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Souvent d’un brun-jaune assez brillant

trouve dans la diagnose que, très souvent, le fruit, globuleux et très court, est, à moitié ou au tiers, inclus dans le calice marcescent, on se demande comment on peut allier ces deux faits. J'ai dans ma collection des Dorycnium à gousse 2-4-sperme, où les graines sont séparées par du tissu cellulaire, mais la taille de la graine dépasse alors nettement le calice. Dans d'autres échantillons, j'ai une gousse globuleuse à moitié incluse dans le calice, et qui n'a pas l'air 2-4-sperme. Quoi quil en soit, je crois bien que les espèces que j'ai étudiées étaient exactement nommées. Elles sont d'ailleurs peu nombreuses et offrent une grande ressemblance les unes avec les autres (1). Globuleuses, très petites, d'un jaune olivâtre presque toujours moucheté de noir, elles exigent une attention soutenue pour que l’on puisse y apercevoir des différences notables.

Les trois espèces examinées sont, par ordre alphabétique, les suivantes :

D. gracile Joro.

D. herbaceum Nix.

D. suffruticosum Nix.

[I n'est pas étonnant que l'on éprouve à les séparer une grande difficulté, car M. Rouy, dans sa Æ/ore de France (NV, 135) en fait trois sous-espèces du D. pentaphyllum Scor. Or ces trois sous-espèces sont incontestablement très voisines et ne présentent entre elles que des différences assez légères. Il n'est

graines soient assez analogues,

done pas surprenant que leurs ainsi qu'on en pourra juger par l'examen des dessins.

Le plus souvent, les graines, globuleuses, ovoides, presque sphériques sont maculées de noir, mais je ne pense pas qu'il faille attacher trop d'importance à ce caractère, des graines

du mème pied pouvant ou non être dépourvues de mouchetures.

D. gracile Jonv. (fig. 305 et 306). — Graines petites, globuleuses, lisses, brillantes, ne dépassant guère ! millimètre 3/4, olivâtre plus où moins foncé, généralement maculées de noir,

{. Elavec colles des Bonjeania, surtout du B. htrsuta Roue.

Cu LEA

LOTÉES 189

contenues dans un fruit ovoide, à peu près de la taille d’un

grain de millet. Région hilo-micropylaire formant une indenta-

tion arquée assez grande, d'un rayon de courbure peu prononcé. Saillie radiculaire assez nette, plus forte que la saillie raphéale. Raphé peu visible, quand on regarde la graine de face. Hile ovale, entouré d'un rebord tégumentaire assez net, à droite et à gauche. -

D. herbaceum Vu. (fig. 307 et 308). — Graines olive-bru-

nâtres, un peu plus grosses que les précédentes, atteignant 2 millimètres de diamètre, le plus souvent dépourvues de ma-

FIGURES 305 à 310: —- DORYCNIUM Nix.

3 millimètres

Fig. 305 et 306. D. gracile Jorr., face et profil. - Fig. 307 et 308, D. Lerbaceum Nazr., face et profil. — Fig. 309 et 310, D. suffruticosum Vizz., profil et face. ,

culatures noires, lisses, d'aspect cireux. Vues de profil, elles offrent une saillie radiculaire en dent assez pointue, et la dépression hilo-micropylaire très peu sensible se raccorde très obscurément avec la région raphéale. De face, on voit une légère saillie radiculaire, qui vient se butter contre la région hilaire. Le micropyle est très difficilement visible. Le tout est

entouré par deux rebords tégumentaires estompés, à droite et à gauche, puis vient le raphé, qui se révèle par une fine ligne

obscure.

D. suffruticosum Viur. (fig. 309 et 310). — Graines de 2 millimètres environ, très globuleuses, olivâtres, à mouchetures noires. Saillie radiculaire très nette sur le profil, formant un bec brusquement arrêté à la région hilo-micropylaire. Celle-ci très creuse possède un rayon de courbure très réduit, elle est très courte et le raphé, à son début, forme une nouvelle bosse très évidente. De face, on n'observe pas de particularité bien remarquable. Le micropyle est assez net. La région hilo-micropylaire est entourée de deux relèvements latéraux du tégument.

