C. longialata Koëne
1. Ce sont quatre espèces bien distinctes, ainsi qu'en témoigne l'Index de Kew el ses suppléments.
GALÉGÉES 205
C. arborescens L. (fig. 325 et 326). — Cette espèce très répandue dans toute l'Europe comme arbuste d'ornement, mais sur l'indigénat en France de laquelle on a émis les doutes les plus sérieux, possède des graines plates, un peu concaves sur les faces, brun-violet assez foncé, avec région hilo-micropylaire orange où rouge-brun. La saillie radiculaire est à peu près insensible, tandis que le raphé se distingue par une légère côte sallante, à peu près rectiligne, s'évanouissant rapidement. De face, cette graine, comme les autres, est peu caractéristique. C'est surtout le profil qui renseigne chez les diverses espèces de Colutea L. Lei, la radicule, à son extrémité, forme une bosse nette, surplombant le micropyle. Au contraire, la saillie raphéale est à peu près insensible. En somme, le sinus hilomicropylaire est très largement ouvert.
C. cruenta Air. (fig. 323 et 324). — Cette graine, la plus épaisse de toutes, est surtout caractérisée par son profil : la région hilo-micropylaire ne forme pas de sinus et le hile ne rompt pas la continuité de courbure de la graine. De face, la tache hilo-micropylaire jaune-orange foncé ne présente ellemême qu'un médiocre intérêt, mais 1l faut signaler une légère ombre provenant d'une vague saillie radiculaire, et un raphé sensible, avec une bande médiane nette, assez large. La couleur générale de la graine est violet-brun foncé. Xlle est, comme les autres, assez m'te, comme doucie. Je n'ai pu juger que l’aspect de l'échantillon sec, mais je crois que, même sur le frais, les graines de Colutra ont cet aspect et ne sont pas comme chez d'autres genres brillantes, à l'heure de la récolte (Cytisus).
*C. Halepica Lam. (fig. 327 et 328). - Graine plus grande, plate, bosselée, brun-bistre à plages nuancées, couleur rouille ou ocre. De profil, elle présente un sinus hilo-micropylaire régulier, avec proéminences radiculaire et raphéale sensiblement équivalentes. Ce sinus est d'ailleurs assez évasé. De face, il n'y a pas grand'chose à signaler. Les saillies radiculaire etraphéale, à peu près égales, forment des ombres analogues et apparaissent sous forme d’un léger bourrelet.
206 TRBU V
C. longialata Koeune (fig. 329 et 330). — Graines encore plus grandes,très plates, violet-brun passant au brun de rouille.Région hilo-mieropylaire jaune d’ocre. De profil, le sinus hilo-micropylaire apparait comme une indentation assez profonde. La saillie radiculaire à peu près égale à la saillie raphéale, a une cour-
FIGURES 323 à 330, — COLUTEA L.
6,95 millimètres
Fig. 323 et 324, C, cruenta Air., profil et face. — Fig. 325 et 326, C. arborescens L., face et profil. — Fig. 327 et 328, C. Halepica Lam., face et profil, — Fig, 329 el 330, €, longialata Koenxe, prolil el face.
bure beaucoup plus forte que cette dernière, Le raphé s'étend ainsi longuement dans le prolongement de la ligne qui joint les sommets des deux émergences radiculaire et raphéale., De face, Ja saillie radiculaire est plus aceusée que celles de raphé. Elles sont d'ailleurs l'une et l’autre indiquées comme de légers bourrelets.
GALÉGÉES 207
La distinction des quatre espèces précédentes reposera surtout
E sur la forme de leur profil, ainsi qu'en témoigne le tableau ei:
dessous :
TABLEAU SYNOPTIQUE À FA Sinus hilo-micropylaire nul, et raphé large etnet. . cruenta HR TE EEE (EL SEC AO QE er TN et LE 9 ( Sinus hilo-micropylaire très creux . . . . . longialata Sinus hilo-micropylaire très évasé . . . . . . . . 3
Saillies radiculaire et raphéale équivalentes. Sinus symétri-
que De ER OP AET ret TEAE Halepica Saillie radiculaire en surplomb. Saillie raphéale à peu près nulle. Sinus dyssymétrique, ouvert vers le bas . . arborescens
Indigofera L.
PESTE D > A = 1 c Û J'avais une assez nombreuse collection de graines de ce genre,
mais sur les dix-huit espèces que je possédais j'ai dû n’en con-
server que cinq, car l'étude des autres m'a montré que je ne
dévais pas accorder une trop grande confiance à leur dénomination, faussele plus souvent. Les cinq espèces que j'ai gardées sont les suivantes, elles habitent l'Océanie tropicale :
Anil L., var. polyphylla DC.
arrecta Hocuasr.
Guatemalensis Moa.
hirsuta L.
tinctoria L.
