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INDICATIONS GÉNÉRALES DE LA MÉTHODE PROPOSÉE

Trois cas peuvent se présenter dans la pratique :

1° Le malade vous arrive aussitôt après l'accident, non encore infecté ;

2° Le malade vous arrive infecté ;

3° Le malade, brûle il y a huit ou dix jours, vous arrive avec des eschares en train de s’éliminer ou avec des plaies bourgeonnantes et suppurantes.

A. — Dans le premier cas, quel que soit le degrè de la brûlure, faire prendre au malade un bain local ou gènéral, suivant l’étendue des brûlures, antiseptique, de prèference avec la solution usuelle de sublimè. Ce bain durera de une demi-heure à une heure; il aura pour action de calmer la douleur quelquefois très intense, de ramollir suffisamment l’èpiderme environnant et les saletès accu-" mulées sur, lui, pour en permettre l'enlèvement facile ; enfin de faire une première et sommaire désinfection.

Au sortir de ce bain, avec du savon et une brosse, on commencera par nettoyer soigneusement les bords de la brûlure, quel que soit le degrè de celle-ci, puis la surface

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de la brülure elle-même sera lavée avec du savon et des tampons.

Ensuite, s’il y a des phlyctènes, on les excisera soigneusement, qu'elles soient ou non percées; on les débar- rassera de leur contenu séro-fibrineux.

Puis on fera un long et sérieux lavage des plaies avec du sublimé. Ce lavage n’est nullement douloureux, à condition de se contenter de laver simplement sans frotter, avec des tampons sur le derme mis à nu.

Ce lavage fait, on essuiera soigneusement, avec du coton aseptique, les bords de la plaie et la plaie elle-même, ce qui ne sera nullement douloureux si l’on ne frotte pas sur la plaie ; on doit se contenter de poser doucement les tampons de coton mouillès puis exprimés, sur le derme, et les retirer ensuite.

Si l’on se trouve en présence d’eschares on agira de même, en portant encore tous ses soins autant du côté des bords de la plaie, que de la surface de l’eschare.

Dans les deux cas, la plaie bien aseptisée et essuyée sera enduite d’une couche de thyol, recouverte elle-même de gaze iodoformée ou salolée, ou encore de lin boriqué. Un pansement ouatè occlusif et légèrement compressif complètera le pansement.

Mais, me dira-t-on, qu'est-ce que le thyol? et pourquoi l'employer de préférence à tant d’autres topiques? À ces deux questions nous répondrons tout à l’heure après avoir exposé la conduite à tenir dans les différents cas de brülures qui peuvent se présenter.

B. — Le malade nous arrive infeclé. — La conduite

GIRAUDON 6

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à ténir ici est absolument la même que dans le cas précèdent, mais ici la désinfection devra être faite encüre plus rigoureusement, Bains de sublimé, brossage au Savon, énlévement des phlyctènes, lavages au sublimé, tout cela sera de rigueur. Et malgré tous les SOINS apportès à CES pratiques on aura souvent bien du mal à arriver à un régultat satisBisant; Car quoi dé plus difficile à nettoyer et à désinfecter du prétüier édup qu'üne brûlure, Surtout si l’on se trouve én prèséhcé d’une eschäre sur lés bords dé liquélle coniniéhcéra à $é montrer lé liseré inflaminatoire, prélèdé de l'élimihiätion par suppuration. Cest dans cés cas que le chloroformie pourra réndre de grands Services, et Sera quelquefois Môe décessairé pout lés bré= lüreS ün peu étendues, où lorsqu'on aura affaire à des gens peureux, impressionnables à l'excès.

Le cHôroforiié ëst du reste admirablélent bien supporté par les bPalés. Personnellement je n’y ai jamais eu recours. Mais lé fait avait frappé bien souvent êt il y à longtemps déjà: le häsard m'à ef effet fait asSistér en 1893 à un certain nombre dé pansetients de brûlés, traités däns le Sérvice dt D' Périer; par Me Nagéotte- Wilboucliévitseh; l'auteur de cette thèse rétiarquablé Sur le « Trailement antiseptique des brûlures ÿ.