En somme, la distinction est difficile. On pourra cependant avoir recours au tableau synoptique suivant :

TABLEAU SYNOPTIQUE

Région hilo-micropilaire à concavité très creuse et courte. Graines de 2 mm. {rès globuleuses presque sphériques. Tégument mouchetéie OI PT RMENTS SRE suffruticosum

Région hilo-micropylaire à concavité très évasée .… . . . 2

! Saillie raphéale sensible. Graines petites (1,7 mm.) mouchetées

9 de DOS» SUR NS ES CU DONC RENE gracile Saillie raphéale presque nulle, Graines plus grosses (2 mm.) sans MOULNELUTES NOÎTER EE. MAL NT NN ES herbaceum

Remarque.— On peut voir qu'il est à peu près aussi difficile de séparer ces trois espèces par leurs graines, que par tous leurs autres caractères, I suffit pour se convaincre de leur très étroite affinité, de regarder Les figures qu'en donne Coste, dans sa More de France (L, 354, 355) après avoir lu toutes les clés analytiques qui s'y rapportent.

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Bonjeania Rcus.

Ce petit groupe, que certains auteurs regardent comme un sous-genre rattachable aux Dorycnium Vis, d’autres comme un genre autonome, est représenté par un très petit nombre d'espèces, quatre où cinq. Les Bonjeania Rens. ne diffèrent guère des Dorycnium Nizz. que par la présence, dans la gousse, de tissu cellulaire séparant les graines, alors que chez les Doryenium qu'on pourrait appeler Eudoryenium Boiss, la gousse est dépourvue d'un semblable tissu. C'est l'opinion de Taubert | P/zf. 1, 3, 257] (1).

J'avais à étudier :

B. cinerascens Jon».

B. recta Rcas.

B. venusta Jon.

Les deux espèces jordaniennes se rangent sous le B. hirsuta Rens. Mais quelle que soit leur place dans la systématique, il était évident, à la seule inspection des graines, qu'on ne pouvait pas séparer ces deux petites espèces. Cela me fournit une fois de plus l’occasion de remarquer que l'étude morphologique des graines ne permet, à part des cas assez rares, que de séparer les grandes espèces, les espèces linnéenes.

Ainsi donc toutse passe comme si nous avions seulement :

B. hirsuta Rens.

B. recta Rcas.

4. L'opinion de M. Rouy, dans sa Flore de France, est nettement différente (V, 135), sans doute par erreur typographique, car dans le tableau dichotomique des Dorycniées (L. e., p.132) h clé 2 indique les Borjeania conime ayant des graines séparées par du tissu cellulaire, landis que les Dorycnium en sont dépourvus,

Quoi qu'il en soit, l’affinité séminologique des Bonjeania et Dorycrium ne saurait être mise en doute. Et même en l'absence du fruit, entièrement différent, dans ces deux genres, toute distinction sûre paraît bien malaisée,

Or le qualificatif qu'on rencontre dans les meilleurs auteurs pour les graines de ces deux espèces, notamment dans la Flore de France de M. Rouvy, V, 133, est insuffisant pour les distinguer. Pour le premier on lit « graines subglobuleuses »,

FIGURES 311 à 316. — BONJEANIA Rens.

5 millimètres

Fig. 311 et 312, B. cinerascens Jonn., profil el face. — Fig. 313 et 314, B. venusta Jon. — Fig. 315 et 316, 8. recta Rous,, face et profil [Les

figures 313 et 314 représentent deux aspects de prolil, de la même espèce].

pour le second « graines petites, globuleuses ». C'est vrai mais un peu bref, comme toujours et partout. On ne parle même pas de la couleur, de l'aspect de la graine. Il est cependant

assez nel.

