DUREE. — TERMINAISONS
La marche «le l’atFection est habituellement lente et progressive. Elle se déduit facilement des symptômes <[ue nous avons étudiés dans le précédent chapitre. La maladie se révèle ou par un état général grave ou par des phénomènes douloureux. Survient alors un œdème considérable, débutant tantôt par un membre inférieur, tantôt par les deux et gagnant rapidement les cuisses, le scrotum, la paroi abdominale. Après cette période, l’œdème diminue et disparait insensiblement au fur et à mesure «pie s’établit la circulation collatérale généralement très marquée sur les veines do la paroi abdominale. De temps en temps on voit survenir de véritables crises indiquant une gène à la dérivation sanguine développée sous l’influence d’efforts ou de fatigues prolongées. L’œdème peut alors revenir d’une manière passagère, il disparait bientôt, puis tout rentre dans l’ordre.
La santé du malade néanmoins s’altère ; il maigrit, perd ses forces, mais peut rester quelque temps dans un état compatible avec l’existence. La durée est très variable et dépend surtout de la cause, de l’étendue de l’oblitération et des désordres qu’elle a produits dans les viscères thoraciques et abdominaux. L’affection peut rétrocéder surtout s’il s’agit d’une thrombose pariétale ou si le sang se crée une voie dans l’épaisseur du caillot.
Elle peut également rester longtemps stationnaire ou se terminer dans un délai plus ou moins proche par un des modes <pie nous allons étudier maintenant.
Une des terminaisons les plus fréquentes de l’obstruction de la veine cave inférieure est sans contredit V embolie pulmonaire. Nous l’avons relevée 16 lois dans les 112 observations que nous avons consultées. Ces embolies se produisent, en général, à une époque rapprochée du début de l’oblitération, alors (pie le caillot n’a pas encore eu le temps de s’organiser et de contracter avec les parois veineuses des adhérences suffisantes. La mort arrive généralement à bref délai à la suite de ces embolies importantes.
On peut également voir survenir la mort à la suite à' embolies du cœur droit . M. Rendu en a relaté un cas intéressant. Un malade atteint d’oblitération de la veine cave inférieure, fut pris tout à coup d’oppression, de battements de cœur, d’angoisse précordiale, de cyanose et mourut avec des phénomènes convulsifs. A l’autopsie, on trouva dans le cœur droit un caillot volumineux.
V urémie peut également être une terminaison de la maladie en question. Dans les observations de Goetz, de Pilliet, de Léonard, les malades à la tin de leur vie avaient présenté de l’anurie, de la somnolence et finalement étaient morts dans le coma à la façon des urémiques comme le reconnaissent les auteurs de ces observations.
Les hémorrhagies ont pu également être une cause de décès dans certains cas. Nous avons déjà vu le malade de Baumler mourir à la suite d’hématémèse, celui
de Malherbe à la suite d’hémorrhagies intestinales.
L 'asystolie peut se rencontrer dans le cours des obstructions de la veine cave inférieure et être une cause dt' mort. L’asystolie qui semblerait à priori pouvoir résulter d’une obstruction veineuse aussi importante, n’a pas été signalée parmi les complications de l’alfec tion qui nous occupe, même dans les cas d’ailleurs rares où la survie a été suffisamment prolongée.
La mort peut aussi être le fait de maladies intercurrentes ou de l’affection qui a déterminé l’obstruction de la veine cave inférieure, mais dans ce cas il n’y a rien de spécial et nous rentrons dans les terminaisons des maladies en général. Nous ne voulons cependant pas clore ce chapitre, sans attirer l’attention sur les complications de l’appareil respiratoire qui paraissent fréquentes, surtout la congestion pulmonaire et qui souvent ont entraîné la mort des malades.