État du système veineux
Nous étudierons d’abord l’état de la veine cave ou de ses branches afférentes dans les cas de phlébite, de thrombose et de compression; nous passerons ensuite à l’étude du contenu de ces veines, c’est-à-dire du caillot.
A. Etat des parois veineuses. — Nous avons déjà vu qu’il n’y avait pas lieu à l’heure actuelle d’étudier séparément la phlébite et la thrombose, mais que la thrombose n’est en réalité dans la plupart des cas qu’une phlébite infectieuse.
Dans toutes nos observations nous n’avons rien t rouvé de spécial à la veine cave. Les modifications des parois de ces veines, leurs diverses transformations sont celles que l’on rencontre dans toute phlébite et dans toute thrombose, nous croyons donc inutile d’v insister.
La compression agit sur la veine de plusieurs façons. Tantôt, elle soulève le vaisseau comme un chevalet et amène raecolement de ses parois par une véritable coudure (cas de Bornet), tantôt elle rapproche simplement les parois qui sont accolées l’une à l’autre soit directement soit par l’intermédiaire d’un caillot. Dans certains cas nous avons vu les veines faire corps complètement avec la masse voisine, de sorte qu’on ne pouvait détacher la veine qu’en sculptant dans l’épaisseur de la tumeur. Cette adhérence s’opère pap du tissu fibreux, ou par la transformation néoplasique des parois veineuses ellesmêmes. Par suite de la compression les tuniques du vaisseau peuvent être altérées. La tunique externe est détruite par substitution, puis la membrane interne manquant de soutien fait saillie dans la cavité de la veine et est bientôt détruite à son tour. Tel est le mode de pénétration des tumeurs dans l'intérieur des veines si bien décrit par Broc-a [Traité des tumeurs), lien résulte une sorte de champignon dont le volume s’accroît rapidement H qui se prolonge quelquefois assez loin dans la cavité de la veine. Ces masses souvent pédiculisées peuvent se détacher à un moment donné et être emportées par le courant circulatoire jusqu’à une distance plus ou moins grande. Telle est l’origine de ces masses flottantes qui ont été décrites par les anciens auteurs sous le nom de cancers du sang.
B. Contenu de la veine. — Quelle que soit la cause de l’oblitération, le résultat est la formation dans la cavité de la veine d’un caillot.
La forme des caillots, leur couleur, leur consistance,
leur étendue, leur mode de formation, leur évolution ne présentent rien de spécial dans les cas d’oblitération do la veine cave. Aussi nous nous contentons de renvoyer le lecteur aux traités classiques pour tout ce qui concerne l’anatomie pathologique du caillot général.