B. hirsuta Rous. (fig. 311, 312. 313 et 314). — Les fig. 311 et 312 représentent le 8. cinerascens Jonp. Graines mesurant en moyenne 2,5 millimètres, d'un vert olive clair, tirant sur le

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Jaune-brunâtre, marbrées de noir, lisses, un peu brillantes, subgslobuleuses, un peu réniformes. Le B. venusta Jon. (fig. 313 et 314) parait présenter une plus forte proportion de marbrures noires, qui sont aussi plus grandes, mais c’est là, je crois, un caractère qu'on ne peut signaler qu’en passant, et qui vraisemblablement est sujet à variations. En outre, il est bien délicat, et ne peut être sensible que par comparaison.

B. recta KRous. (fig. 315 et 316). — Graines beaucoup plus petites que les précédentes, mesurant environ 1,4 millimètre, globuleuses, presque sphériques, noires, à surface si finement chagrinée que même au binoculaire elles paraissent presque lisses. Elles semblent recouvertes de noir de fumée et ne sont brillantes que là où elles ont subi un léger frottement.

On peut donc aisément les distinguer :

( Graines + olivâires, à marbrures noires . . . . hirsuta StrAineS MOILPS UNIES CURE NS ele RAR 7 er recla

Les figures ci-jointes rendent compte de la différence de taille et d'aspect des espèces. On à dessiné les: deux espèces jordaniennes de 8. hirsuta Rcas. pour montrer la différence signalée. On a choisi, bien entendu, des échantillons présentant

des caractères nroyens.

Remarque. — L'examen comparatif des deux espèces Jordaniennes conduit aux résultats ci-après. Le B° venusta Jonb. à des graines en général plus vertes et un peu plus grosses, de forme un peu moins globuleuse, à région hilaire faisant une légère concavité. Le B. cinerascens Jorb. au contraire à des

(e) graines plus rondes, en général d'une couleur plus foncée, à région hilaire sans saillie ni concavité. On peut, par l'étude comparative, apercevoir aisément ces différences, mais elles sont trop délicates pour qu'on puisse se fonder sur elles pour distinguer ces deux espèces jordaniennes.

J'ai joint à mes dessins la figure, de face et de profil, d'un

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B. cinerascens Jonv. (1). Comme on le voit, c'est toujours très sensiblement la même chose et quoique l'étude comparative minutieuse des échantillons représentés par les figures 311,912, 313 et 314 ait pu révéler quelques légères différences, il est prudent de ranger les deux espèces jordaniennes sous la déno-

mination de B. hirsuta créée par Reichenbach.

{. À une échelle légèrement supérieure,

TRIBU V. — Galégées

La grande tribu des Galégées renferme 75 genres et ne compte pas moins de 2.300 espèces en chiffres ronds : dans ce total, le genre As/ragalus L. figure seul pour un nombre d’environ 1.200 espèces : c’est le genre Le plus nombreux de la flore, Il a donné lieu à d'intéressants travaux, dont on trouvera un résumé dans mon travail précité sur les Légumineuses (p. 168).

Le champ des recherches se présentait à moi comme à peu près infini avec cette tribu, mais j'ai limité mon sujet, car, entre autres raisons, la pénurie de mes matériaux était Le plus sûr moyen de me borner : aussi bien, dans un travail comme celui-ci, n'est-il pas besoin de multiplier le nombre des exemples.

J'avais dans ma collection un nombre assez € nsidérable de genres dont je n'étais pas sûr, et que j'ai dû laisser de côté. Je pense que les quelques exemples que j'ai choisis parmi les échantillons qui m'offraient Le plus de garanties, seront suffisants pour donner de cette tribu une idée au moins suceinete.

Parmi les genres que j'ai pu examiner se trouvait le genre Psoralea L. représenté par Le Ps. bifuminosa L. très abondant dans le midi de la France et dans toute la région méditerranéenne, et dont j'ai pu récolter moi-même des graines bien mûres. Malheureusement ce qu'on appelle graines, n'est dans la circonstance que de très curieux akènes (1) que je n'ai pas dessiné nl décrit, préférant n'étudier ici que les graines propre-

4. Ce sont plutôt des caryopses, par définition, bien qu'on ait l'habitude de réserver ce térme pour les Graminées, car il y à parfaite adhérence de la graine avec le péricarpe.

ment dites. C'est donc à dessein que j'ai négligé ce genre imtéressant.

