HISTORIQUE
S’il est possible de trouver en feuilletant les auteurs un certain nombre d’observations relatives à l’oblitération de la veine cave inférieure, on doit reconnaître que les causes de cette affection, ses symptômes, ses lésions anatomiques n’ont fait à notre connaissance l’objet d’aucune étude d’ensemble. Ajoutons toutefois que certaines de ses observations sont suivies de réflexions spéciales à l’un des points particuliers de la question.
Aretée [Traite des signes , des causes et de la cure des maladies chroniques ) considère comme un même vaisseau les deux veines caves et reconnaît d’après l’avis de plusieurs médecins, que l’inflammation est beaucoup plus fréquente dans sa partie inférieure.
Morgagni [Recherches anatomiques sur le siège et les causes des maladies) rapporte dans sa lettre XXIY que Schulze parle de deux œdèmes causés, l’un par l’oblitération de la veine cave, l’autre par celle de l’iliaque due à des polypes avec obstacle au retour du sang.
Hodgson [Traité des maladies des artères et des veines) dit qu’il a vu plusieurs fois l’oblitération non seulement des branches principales de la veine cave inférieure, mais encore du tronc lui-même et malgré cela le sang n’en être pas moins conduit au cœur par les canaux collatéraux.
— lu —
Haller ( Opitscula pathologica, 1768) publie une observation intéressante et explique comment se faisait la circulation collatérale.
Reynaud (. Tournai hebdomad . , 1829) relate une importante observation intitulée : Oblitération de la veine cave inférieure et de la veine porte. Circulation collatérale.
Bérard (. Dict . en 30 vol.) étudie l'oblitération de la veine cave inférieure et rapporte plusieurs observations puisées dans les auteurs qu’il rapproche d’un cas publié dans ce chapitre.
Un travail qui doit faire époque dans l’histoire de la maladie qui nous occupe est sans contredit celui de MM. Sappey et Dumontpallier [Gaz. méd. de Paris , 1862). Ces auteurs examinent avec soin comment se rétablit la circulation veineuse dans les différents cas d’oblitération de la veine cave inférieure. Dans cette étude se trouvent consignés un certain nombre de cas connus à cette époque.
M. Robin publie en 1874, dans les Archives de physiologie, l’observation d’un homme qui vécut 21 ans avec une oblitération veineuse. La symptomatologie, la marche de l’affection, le mode de dérivation sont étudiés avec un soin qui rend ce document un des plus complets sur la question.
Nous trouvons également un bon résumé aux articles V eines caves du Dictionnaire de Jaccoud (1867) et du Dictionnaire cle Dechambre , 1877, dus à la plume de Maurice Reynaud et de M. Lancereaux.
Enfin, parmi les travaux parus à l’étranger, nous signalerons la thèse de Bloch (Iéna. 1880) et les mémoires
de Gœtz (Jahrb. fur Kinder h 1881) et de Battle (Saint- Thomas Hospital Reports , 1887). Ces deux dernières revues contiennent une étude consciencieuse de la question et renferment le plus grand nombre des observations publiées jusqu’à ce jour.