Si toutefois of avait lieu d’avoir des Crâitites à ce sujet on peut se lorier à donner le « chlotoforie À là reine » qui däns li majorité des cas sera très suffiganit. |

On $e trouvera trés bien, pour la désinfection des brû= lures infectées d’une pratique qui a toujours donné de bons résultats : elle consiste, la désinfection ôtant faite d’après les principes ci-dessus mentiônnès à elivélopper la

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brûlure de compresses largement imbibées de sublimé ; du taffetas gommé et de la ouate complèteront le pansement provisoire. Le lendemain on fait reprendre un bain de sublimé, et c’est après ce second bain seulement, ou quelquefois un troisième si cela est nécessaire, qu’on fera

les applications de thyol, suivies alors du pansement définitif.

CG. Le malade vous ar? rive avec des plaies bourgeonnantes et suppurantes ou avec des eschares en voie d élimination. — (Ce cas se présente plus fréquemment qu'on ne se l'imagine. Dans la grande majorité des cas en effet, on panse les brûlures avec n’importe quoi, aussitôt

après leur production ; le traitement qu'institue le phar—

macien du voisinage ou la matrone du quartier infecte la plaie si elle ne l’est pas déjà. S'il n’y à que des phyctènes, auxguelles on prend toujours soin de ne pas toucher, leur contenu ne tarde pas à se peupler de microbes qui trouvent là un terrain de culture des plus favorables ;le derme SOUS-) acent se met bien vite à bourgeonner etau bout de8 à 10 jours uue brûlure qui traitée convenablement serait déjà cicatrisée, se trouve transformée en une vaste plaie

. bourgeonnante et suppnrante. S'il y a des eschares c’est

encore bien pis, tous les topiques mis sur la brûlure ont eu pour but de hâter l'élimination par suppuration de cette eschare, et au bout de quelque temps on se trouve en présence de lambeaux d’eschares plus ou moins bien détachés nageant dans des flots de pus et recouvrant de gros bourgeons charnus et exuhérants.

Dans. ces. Cas évidemment, l'idéal serait d'arriver à

ZA désinfecter tout cela comme dans les deux cas précédents, mais hélas ! cet idéal est bien difficile à atteindre si tant est qu’il ait jamais étè atteint.

Bains prolongés de sublimé. Excision des lambeaux d’eschare et de toute l’eschare elle-même ; détergement des bords, grands lavages au savon d’abord, au sublimé ensuite ; compresses de sublimè renouvelées toutes les 24 heures, pendant quatre ou six jours, avec chaque jour un bain de sublimé séparant deux pansements consécutifs : voilà ce que l’on devra commencer par faire. Ce n’est qu'après quelques jours de ce traitement sévère et embêtant pour le malade comme pour le mèdecin, qu’on verra le pus diminuer de quantité et les bourgeons -devenir moins exubérants. À ce moment seulement on devra recouvrir la plaie d’une couche de thyol. Dans le pansement concomitant, on ne devra pas épargner l’ouate, car presque toujours, là première application de thyol est marquée par une production exagèérée de sérositè claire et transparente, qui ne tarde pas à imbiber le pansement.

La désinfection de la plaie obtenue et le pansement fait suivant les règles énoncées, voici la conduite à tenir dans les pansements consécutifs.

Pour les brûlures, traitées aussitôt après leur production, comme pour celles désinfectèées secondairement, on peut, on doit même laisser le pansement en place huit ou dix jours. Après ce laps de temps, si la désinfection a été bien faite on trouvera presque toujours la brûlure cicatrisée. Sa place sera occupée par un épiderme de nouvelle formation, très faible et très délicat il est vrai, d’une teinte rosée ou lègérement vineuse, qui ne tardera pas à

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disparaître. Quelques jours après la peau aura repris sa teinte normale et il n’y paraîtra plus.

En enlevant ce premier pansement il y a une prècaution à prendre, c’est de bien humecter la gaze recouvrant la plaie sous peine d’arracher en même temps le nouvel épiderme, Par l’intermêdiaire de la couche de thyol, la gaze adhère en effet intimement avec la surface de la plaie, Car pas la moindre sécrètion ne se produit à sa surface, si la désinfection a été bien faite. Si malgré tout on enlève avec le pansement une partie de l’épiderme, il n’y a pas à s’en effrayer, une nouvelle couche de thyol et un bon pansement occlusif laissé en place en auront bien vite raison. |

Le pansement consécutif d’une brûlure ayant suppurè et

bourgeonnée diffère beaucoup de ce que nous venons de voir.