SL See
Les graines d’Indigofera L. sont très petites et polyédriques. De couleur brune souvent foncée, elles offrent l'aspect de
petites crottes de chenilles. La taille de la graine étant très réduite augmente encore la difficulté d'observation de la région hilo-micropylaire, extrèmement peu développée. À un très fort grossissement, on distingue cependant parfois le hile, mais rarement le micropyle ; en tout cas, ce n'est qu après une certaine recherche, car cette région sans saillie, concolore avec le reste de la graine, est très difficilement perceptible. Comme on le voit par les dessins qui accompagnent ce texte, Les graines tout en étant de forme assez analogues, d'une espèce à l’autre, présentent cependant des différences qui permettent de les reconnaitre aisément.
J. Anil L., var. polyphylla DC. (fig. 333 et 334). — Je n'ai pas pu me procurer le type de cette espèce. Mais 1l diffère peu de sa variété. De couleur noirâtre, un peu brillant, le tégument parait à l'œil très finement chagriné. A un fort grossissement, on s'aperçoit qu'il est couvert de petites fossettes qui donnent l'impression de cicatrices laissées par des glandes qui se seraient crevées. Je crois quil n'en est rien. Ces taches sont circulaires. La graine dans son ensemble à vaguement la forme d'un prisme orthorhombique. On y distingue aisément deux bases planes, parallèles, et quatre faces latérales, irrégulièrement bosselées il est vrai Mais il ne faut pas faire état de cette irrégularité, car elle provient vraisemblablement, comme j'ai pu le voir ailleurs, du retrait du contenu. De profil, la région hilo-micropylaire est peu accusée. Son sinus semble formé de deux lignes droites, l’une assez longue, du côté de la radicule, l'autre beaucoup plus courte, du côté du raphé. Les saillies radiculaire et raphéale sont done faibles. De face, le hile apparait comme une minuscule tache ronde, auprès de laquelle un petit méplat en forme de raquette indique le début du raphé qui se poursuit sous forme d'une légère côte, vers la région d'épanouissement cotylédonaire, De face, il nu ya pas de saillie radieulaire sensible.
J. arrecta Hocustr. (fig. 337 et 338). — C'est la plus grosse espèce; elle est relativement peu anguleuse et ses bases sont
GALÉGÉES 209
arrondies. La couleur varie du noirâtre au fauve-roussätre ou au bistre-verdâtre. Le tégument, légèrement brillant, n’est pas creusé de petites fossettes comme chez les autres espèces. De profil, la région hilo-micropylaire ne forme pas de sinus bien sensible. On ne voit donc presque pas les saillies radiculaire et raphéale. De face, Le hile apparait sous forme d’une très petite tache circulaire. Le raphé et la radicule s'accusent sous l'aspect de deux côtes à peine saillantes.
J. Guatemalensis Moo. (fig. 339 et 340). — C’est la plus géométrique de toutes les espèces. Elle donne très nettement l'impression d'un prisme orthorhombique, dont les faces 2» seraient légèrement excavées. Sa couleur est fauve roussâtre, d'aspect cireux. Son tégument est parsemé de minuscules fossettes. De profil, le sinus hilo-micropylaire est très accentué, mais tandis que la saillie radiculaire forme un relief à courbure douce, la saillie raphéale forme un bec saïillant, au voisinage immédiat du hile, puis ensuite est rectiligne jusqu’à la base. De face, la région hilo-micropylaire forme un méplat relativement grand, avec, au centre, la cavité circulaire du hile. Les saillies radieulaire et raphéale forment deux côtes légères, qui constituent une des arètes verticales du prisme.
1. birsuta L. (fig. 335 et 336). — C'est la plus petite espèce. De couleur jaune de cire, d'aspect cireux, elle offre un contour très géométrique et anguleux. Son tégument est parsemé de larges fossettes circulaires. Sinus hilo-micropylaire nul. Le hile est au niveau de la surface de la graine. De face, Le hile apparait mal, comme une petite cavité circulaire, très mal limitée du côté du raphé. Celui-ci s'évase un peu vers le hile, qu'il va rejoindre, puis se rétrécit du côté de la base du prisme.
J. tinctoria L. (fig. 331 et 332). — C'est la plus importante des espèces du genre, par les applications auxquelles elle donne lieu. On sait en effet que c'est avec les feuilles de cette espèce que l'on prépare l’indigo, matière colorante d'un usage courant dans l'industrie de la teinture. La graine est noirâtre,
Capitaine 14
prismatique, plus haute que large. Les faces latérales sont souvent un peu creusées, ainsi que les bases. Le tégument est parsemé de petites fossettes circulaires. De profil, le sinus hilomicropylaire est absolument nul. La saillie radiculaire est insensible, tandis que le raphé forme au-dessous du hile une bosse
FIGURES 331 à 340. — INDIGOFERA L.
