‹ Contribution à l’étude des oblitérations de la veine cave inférieureChapitre 11 sur 18 · État «les viscères · texte numérisé non relu

État «les viscères

Dans les cas d’oblitération de la veine cave inférieure il se produit souvent consécutivement des lésions dans différents parenchymes de l’organisme ; mais il est souvent dillicile de faire la part qui revient à l’oblitération veineuse, ou à sa cause déterminante dans la production de ces désordres organiques.

Les modifications anatomiques que présente le foie, se résument surtout en deux points : congestions et liémon • h agies in terstitielles .

Dans le cas de Pilliet, voici comment l’auteur s’exprime : « Le foie à la coupe se montre composé de « deux substances, une rouge et l’autre jaune comme « dans le foie muscade, mais les marbrures rouges « n’ont pas la même distribution, elles sont larges, irré- « gulières et répondent à des foyers d’hémorrhagies « interstitielles. Celles-ci se présentent sous la forme « de longues marbrures foncées, constituées par des « traînées de sang qui relient entre eux tous les espaces « sus-hépatiques d’une même région. A ces bandes « correspondent des bandes claires constituées par les « espaces portes autour desquels sont groupés les dé- « bris des globules. A la phériphérie de la zone hémor- « rhagique le sang n’est plus collecté, mais contenu

« clans des trabécules très minces dans lesquels tous « les éléments interposés aux capillaires sanguins « auraient disparu. Ce qui reste des lobules est va- « viable ; en certains points, toute travée hépatique a < l i s - « paru, en d’autres la situation est. renversée et il « n’existe qu’une faible infiltration de globules rangés « autour de la veine hépatique.

« En résumé, cette apoplexie du foie a sensiblement « la même topographie que la congestion du foie caret diaque, elle en diffère : 1" par son étendue ; 2° par la « disparition complète des cellules hépatiques au niveau « de l’infiltration sanguine. »

L’examen histologique dans l’observation de Mosny répond à cette description.

Dans les observations de Gély, de Malherbe, de Lépine, la congestion du foie et l’atrophie des cellules dans la zone sus-hépatique sont mentionnées à l’examen anatomo-pa I hologique.

Les lésions que nous trouvons du côté du rein, sont analogues et sont également caractérisées par de la conges! ion et des hémorrhagies interstitielles. Cependant les auteurs des observations que nous avons entre les mains ont peu insisté sur ces faits. Dans un grand nombre de cas on signale l’augmentation de volume dos reins.

Les reins sont souvent mous et violacés. La capsule s’enlève facilement. Ce qui domine dans un grand nombre d’observations c’est l’injection du rein et le développement marqué des capillaires sanguins. Hutincl signale la congestion intense surtout de la substance médullaire. Leudet, dans un cas, dit que dans l’intérieur

du rein les branches veineuses étaient également considérablement dilatées et jusque près de la surface étaient d’un calibre suffisant pour admettre l’extrémité mousse de ciseaux de trousse ordinaire.

M. Robin, dans le cas qu’il rapporte donne les détails suivants qui peuvent rendre compte des lésions rénales qu’on peut observer. Le rein droit, dit-il, à la coupe est d’une couleur violacée uniforme, on distingue à peine les pyramides de la substance corticale. Nombreuses hémorrhagies interstitielles. Rein farci de noyaux hématiques, il existe en outre une apoplexie diffuse. Cette apoplexie est d’origine récente ainsi que la majeure partie des foyers, mais un certain nombre de ceux-ci sont très anciens et ont subi déjà des modifications régressives. Le plus volumineux d’entre eux est devenu calcaire. Infiltration sanguine du bassinet. Dilatation considérable de tout le système vasculaire veineux du rein, tant dans l’intérieur de celui-ci que dans sa capsule. Les lésions du rein gauche sont analogues. La rate, dans plusieurs observations, est signalée comme volumineuse. Dans l’observation de M. Robin, elle est couleur lie de vin avec de petits infarctus sanguins. Le tube digestif ne présente rien de bien spécial et n’a pas attiré l’attention des auteurs qui, pour la plupart, n’en parlent pas dans les faits dont ils donnent l’autopsie. On doit pouvoir observer de la congestion des parois intestinales, mais ce n’est là qu’une hypothèse basée sur l’intervention des voies latentes de la veine porte dans le rétablissement de la circulation dérivative.

Dans l’observation de Mosny nous trouvons que la muqueuse de l’oesophage est congestionnée, plissée

(comme par des villosités) par une légère dilatation des veines sous-muqueuses qui sont perméables au sang, « que la muqueuse de l’estomac est congestionnée, ecchymotique par places et offre les lésions connues de l’estomac des alcooliques ».

Bloch, dans sa thèse inaugurale, constate l’existence de taches rouges arrondies nombreuses sur l’intestin grêle. Coloration anormale delà muqueuse du duodénum avec des nodosités grises de place en place qu’on rencontre dans la muqueuse qt la séreuse de différentes portions de l’intestin. Ce qu’il y a de plus important à noter c’est, dit-il, le gonflement de la paroi de l’intestin et la rougeur insolite de la muqueuse.

Nous dirons peu de choses de l’état du péritoine qui n’a rien de spécial. On trouve dans la cavité péritonéale du liquide ascitique, le plus souvent séreux, quelquefois cependant hématique. Les lésions du péritoine proprement dit sont celles de toute péritonite chronique.

Le cœur a été parfois trouvé hypertrophié. L’hypertrophie portant surtout sur le ventricule gauche, quelquefois il existait également un certain degré de dilatation des cavités cardiaques.

Le poumon présentait des lésions banales de congestion ou d’œdème. Dans de nombreux faits on trouva à l’autopsie des caillots emboliques de l’artère pulmonaire qui ont été la cause d’altération purulente ou gangreneuse du parenchyme pulmonaire (Sinhold, Poirier).

Page 1