La tribu des Galégées m'a fourni en tout les genres suivants :

Petalostemon Mica.

Robinia 1.

Colutea 1.

Indigofera 1.

Astragalus L. (inel. Oxytropis DC.) Caragana Law.

On remarquera ici, comme pour les autres tribus étudiées, l'extrême pénurie de genres exotiques et dans les genres ubi quistes, le très petit nombre d'espèces exotiques. Cependant, Je tiens à remercier ici spécialement M. le directeur du jardin botanique de Lawang à Java, qui a bien voulu me communiquer de bons échantillons d'Indigofera et de Caragana, ainsi que MM. les directeurs des jardins botaniques de Buitenzorg et de la Trinidad.

La tribu des Galégées comprend un grand nombre de genres exclusivement tropicaux ou exotiques, et j'aurais voulu pouvoir étudier de préférence quelques-unes des espèces les plus remarquables de ceux-ci, pour montrer leur forme ou leurs caractères, mais cela ne m'a pas été possible. Quant au genre Astragalus, je n'ai étudié ici que quelques-unes des espèces que J'avais, je ne les ai pas choisies, mais prises au hasard, bien entendu dans les échantillons dont j'étais le plus sûr.

Avant d'aborder l'étude des genres en particulier, il n'est pas inutile de faire voir quelle est l'allure de la distribution géographique de cette tribu. C'est pourquoi je donne ci-après un tableau statistique qui résumera assez clairement l'état de la question.

L'examen de ce tableau nous montre que le pôle de la tribu (exel. gen. As/ragalo L.) est l'Australie. Vient ensuite l'Afrique du Sud avec la région du Cap, allant, par le Natal rejoindre la côte orientale et l'ile de Madagascar d’une part, et d'autre part, par l'Angola, le Congo et le Cameroun s'étalant sur toute la

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Distribution géographique des (ALÉGÉES (1)

Amérique Europe Asie Afrique Océanie Totalité de la Région 25| 41 Nord 1 3 11 18 Est 87 29 6| 1 Sud 43 39 82 40 1 Ouest 3 34 2 Nord-Est I 10 6 SSSR Sud-Est #l 32 12 { 6 Sud-Ouest [ 40 7 4| 3 Nord-Ouest nn: 3 7 Centre I 55 20 2) AA INOS 88 Centre-Nord [l 3 4 8 Centre-Est 18 B) Centre-Sud il il 2 Centre-Ouest 1 12 2 Région méditerr.

totale 3 3 3 Région méditerr.

orientale 1 1 il Région méditerr.

occidentale Montagnes Nord Montagnes Est Montagnes Sud 1 Montagnes Ouest 1 19 Montagnes Centre 6 51 Montagnes Nord-Est il 3 Montagnes Sud-Est Montagnes Sud-Ouest 2 25 Moniagnes Nord-Ouest 4 Déserts 2 Asie Mineure

(1) Exel. gen. Astragalo L.

partie occidentale de ce vaste continent, où la Guinée en compte de nombreux exemplaires. On en rencontre encore beaucoup de représentants dans le centre (sensu latiore) du continent, jusqu'à la vallée du Haut-Nil et FAbyssinie De là, une branche

se dirige le long du Nil jusqu'à l'Egypte, tandis qu'une autre couvre la partie nord-occidentale, avec les iles Canaries. Le nord de l'Afrique, au contraire, en semble presque totalement dépourvu (totalement même, d'après le tableau, mais je ne saurais trop répéter que ces tableaux, malgré tout le soin que j'ai apporté à leur établissement, ont une certaine part d'approximation).

