‹ Contribution à l’étude morphologique des Graines de LégumineusesChapitre 18 sur 76 · VE SL EN · texte numérisé non relu

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l'une des extrémités de la graine, comme le montre le croquis de profil (fig. 234). Cette espèce fait partie du groupe minus- Bocconii-agrarium, mais elle se distingue aisément. Le tégument du 7. manus Recu. est piqueté de blane, le surplomb radiculaire est presque nul ; le T. Bocconii Savi, et Le T. agrarüum (L.) ALL. n'ont pas le tégument piqueté, mais tandis que le surplomb radiculaire est presque nul chez agrarium, comme chez minus, il est beaucoup plus prononcé chez Bocconi.

T. campestre Scares. (fig. 229 et 230). — C'est la plus petite espèce que j'aie vue ; la graine ne mesure que 0,5 à 0,7 millimètre de longueur inoyenne et encore faut-il considérer 0,7 millimètre comme un très grand maximum. On peut dire que cette espèce se distingne surtout par ses caractère; négatifs, car on ne voit rien de saillant. Graine très luisante, jaune serin ou jaune d'ambre clair, ovoïde, d'aspect translucide. Tégument lisse ; saillie radiculaire à peine indiquée sur le corps de la graine, et seulement vers l'extrémité, par une faible ligne blanchâtre. Surplomb radiculaire presque nul, échancrure ombilicale presque nulle, formant une minuscule troncature presque plane, sur laquelle se trouve la région hilo-micropylaire, très peu distincte. La région ombilicale est d’un brunjaune légèrement différent de la couleur de la graine et d’aspect huileux. Parfois l'extrémité radiculaire se traduit par une petite tache orangée, sous laquelle s'aperçoit la tache hilaire comme un microscopique point sombre entouré de blanc (collerette funiculaire). La région raphéale se traduit aussi parfois par une petite tache vaguement roussâtre, mais ces détails ne sont visibles qu'au binoculaire, dans des conditions d’éclairage particulièrement favorables et seulement sur quelques individus. D’après la moyenne des échantillons étudiés, on peut dire que la graine se présente, même à un fort grossissement, comme un petit œuf jaune, brillant, où l'on n'aperçoit que bien difficilement la région ombilicale. Précisément à cause de sa taille et de ses caractères négatifs, il n'apparait pas que cette

espèce puisse être confondue avec aucune autre.

T. Cherleri L. (fig. 225 et 226). — Graines médiocres, de 1,6 à 1,8 millimètre de longueur moyenne, mais paraissant assez grosses parce qu'elles sont très globuleuses, régulièrement ovoides. Tégument lisse ou très finement chagriné, peu brillant, jaune cire pâle. Sa Ilie radiculaire petite, mais assez nette, séparée du reste de la graine non par un sillon prononcé, mais par une faible ligne crème, aboutissant, sous le petit surplomb radiculaire, au-dessus de la tache hilaire. Surplomb radiculaire peu net, mais région hilo-micropylaire assez fortement excavée en général, (v. fig. 225). Hhile sombre, à collerette, souvent enfoncé, mais aussi parfois à fleur du tégument. Parfois même le tégument, vu de profil, dans cette région, est comme pincé, et forme une sorte de bourrelet sur lequel repose le hile. Cela est rare, et on peut penser que ce cas est accidentel (graines trop tôt ou mal récoltées, cas tératologique). Je crois que dans le cas normal, le hile est relativement assez éloigné de l'extrémité bombée de la radicule. On ne voit pas le micropyle enfoui dans les tissus qui se sont formés autour de lui. Mais vu la distance qui sépare l'extrémité bombée de la radicule de l'emplacement probable du micropyle (contre le hile), il est presque certain que l'on est là, non en présence de l'extrémité radiculaire proprement dite, mais devant une partie simplement busquée de la radicule. Dans le cas qui me parait normal, le hile est en partie recouvert par la collerette blanchâtre, vestige du funicule, et entouré d'un petit rebord tégumentaire à peine plus sombre que le reste de la graine, La région raphéale apparait surtout comme une petite troncature de la partie inférieure de la graine. Elle se traduit par une minuseule bande, brun-jaune très pâle, à peine plus foncée que le reste du tégument, rectiligne. Un caractère remarquable de cette graine est l'aspect de sa région ombilicale, très pâle, et dontil est très difficile de distinguer les diverses parties, Sa position est aussi fort curieuse : elle est presque à l'extrémité de la graine, du côté de l'épanouissement cotylédonaire. Celui-ci, en raison de la troncature plus ou moins concave de la région hilo-micropylaire, est souvent réduit à une sorte de pointe, comme l'indique assez bien la figure 225. Ajou-

