Revue médicale, juin
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Xeichenbach: (1) emploie la eréosote, substance alors nouvellement retirée du goudron, « à cause de la pro- « priété qu’elle a de conserver les tissus animaux el de « les préserver de la putréfaction. »
Ce traitement fut appliqué de nouveau quelques années plus tard par Masherpa (2) pour qui :
« La créosote jouit des propriètés de cette classe de « remédes que les anciennes pharmacopées désignaient « sous le nom d’incarnatifs ou cicafrisants, et en tête « desquels. la médecine populaire place le fameux baume « du commandeur. M. Masherpa reconnait à la créosote « l'avantage d’abrèger la cure des plaies, et elle a, en « outre, la faculté non moins précieuse de calmer la « douleur des plaies, tout en préparant leur guérison. « Deux enfants, Fun de 15 mois, l'autre de 4 à 5 ans, « avaient ex les mains brülées jusqu’au: troisième degré en. « tombant dans le feu. L'eau glacée et d’huile d'olives « ne pouvaient calmer les souffrances. L'auteur appliqua « sur la plaie des linges trempès dans une solution de « 20, 30 gouttes de créosote pour 420 grammes d’eau. « Les enfants cessérent aussitôt de crier, se mirent à « jouer et s'endormirent sans paraître rien éprouver. « La continuation des pansements avec l’eau à la créosote « amena une: cicatrisation plus rapide que ne: font les. « autres méthodes. » +
Higginsbottom, en 1848 (3), préconise le nitrate d’arsent, employé en mixture suivant la formule :
1. Bullelin général de thérapeutique, octobre 1833. 2. Gazella medica di, milano, 1844.
%, Province med. and surg. Journ., 1844, p. '03 et 1>8.
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Après ce pansement, la douleur a presque complétement disparu au bout d'une heure; la surface des brûlures se recouvre d’une croûte, brunâtre, sèche, à peu près insensible au contact. Puis du quinzième au vingtième jour, l’épiderme artificiel formé par la mixture s’écaille et laisse voir la peau parfaitement réparée.
Ce traitement n’était du reste pas nouveau, En 1839, on ‘trouve, en effet, dans le Jowrnal des connaissances médico-chirurgicales, deux observations de brülures traitées par le nitrate d’argent et guéries en 12 jours, Jci déjà, on reconnaît au nitrate la qualité de calmer la douleur et de supprimer la suppuration.
De même, en 1850 (1), Kalt emploie cet agent et en obtient de très bons résultats qui n’ont, du reste, rien d'étonnant, le nitrate d'argent étant un antiseptique très énergique. Crompton (2) qui s’en est servi également, lui donne du reste ce qualificatif.
En 1888, Valette,-à l’'Hôtel-Dieu de Lyon, emploie pour la première fois le collodion riciné, et marque ainsi le début de toute cette sèrie de pansements occlusifs au collodion, à la gomme arabique, ete., qui se sont suc-
cèédè jusqu’à nos Jours.
1. Kalt. Arch. gén. de méd., tome XXVII, p. 89. Pr, Ver-Zgt 1830, p. 47. :
9, Crompton. Report on burns and scal@s. Transactions of the provincial med. and surg. association, 1851, tome XVIII.
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« Le collodion doit être employé en nature et comme « un véritable vernis; on le laisse tomber seul. II nous à « semblé que les cicatrices obtenues étaient excessive- « ment régulières », dit l’auteur (1). |
Voici les deux obsérvations les plus concluantes parmi celles que nous avons pu trouver sur ce mode de traitement. Elles ont été publiées par Lambert (2), élève de Valette.
« Un ouvrier teinturier avait reçu sur le dos un baquet « presque entier d’eau bouillante : la brülure occupait « près de quatre pieds carrès d’étendue; elle était pres- « que partout au deuxième degré, et l’on observait çà et « là de larges eschares, les douleurs étaient excessives. « L'application du collodion les calma immédiatement, et « la fièvre, qui était déjà intense, disparut sans retour. « Le malade put quitter l’hôpital dès le vingt-septième «jour parfaitement guéri. » |
« Une femme de 23 ans, entra à l'hôpital pour une « brûlure occupant toute la face dorsale d’un des pieds: « Elle avait déjà fait sur sa brûlure diverses applications « qui n’avaient point empêché une vive inflammation ni « l'établissement d’une abondante suppuration. La surface « dela plaie étant convenablement nettoyèe, M. Valetté « H recouvrit de collodion, de manière à former une «& couche d'une demi ligne d’épaisseur; puis il ne s’oc= « cupa plus de la plaie. Au bout de sept jours on enleva « le collodion, et l’on trouva en dessous la plaie très « bien cicatrisée. »