La région méditerranéenne, exclusion faite du genre Astra galus L. dont je parlerai plus loin, en est aussi très pauvre, ainsi que l'Europe qui ne compte pas assez de représentants de cette tribu, pour que je croie devoir y insister davantage.

La tribu des Galégées a une répartition beaucoup plus intéressante en Asie, où le centre du continent avec ses hautes altitudes de l'Himalaya, Tibet Altaï, nous en offre un important bouquet. De là, une grosse branche s'étale sur toute la région sud-occidentale en Arabie, Mésopotamie, Perse, Afghanistan, Béloutchistan, mais c'est un fait remarquable qu'à part le genre Astragalus L., il n'y a pas sensiblement de Galégées en Asie Mineure, ainsi que me l'ont montré mes recherches. La région montagneuse du Sud-Ouest en est aussi assez riche. Cette branche se bifurque et gagne d'un côté le Sud, avec les Indes, la Birmanie, la Cochinchine et la Chine sud-orentale, de l'autre, la région sud-orientale de l'Europe, par la chaine du Caucase. Vers Le Nord-Est, la tache centrale s'étale progressivement en montant vers la Sibérie, en descendant par la Mongolie et la Mandechourie, dans la Chine proprement dite, qui en compte de nombreux individus. On peut donc dire que l'Asie tout entière est Le pôle de diversité des Galégées.

De nombreuses espèces de cette tribu se groupent encore dans l'Amérique chaude, depuis le Texas et le Nouveau-Mexique, jusqu'au sud du Brésil, avec forte prédominance dans lé Mexique et l'Amérique centrale continentale, De là, les Galé-

sées se répandent progressivement vers le Nord jusqu'au

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Canada, vers le Sud, jusqu’à l'extrémité de l'Argentine et du Chili, mais cette distribution n'offre aucune particularité et je n y insisterai pas davantage, me contentant de renvoyer le lecteur à la planche VI sur laquelle il pourra suivre la distribution de cette tribu, diminuée du genre Astragalus L. comme je l'ai signalé plus haut.

Petalostemon Micn.

La seule espèce que j'ai pu étudier de ce petit genre amé-

ricain est :

P. candidus Micu. (1)

qui habite l'Amérique du Nord, comme toutes les autres espèces du même genre, au nombre de vingt environ, en tout. Celle-ci (fig. 317 et 318) a des graines assez petites, ne dépassant pas ou fort peu 2 millimètres de longueur. Elles affectent une forme très remarquable, en crochet, à cause de l’extraordinaire saillie du tégument, au niveau de la radicule et de l'axe hypocotylé. Tégument lisse, un peu brillant, à aspect de pierre, de couleur pâle, brun-olivâtre ou brun-jaunâtre, paraissant très dur. La couleur est variable à la région ombilicale, souvent jaune très pâle. De profil la saillie radiculaire fait un relief très développé, avec un sillon très profond qui va s'élargissant Jusqu'à embrasser toute la région ombilicale, de telle sorte que la région hilo-micropylaire se trouve située sur une espèce de dos d'âne. L’extrémité de la radicule forme, non pas un surplomb, à proprement parler, mais une pointe, en éperon, fortement saillante en avant, et la direction moyenne de l'axe de cette saillie est à peu près exactement perpendiculaire au grand axe dela graine. Quand on examine la graine de face, on remarque que le hile est situé, non parallèlement au grand axe de la graine, mais obliquement, en partie caché sous le nez saillant

4. I me semble qu’il faudrait dire Petalostemon candidum, le nom de genre me paraissant neutre (désinence grecque).

de la radicule. Il forme une tache jaune d'or sombre, entourée d'une collerette funieulaire blanchâtre. Quant au micropyle, il est invisible, mais au-dessus du hile on remarque une légère bosse tégumentaire, au milieu d'une petite plage légèrement sombre, et entourant certainement l'entrée {qui parait fermée) de micropyle. La région raphéale se manifeste par une longue bande en massue, brun-olive un peu plus soutenu, avec expansion tournée vers le bas.

