‹ Contribution à l’Etude du Papillome labial ulcéré du chat (AnciennementChapitre 10 sur 28 · AC BTE · texte numérisé non relu

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L’auto-inoculabilité de la lésion semble évidente, indiscutable. Des observations, en effet, établissent la présence simultanée ou successive du papillome aux deux lèvres à des stades différents, qui plaident en faveur de l’auto-inoculation. Nous y reviendrons plus loin, à propos de la marche et de l’évolution de l'affection.

Le papillome labial est-il véritablement contagieux ? Dans son Traité de Thérapeutique chirurgicale, le Professeur Cadiot indique la nature microbienne et contagieuse de la maladie, mais sans fournir aucune preuve. S’agit-il d’un microbe spécial ou de celui auquel on attribue les autres papillomes ? Il n’est pas possible de répondre actuellement à cette question.

Le Professeur Cadéac, tout en reconnaissant l’extension, la propagation de la lésion chez le même individu, nie la contagion du papillome labial entre animaux de la même espèce.

Nous admettons la nature microbienne de l’affection, malgré nos expériences négatives. Etant donnée la transmission relativement facile de certains papillomes, muqueux en particulier, il pourrait paraître aisé de reproduire le papillome labial. Il n’en est rien. L’explication de cette particularité se trouve peut-être dans ce fait que, nombre de lésions microbiennes virulentes et spécifiques au début, perdent ces caractères au fur et à mesure qu’apparaissent des complications, ces dernières se caractérisant par Pimplantation de microbes banaux à leur niveau. Le papillome labial pourrait bien n’être contagieux qu’au début, avant l’apparition de l’ulcération, et la conta-

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gion serait d'autant plus limitée que la durée de la lésion primitive constituée par le papillome intégral est éphémère.

Quoique nous n’ayons aucun renseignement sur la nature de l’agent microbien, sur sa biologie, sur son mode d’action, nous sommes tout naturellement conduits à supposer que l’infection est d’origine externe. En effet, la localisation exclusive du papillome labial au niveau des lèvres (surtout à la lèvre supérieure), l'apparition de cette maladie sur des organismes sains semblent relever d’une infection à la faveur d’un contact, avec ou sans lésions superficielles de l’épithélium labial favorisant l’implantation du microbe.

Quoi qu’il en soit de l’étiologie du papillome labial, l'agent supposé détermine une hyperplasie conjuguée de l’épithélium et des papilles de la muqueuse labiale, c’est-à-dire un papillome muqueux qui présente cette particularité d’être peu saillant, sessile, étalé. On sait que chez l’homme et dans diverses espèces animales, les papillomes peuvent revêtir une forme étalée.

Signes cliniques

Nous nous occuperons surtout, dans ce chapitre, des signes objectifs. Nous n’insisterons pas sur les symptômes fonctionnels, en vérité peu importants et très difficiles à observer.

Les lèvres, chez le chat, jouent un rôle infime dans la préhension des aliments ; cette dernière est plutôt gênée par la présence de la plaie, à un stade très avancé de la maladie, la difficulté résultant de la douleur et de la perte de substance.

Suivant la rapidité d'évolution de l’affection, l’animal peut conserver ou non tous les caractères d’un excellent état de santé.

D’autres fois, au contraire, il maigrit rapidement, quand le processus ulcératif et nécrosant est suffisamment étendu.

Parmi les observations que nous avons recueillies, nous avons rencontré les plus grandes difficultés pour nous renseigner sur la date exacte d'apparition de l'affection. Le début du papillome ne peut être fixé avec certitude, car les propriétaires ne remarquent la lésion seulement lorsque lulcération s’est

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produite. En se basant sur les constatations histologiques de notre maître, le Professeur Ball, et A. Tapernoux, on peut dire que, sans doute, primitivement, le papillome labial apparaît sous la forme sessile, étalée. C’est le stade de l’hyperplasie papillo-épithéliale locale, qui débute généralement à quelques millimètres de la ligne médiane de la lèvre.

Au bout d’un certain temps, la lésion est plus ou moins étendue et saillante. À ce moment, le premier signe qui attire l'attention est le mouvement de lécher. L'animal l’effectue constamment. Il paraît inquiet et son attitude invite à un examen de la cavité buccale.

Cet examen, s’il était fait minutieusement, avant l’ulcération, permettrait sans doute de voir le papillome initial dans son intégrité. Les auteurs précédents ont décrit le stade initial constaté à la suite d’auto-inoculation de la lèvre inférieure. On verrait donc une ou plusieurs saillies, papillomateuses, peu élevées, sessiles, sur la lèvre supérieure.

Ces saillies, nous les avons retrouvées aux angles externes des papillomes ulcérés, sous la forme d’un bourrelet saillant, de couleur rose, plus foncé que la muqueuse saine, à surface finement plissée transversalement. Les coupes transversales histologiques de cette partie de la lèvre montrent l'existence d’un papillome non encore ulcéré.

Lorsque l’ulcération a fait son apparition, pour les causes que nous exposerons à propos de la marche et de l’évolution du papillome, l’aspect de la lèvre est caractéristique.

L'hyperplasie papillomateuse du début fait place à une perte de substance dont l'importance dépend de la durée de la lésion. Cette ulcération est le résultat d’un processus nécrotique qui s'étend lentement, progressivement, en surface surtout.

Le diagnostic est facilité du fait de la présence de cette plaie, qui entraîne des modifications de l'organe atteint. La lèvre (en général, c’est la lèvre supérieure) présente un bord cutané tranchant, taillé plus ou moins régulièrement, suivant l'intensité du processus ulcératif et offrant une consistance ferme, dure, de carton.

La surface ulcérée desine un arc de cercle à convexité supérieure, et suivant que la lésion se trouve sur la ligne médiane ou n’intéresse qu’un des côtés de la lèvre, on peut. voir cette convexité également répartie de part et d’autre de la base du nez, ou, dans le second cas, une des moitiés seule découvre les dents et parfois la base d'implantation de ces dernières.

La lèvre apparaît comme rongée et la plaie est plus ou moins apparente, suivant les dimensions de la lésion.

Lorsque le papillome siège sur la ligne médiane, il reste souvent une trace de muqueuse labiale au niveau du sillon médian qui descend de la base du nez sur la lèvre. On aperçoit plus ou moins les incisives, les canines ; la langue peut faire saillie au dehors chez les sujets âgés, lorsque les tables dentaires ne reposent pas l’une sur l’autre, par suite de l'usure des dents.

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