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tons enfin que cette graine globuleuse, ovoide, sans doute à cause de la nature spéciale de son tégument extrêmement lisse, est très difficile à saisir et à examiner ; elle glisse entre les doigts avec une grande facilité, et ne peut s'étudier convenablement qu'après avoir été posée sur une goutte de cire vierge, et c’est là une opération malaisée. Cette espèce, comme nous l'avons vu, se range à côté de 7°, a/bhidum Rerz., mais se distingue aisément de cette dernière par sa couleur, plus pâle, par l'emplacement de sa région ombilicale, subapiculaire, tandis qu'elle est subéquatoriale chez a/bidum, enfin par la difficulté que l’on éprouve à la saisir pour l'examiner, ce qui révèle une contexture très spéciale de la surface tégumentaire.

T. elegans Savi (fig. 243 et 244). — Cette espèce ressemble beaucoup, comme couleur et comme aspect, au 7. Aybridum L.; mais elle s'en distingue aisément par sa forme plus”ou moins ovoïde (surtout si l’on ne tient pas compte de l’échancrure ombilicale), tandis que T. hybridum L. est nettement en mitre. En outre, chez ce dernier, l’échancrure ombilicale est beaucoup moins prononcée, et la région radiculo-raphéale est assez plane pour pouvoir être considérée comme la base de la mitre. A part ce détail, la ressemblance, comme on le verra en comparant les deux diagnoses, est assez grande, pour pouvoir embarrasser. En réalité, c’est au voisinage de T. montanum L. et de T. tumens M. B. que vient se ranger l'espèce dont il est ici question, mais elle est bien distincte de ces deux dernières par une série de caractères dont les plus importants sont : la couleur plus foncée chez T. elegans SAV, la présence de mouchetures noires abondantes qui n'existent pas chez les autres, la forme enfin, ovale-allongée chez montanum et tumens, alors qu'ici c’est un ovale plus trapu et même assez peu net, en raison de l'importance de l’échancrure ombilicale, En résumé, les caractères du T. elegans SAVI peuvent s’énoncer comme suit : graines petites, mesurant environ 0,9 millimètre de longueur moyenne, atteignant rarement 1 millimètre, tres mates, d'aspect velouté, comme moisies. Tégument vert sombre, abondamment moucheté de noir. Les mouchetures sont si

abondantes que parfois elles se touchent et que la graine semble presque entièrement noire. Région ombilicale jaune serin ou jaune d'or, tranchant de façon assez nette avec le reste de la graine. Saillie radiculaire très forte, haute et large. Surplomb radiculaire prononcé, aboutissant à l’échancrure ombilicale. Celle-ci, d’un brun-jaune, se distingue même à l'œil nu. L’extrémité radiculaire participe de cette tache claire, et il est à remarquer que la couleur jaune se fonce pour passer du jaune serin au jaune d'or ou au jaune-brun, quand on va de l'extrémité radiculaire au bombement raphéal. Celui-ei est parfois légèrement sillonné, dans sa longueur, d'une dépression plus sombre, presque brune. Le hile ponctiforme est brunâtre, entourée d'une collerette blanchâtre très nette.

FIGURES 193 et 194. — TRIFOLIUM L. (suite)

RS RE RS 3 millimètres

Fig. 193 et 194, T. tumens M. B., face et profil.

T. fragiferum L. (fig. 213 et 214). — Graines médiocres, plutôt petites, mesurant en moyenne 1,3 à 1,4 millimètre, en mitre très nette, de forme élevée, à base presque plane. Echancrure ombilicale presque nulle, Tégument lisse, subdouei, paraissant finement chagriné, de couleur jaune assez soutenue passant au brun (couleur eau-de-vie, madère, ete.) ou au rouge violacé. La couleur la plus fréquente est jaune d'ocre assez brillant. Très souvent on aperçoit sur la surface du tégument des mouchetures où marbrures fines, noires ou pourpre foncé. Saillie radiculaire très nette, séparée du reste de la graine par un sillon profond, dont le fond est souvent marqué d’une ligne

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