Le contour général de cette graine, vue de face, présente une forme plus ou moins en poire, toujours aplatie, mais plus ou moins renflée sur les faces ventrales, au niveau de l'épanouissement cotylédonaire.

FIGURES 317 et 318 — PETALOSTEMON Mics.

1,5 millimètre.

Fig. 317, P. candidus Micu., vu de profil, — Fig, 318, même espèce vue de face.

Robinia L.

Les deux espèces que j'ai pu étudier sont :

R. Decaisneana V&rLor R. Pseudo-Acacia \.

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Il est à remarquer que l'Inder de Kew fait du premier un synonyme du second. Néanmoins, on verra que les graines quoiqu'analogues ne sont pas semblables, et diffèrent surtout par leur tégument. C’est un caractère qui milite en faveur d'une séparation, et je pense quele R. Decaisneana Verror doit être considéré au moins comme une variété de notre Robinier ordinaire. Je rappellerai que les Robinia sont pour la plupart originaires de l'Amérique du Nord, ou des Antilles, et que le Robinier n'est pas indigène en France, mais planté et tout au plus subspontané.

R. Decaisneana VerLor (fig. 319 et 320). — Graines assez grosses, atteignant et même dépassant parfois 5,5 millimètres, ovales, réniformes, très plates. Tégument lisse, luisant, brun chocolat ou brun-jaune, abondamment marbré de noir, sauf sur le rebord tégumentaire épais qui entoure le hile, etquiest jaune de cire foncé, tirant sur le jaune d’ocre ou le jaune d’or. Une caractéristique intéressante des graines de Robinia en général (1) est de rester munies d’un funicule gros, court, épais, brun-rouge, qui leur donne un aspect très étrange tant sur le profil que de face. La graine dans son contour général a quelque analogie avec celle du Petalostemon candidus Micu. précédemmentétudié; on peut y retrouver un ar de tribu pour ainsi parler. Et sans que la saillie radiculaire ait la même importance iei, on peut constater que la direction générale est plus ou moins nettement normale au grand*axe de la graine. Ce fait est surtout visible sur la figure 321. Cela confère à la graine, vue de profil, une certaine ressemblance avec une outre de biniou, surtout ici où le funicule simule assez bien l'un des pavillons. Echancrure ombilicale nette, quoique ayant des contours adoucis. Vu de face, la graine, débarrassée de son funieule, montre une hile brunâtre, profondément enfoncé dansune cavité tégumentaire formant comme une petite loge. La surface du hile n'est pas plane, mais parait formée de deux gros bourrelets,

4 Je possédais de ce genre une assez bonne collection d'espèces. mais je ne pouvais faire état de leurs dénominations, car leurs provenances étaient trop sujettes à caution. J'ai dû les passer sous silence.

orientés dans le sens de la longueur de la graine, et laissant entre eux un étroit sillon. Le hile est entouré sur toute sa périphérie, sauf au niveau du micropyle, d'une couronne funiculaire qui semble en dentelle, et qui est d'un jaune de beurre assez foncé, presque café au lait. Le micropyle, très visible, apparait comme un trou d'aiguille pratiqué dans le rebord tégumentaire en bourrelet tres épais, qui délimite la cavité hilaire. La région hilaire est marquée par une bande noire, en forme d'étoile filante, présentant une bossette en chapeau chinois, figurant le noyau de l'étoile, et située près de la région d'épanouissement des cotylédons, tandis que sa queue, étroite, presque rectiligne, est tournée du côté de la région hilaire, et vient mourir au bas du rebord tégumentaire.

FIGURES 319 à 322. — ROBINIA L.

7 millimctres,

Fig. 319 et 320, À. Decaisneana Venror, face et profil. — Fig, 321 et 329, PR. Pseudo-Acacia l., profil et face.

