Article « Brâlure » in Dict. Jaccoud, page
fréquentes; la muqueuse intestinale est enflammée, épaissie. Les recherches de Long, de Curling, et surtout d’Erichsen, ont établi que c’est surtout vers le duodénum qu’on observe une congestion avec hypertrophie glandulaire de Ja muqueuse, et qu’on voit plus tard des ulcérations. Celles-ci ont été reconnues seize fois sur 125 Cas de mort par brülures : cinq malades avaient succombé dans la première semaine, cinq dans la seconde, les six derniers plus tard, un d’eux le soixante-quinzième jour. C’est immédiatement au-dessous du pylore que se voit l’ulcération; elle est indolente, tantôt unique, tantôt formée de plusieurs ulcères réunis par un point de leur circonférense. Au début elle n’attaque que la muqueuse, et semble faite par un emporte-pièce; mais elle pénètre plus profondément, et on trouve une fausse membrane à son niveau sur la face péritonéale de l’intestin. L’ulcère commence-t-il par un élargissement d’une glande de Brunner ? Ces glandes ont augmenté de
« volume. Le diagnostic est incertain puisque les symp-
tômes sont souvent nuls; pas de douleurs, pas de tension de l’abdomen; cependant quelquefois il y a vomissements, et on à observé la péritonite par perforation de l'intestin, l’hématèmèse ou le mœléna par ulcération de artère pancréatic-duodénale. Dans ces cas de perforation intestinale ou vasculaire la mort arrive; mais lulcère du duodèénum n’est pas constamment mortel puisqu’on l’a trouvé en voie de cicatrisation dans les cas où le brûlé avait péri sans avoir présenté de troubles gastriques. »
Dans le n° { des Annales de la Socièté de Médecine
“GIRAUDON 10
PTT Ve d'Anvers pour 1866, Nous trouvons une observation d’ulcérations duodénales consécutive à une brûlure (1).
. Enfant, 6 ans el demi, brûlures au premier degré du dos, des fesses, des cuisses, de l'abdomen. 6 janvier, dix. jours après, violente douleur à l’épigastre et l'hypogastre, pouls 126. Le lendemain iclère. M
Le 18. — Vomissements abondants de sang noirâtre, le ventre
se météorise, mort.
Autopsie. — Estomac et intestins remplis d'un hquide noirâtre, muqueuse pâle. A la partie postérieure du duodéaum se trouvent une ulcération concave de trois centimètres de long et deux de large environ, qui en avait perforé les membranes, de sorte que
le pancréas formait la base de lulcéralion. Néanmoins, l’adhé-
rence des bords en était si faible avec le pancréas qu’elles se :
séparèrent en soulevant le duodénum, en laissant échapper son contenu. L'artère pancréatico-duodénale croisait le fond de l’ulcère.
Dans ces dernières années, M. Christian Simpson (d’Edimbourg), rapporte l'observation intéressante d’un individu brûlé aux cuisses et à l'abdomen et qui présenta ultérieurement des ulcérations du gros intestin.
Brülures aux premier, deuxième et troisième degrés sur la cuisse droite, la parlie droite de l'abdomen, sur la cuisse gauche et la vulve, La suppuration.fut très abondante, mal-
gré cela les brûlures prirent rapidement un bon aspect; pas de
1. Gette observation sans nom d'auteur se trouve également rapportés in Union médicale, 1% septembre 1866. 2. British med. Journ., 1889. Bulletin médical, 20.oct. 1889.
du ni RES
et
fièvre. 11 existait un peu de congestion pulmonaire et de congestion rénale se [raduisant par un léger degré d’albuminurie.
Quatre mois après la brûlure, la malade commenca à se plaindre de violentes douleurs abdominales au niveau de l'hypochondre droit et du creux épigastrique; ces douleurs augmentaient par la pression, On notait alternativement de la constipation et de la diarrhée, et la température présentait tous les soirs ure ligère élévation, :
Cet état dura plusieurs mois ; tout cependant rentra dans l'ordre, et 10 mois après l’accident, la malade quitta l'hôpital complètement guérie.
M. Simpson croit qu'il à existé une ulcération jintestinale siégeant non dans le duodénum comme c’est la régle, mais dans le gros intestin, car il n’y avait pas de troubles gastriques. Les ulcérations de cette nature sont le résultat d’embolies capillaires microbiennes.
Ces ulcérations duodénales ou autres à l’évolution desquelles on assiste souvent dans les cas de brülures, seraient d’après Curling, le fait d’un infarctus de la paroi intestinale que le suc gastrique désorganiserait par une sorte d’autodigestion.
Depuis quelques années l'attention des pathologistes fut attirée sur les modifications du sang observées chez les grands brûlés, avant et après l’accident. C’est ainsi que Ponfist a décrit une altération profonde, parfois une vêri— table destruction des globules rouges, dont la stase provoquerait des embolies capillaires, des infarctus, surtout dans le rein. Ce serait même cette hypoglobulie poussée
à ses extrêmes limites qui déterminerait ces morts sou-