle-ci autant qu’il est possible.
Saisissant alors à l'aide de pinces de Kocher les lèvres de l’incision vaginale, il décolle facilement et rapidement soit avec le doigt, soit avec un instrument mousse le kyste sur toute sa périphérie et arrive ainsi jusqu’au niveau de son point d'insertion.
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À ce moment, il nous parait préférable d'ouvrir largement le kyste, afin de bien voir la situation de son fond et par suite de le détacher vers son pédicule en rasant la paroï propre le plus près possible. Il convient à ce moment de se rappeler que c’est au niveau de cette insertion que le kyste reçoit ses vaisseaux, que ceux-ci peuvent être d’une certaine importance et qu'il est nécessaire de les lier.
C'est pour avoir méconnu ces détails très probablement que M. À. Décès a vu survenir chez sa malade (Obs. II) les accidents hémorragiques auxquels son intérne a dû remédier. : }
Le kyste enlevé, les deux lèvres de l'incision sont réunies par quelques points au catgut ou à la soie fine. Enfin le pansement de la plaie se fait à l’aide d’un tamponnement vaginal antiseptique ou aseptique que l’on retire au bout de quelques jours pour le renouveler une ou plusieurs fois au besoin. La réunion immédiate est rapidement et facilement obtenue.
OBSERVATION I (Inédite).
Kyste de la paroi poslérieure du vagin.
La nommée Louise A..., fleuriste, âgée de 35 ans, se présente à ja consultation de M. le docteur Potherat, à l'hôpital Tenon. Elle dit être atteinte d’une chute de l'utérus en prolapsus complèt. Cette chute aurait débuté depuis six ans, et n'aurait fait que s'accentuer depuis lors jusqu’à aevenir par sa persistance une gêne très réelle. Chose curieuse et qui de suite met en doute le chirurgien sur la possibilité d’un prolapsus utérin, la malade n’a jamais eu d'enfants; elle est, en outre, grande, forte, vigoureuse et bien constituée.
La miction, la défécation s’exécutent normalement; les relations sexuelles ont cessé. À l’examen, on aperçoit aisément sortant par l’orifice vulvaire, une tumeur du volume d’une orange régulièrement arrondie, lisse à sa surface, de couleur blanc rosé. La tumeur est peu tendue, manifestement fluctuante. Très aisément, par le toucher rectal et ‘le toucher vaginal, on se rend compte qu’elle est indépendante de la paroi vésico vaginale ou de la paroi recto-vaginale, le doigt en fait facilement le tour, mais si le toucher s'engage plus profondément il constate que la tumeur s'enfonce dans le vagin, se
pédiculise légèrement pour s'en aller s’'insérer sur la paroi