R. Pseudo-Acacia L. (fig. 321 et 322).— Graines plus petites, ovales, subréniformes, dépassant rarement 4 millimètres de . longueur, noires où brun-rouge si foncé qu'elles paraissent noires, sauf à la région ombilicale, brun-rouge parfois assez clair. Tégument lisse, luisant. Cette espèce présente des analo-

sw

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gies avee la précédente, et la disposition rectangulaire des axes radiculaire et cotylédonaire apparait iei encore, et d’une facon très nette, comme un bon caractère de la tribu. L'expression que j'ai fréquemment employée au cours de ce travail de «couronne funiculaire » est ici plus que partout ailleurs, justifiée. I ne faudrait pas croire, en effet, que le funicule adhère à la graine sur toute la surface du hile. Il appert nettement de mes recherches que dans la plupart des cas au moins, le funicule est creux, au voisinage du hile, et n'adhère à la graine que par une surface annulaire et non discoïde. La surface de ce qu'on est convenu d'appeler le hile est done toujours ou presque toujours libre. Il y a très vraisemblablement régression du tissu cellulaire médullaire du funicule, qui amène la formation d'une -cavité en voûte surélevée, formant un peu comme un bonnet de coton ou un pavillon de cladonia, au-dessus de la surface libre du hile. Mais alors que devient le hile ? Et qu'est-ce que Le hile ? On apprend en général dans les traités de botanique que le hile est « la cicatrice laissée à la surface de la graine par la chute du funicule » ou par la rupture du funicule à son niveau (1). S'il en est ainsi, le hile ne sera pas la tache plus où moins discoïde qu'on voit sur toutes les graines, et qui ne m'a jamais semblé une tache cicatricielle, mais bien simplement la couronne qui entoure cette tache comme un anneau tantôt fibreux, tantôt granulé, presque toujours blanc ou jaune, et qui, elle, a bien l'air d'un tissu déchiré par rupture. ne m'appartient pas en ce moment de discuter cétte question à fond, il faudrait faire des recherches anatomiques et embryogéniques qui sortiraient de mon sujet; mais il -était bon de prendre sur le vif un exemple montrant que l'origine de ce qu'on appelle le hile est peut-être fort éloignée de ce que l'on croit d'habitude. Ier done, la tache hilaire, pour employer les termes en usage, est sombre et profondément enfoncée dans une logette tégumentaire hautement rebordée

4 On sait en effet qu'un grand nombre de graines, celles-ci notamment, et les graines d'Acacia surtout, conservent leur funicule isolidement adhérent à leur hile. Les graines d'Acacia ont un hile qui fait jusqu'à quatre et six fois le tour de leur périphérie, et leur confèrent un aspect caractéristique.

d'un gros bourrelet. La couronne funiculaire très épaisse, empéche ici complètement de distinguer le micropyle. Comme dans l'espèce précédente, la région raphéale est encore marquée d'une tache noire en étoile filante, mais vu la couleur foncé du tégument, ce détail est très difficilement perceptible.

On peut résumer ce que je viens de dire dans le tableau synoptique suivant :

TABLEAU SYNOPTIQUE

Tégument brun-jaune ou brun chocolat marbré de DOÏL 2 re N'ES ir En Decaisneana Légumènt DôIt » su HONTE 0 2 Pseudo-Acacia

Colutea 1.

Le genre Colutea L. n'est pas très aisé à étudier : les espèces qu'il renferme, au nombre de dix environ, habitant surtout le sud de l'Europe et s'étendant jusqu'aux premiers confins de l'Himalaya occidental, ont des graines très voisines de forme, de taille et d'aspect. On n'est d'ailleurs pas très d'accord sur la valeur de ces diverses espèces, qui ne sont pas toutes suffisamment connues pour qu'on puisse avoir des idées précises.

Quoi qu'il en soit, j'avais dans ma collection plusieurs espèces en nombre suffisant d'exemplaires de provenances diverses, pour avoir, je pense, quelque certitude sur leur dénomination. Les quatre espèces étudiées, dont on trouvera ci-contre les figures et ci-dessous les diagnoses, sont, par ordre alphabétique, les suivantes (1).

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