Phénomènes généraux
Les phénomènes généraux sont extrêmement variables et dépendent d’une foule de conditions particulières. L’état général est en rapport avec la cause déterminante de l’oblitération, avec son étendue, sa durée, avec les trouldes apportés dans les parenchymes glandulaires; si l’infection, la phlébite sont en jeu, l’état général est celui des grandes pyrexies. Si l’oblitération se fait lentement, la santé du malade se ressent du trouble amené par l’établissement d’une circulation nouvelle ; le malade maigrit, perd ses forces, perd l’appétit. Les fonctions digestives s’altèrent par suite des vomisse-
monts et de la diarrhée et le patient tombe dans un état consomptif assez rapidement. Les auteurs, entre autres Battle, constatent que dans tous les cas l’état général est peu satisfaisant. La fièvre quand elle existe appartient surtout aux causes et aux complications plutôt qu’à la maladie elle-même.
Complications.
Laissant de côté les complications qui peuvent résulter de maladies intercurrentes, nous n’envisagerons dans ce chapitre que les complications relevant directement de l’oblitération veineuse.
On peut voir survenir des complications inflammatoires attribuées généralement à la distension exagérée de la peau et à sa mauvaise nutrition. On note souvent V érythème sous forme de plaques plus ou moins accusées : érythèmes lisses de Hardy et Behier.
Ces plaques érythémateuses se recouvrent parfois de vésicules ou de pustules qui, en se rompant, laissent souvent à leur suite des ulcérations rebelles par lesquelles s'écoule la sérosité. Quelquefois elles peuvent devenir l’origine de grands ulcères de jambe. Les eschares superficielles du derme ne sont également pas rares. Parfois on peut aussi constater de petites extravasations sanguines, quelquefois même des ecchymoses, mais elles sont exceptionnelles, car, dit Bouchard, « dans les oblitérations des veines des membres, les ecchymoses sont très rares, soit parce que les petits vaisseaux de ces parties sont plus résistants (que ceux du tissu pulmonaire et de la substance cérébrale) soit parce que l’empâtement
œdémateux comprime les vaisseaux de dehors en dedans el les soutient contre l’effort du sang.
Dans le cas instructif de M. Robin, le malade présentait sur les différentes parties du corps des taches brunes non confluentes, mais très nombreuses, analogues à celles que l’on rencontre sur la muqueuse buccale des chiens de race. Ces taches avaient débuté par des plaques de purpura et à la rougeur avait succédé la pigmentation brunâtre que nous avons constatée.
Dans plusieurs observations nous avons relevé h\ gangrène des extrémités inférieures. Dans le cas de Damaschino il existait du sphacèle des deux orteils du pied gauche et à l’autopsie on ne trouva pas de coagulation artérielle de la fémorale jusqu'à la pédieuse. La gangrène liée à l’obstruction d’une veine est niée par beaucoup d’auteurs qui se basent surtout sur les résultats de l’expérimentation. Cependant plusieurs faits ont été invoqués
pour prouver l’influence de l’oblitération veineuse sur le développement de la gangrène.
Mais, dit M. Reynaud (art. Gangrène, Dict. Jaccoud), « dans presque tous les cas, où, l’état des artères n’a pas « été complètement examiné, ou bien, il y avait concur- « reniaient avec la lésion veineuse une oblitération des « troncs artériels concomitants ou tout au moins des « ossifications, un état athéromateux artériel conco- « mitant. Si on admet la possiblité de cette variété, il faut « admettre qu’elle est très rare ; il faudrait pour cela « admettre que l 'oblitération serait complète à la fois « dans les troncs veineux et dans les artères collaté- « raies ».
Dans l’observation que publie M. Lancereaux [Bull.
cle V Academie de médecine), il y cul gangrène des pieds par propagation de l'inflammation des veines aux artères et l’auteur se demande si dans certains cas de gangrène dite consécutive à des thromboses ou à des phlébites des membres inférieurs il ne s’agissait pas comme dans ce fait d’un processus inflammatoire propagé des veines aux artères.