. Nous avons vu plus haut que la première application de thyol était souvent marquée par une production exagérée, formidable, quelquefois, de sérosité transparente qui ne tarde pas à imbiber tout le pansement. Ceci se produit dans les deux ou trois jours suivant le premier pansement. Il ne faudra pas hésiter de le changer complètement, seulement, avoir bien soin, en nettoyant la plaie de ne pas frotter sur les bourgeons pour ne pas les excorier et les faire saigner.

Au bout de ce laps de temps, bien court il est vrai, il ne sera pas rare de rencontrer un certain nombre de bourgeons ayant pâli quelque peu, et recouverts à leur surface d’une mince pellicule irisèe, à peine perceptible quel”

quefois.

: Ce phénomène sp onfreEA He plus nefement so le bourgeons sans : 3% ne on refait le pt gomme précédemment et on le laisse en place desixà huit jours. A l’enlévement le ce second pansemept, avant d’ayoir lavé la plaie, on est quelquefois surpris de tronyer une grande quantité de pus recouvrant la plaie, Le pus enlevé par un Jayage, on est eneare bien plus surpris de voir. Je bon état (le la plaie. En général, la plaie est cicatrisée sur ses bords sur un espace de qu on deux centimé; tres. Là où les bourgeons persistent, on trouve leur aspect bien différent de celui qu'ils présentent ordinairement. Au lieu d’être bien saillants, exubérants, ils sont à peine surélevés, Leur. coloration est moins accentuée, et enfin ils :&ont nettement recouverts par nne mince pellicule que l'on voit très bien en les regardant de côtè. Puis au cenre.du gâteau de bourgeons, et disséminés çà et là, on voit de petites places grandes comme une pièce de 50 «gentines, où les bourgeons sont complètement affaissés et épidermisès, ge sont de véritables plages de SIEAtIS -Sation.

-«Bous le ou. jé pansements. suivants, à ces processus. ne done que s’'acçcentuer, et comme lg cicatrisation se fait à la.fois par les bords et par des points centraux, elle ne tarde pas à être ou à devenir complète. La durée dela £içatrisafion totale deda plaque dépend de plpsieurs cir constances: étendue de la brûlure, profondegr de la brie dure, état physiologique dy malade, etc. Elle sera donc dort variable quelquefois même d'un sujet à up putre,

tous deux également brûlés.

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QU'EST-GE QUE LE THYOL: : ie,

Le thyol, de son nom scientifique : Sulfothyolate d’ammonium, se présente dans le commerce sous deux aspects : une poudre noire, ou un liquide sirupeux, noir également.

Il est complètement soluble dans l’eau ; imparfaitement soluble dans l’alcool et l’éther, mais soluble dans le mélange de ces deux liquides.

Préparation.

On utilise pour préparer le thyol l'huile de gaze du commerce, qui renferme, outres des carbures saturès de la série grasse, des Carbures des séries ethylénique et acètylénique. On charge ce produit au bain d'huile à une température d'environ 215° et on ajoute peu à peu de la fleur de soufre.

La sulfuration des carbures se fait avec dégagement d'hydrogène sulfurèé. Suivant la plus où moins grande quantitéde soufre ajoutè, on obtient moins de carbures sulfurès. On sulfonise ensuite la matière à l’aide de l'acide sulfurique concentré, ce qui donne l’acide thyo-sulfonique et

nee on neutralise avec l’ammoniaque. Ce sel ammoniacal est le thyol de Jacobson. \

Le thyol employé depuis quelque temps en médecine en solution dans l’eau (gynécologie), ou incorporé à des pommades dans la proportion de 1 pour 10 ou 1 pour 20 (affection de la peau), a êté employé par nous à l’état de pureté. Nous nous sommes toujours servi du thyol liquide que nous avons appliqué directement sur les plaies.

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