6,6 millimètres
Fig. 331 et 3392, Z. tincloriaL , protil et face — Fig. 333 et 334, I. Anti L.,
var, polyphylla DG., face et prolil, — Fig, 335 el 336, Z: Lirsuta L , profil et face, Fig. 337 el 338, Z. arrecta Hocusr., profil et face. —
lig, 339 el 940, Z. Guatemalensis Moo., face et profil.
d'une grande netteté, De face, le hile parfaitement circulaire se montre au milieu d'un méplat. Ilest bien isolé, Le micropyle est invisible, La saillie radiculaire nulle; le raphé forme, à quelque distance du hile, une petite surface en raquette qui së
continue vers Le bas en une légère côte,
GALÈGRES 211
On peut résumer en un tableau analytique lés caractères différentiels de ces'einq espèces. On mettra ainsi en évidence ce qui écarte où rapproché ces graines, et par là même ce qui permet de les distinguer.
TABLEAU SYNOPTIQUE
1 ET MAUR O1 OI EN Nr VA Ce OMC Per ee RTE à TEEN RSS SP ES LE Te à arrecla \ Graines très petites, Jaune de cire, plus larges que hautes, pris- 2 NS TE. A ee RE hirsuta | Non: Graities plus hautes que largés .-=. 1. . . . . 3 3 Sinus hilo-micropylaire très net . . . . . Guatemalensis © À Sinus hilo-micropylaire nul ou DÉTENU Lee 4 \ Sinus hilo-micropylaire nul. Bosse raphéale nette . tincloria 4 © Sinus hilo-micropylaire peu sensible, mais non nul. Bosse raphéale très Dell helte =» :,, 2 « Anil (var. polyphylla)
Astragalus L.
Comme on l’a vu au début de ce chapitre, le genre Astragalus L. est le plus riche de tous en espèces différentes. Il y a bien des genres nombreux comme ARosa où Rubus, par exemple, qu'on pourrait lui opposer, mais chez ces deux genres en particulier les botanistes pulvérisateurs ont qualifié du nom d'espèces une foule de formes si voisines les unes des autres qu'ils ne laissent pas eux-mêmes d’être fort embarrassés lorsqu'ils ont un individu nouveau à nommer : faut-il lui donnér un nouveau nom ? Faut-il — si faire se peut — le rapporter à un nom déjà existant? Le polymorphisme des deux genres cités étant pour ainsi dire infini, il est rare qu'on puisse rapporter
DA | THIBU V
sûrement un individu à un nom existant, ce qui a pour résultat, le plus souvent, d'amener la création de noms nouveaux toujours de plus en plus nombreux et compliquant de plus en plus
FIGURES 341 à 350. — ASTRAGALUS L.
7 millimètres
Fig. 341 et 342, À. Danicus Rerz , face et profil. — Fig. 343 et 344, À. Tianschanicus B6e , face elprofil. — Fig. 345 et 346, A. glycyphylloides DC., profil elface. — Fig. 347 et 348, À. gummifer Lamiz., face
el profil, — Fig. 349 el 350, 4. glycyphyllos L., profil et face,
GALÉGÉES 2110
la question au lieu d'y jeter quelque lumière. lei, tel n'est pas le cas, et si l'on peut, dans une certaine mesure, réduire le nombre des espèces, il faut bien reconnaitre qu'on se trouve en face d'un genre où les espèces, qui y sont rangées, sont pour la plupart bien définies : et il est très remarquable qu'on puisse diviser ce grand genre en trois groupes principaux, cette subdivision étant fondée sur la répartition géographique du genre. Si on essaie de résumer les travaux touchant le genre Astragalus L., qui n’a été jusqu'ici l'objet d'aucune étude d'ensemble, mais seulement de monographies isolées, on peut citer : Buncr, Generis Astragali Species Gerontogeae (Mém. de l'Ac. Imp.des Sc. de Saint-Pétershourg, série VI, t. XI, n°16et t. XV, n°1, 1868-1869), qui ne s'occupe que des espèces de FAncien Monde, et qui a servi de base à l'étude que Boissier a faite du même genre dans son Flora orientalis (I, 205-498) ;: A. Gray, Etude sur les Astragalus de l'Amérique du Nord (1) (Proc. Amér. Acad., 1863) ; WaTsow, Etudes Botaniques (1) (King s Report of the geological exploration. Botany, Washington, 1871) ; Gay, Flora Chilena (, 106). Sans entrer dans le détail de la question, ce qui dépasserait les limites de ce cadre, on pourra alors donner un tableau spécial de la répartition de ce genre intéressant, tant par le nombre de ses espèces propres que par celui des genres voisins qu'on y a fait entrer, à titre de sections, tel par exemple le genre Phaca L., qui lui est réuni depuis fort longtemps, tel aussi le genre Orytropis DC., que certains auteurs tendent à lui incorporer (2). Taugerr, #2 EG. Er Paanre, nat. Pflz., WI, 3, 286, se fondant sur les ouvrages précités, divise les espèces en trois séries, fondées, comme on l'a dit plus haut, sur les grandes lignes de leur distribution géographique :
A. — Espèces de l'Ancien Monde . . : 1.040 espèces env. B. — Espèces de l'Amérique du Nord. . 130 — C. — Espèces des Andes sudaméricaines. 25 es
4. Je ne connais pas le titre exact de ce travail. 2, Cf. Louis CAPITAINE, /. € ; p. 120 sq. en note,
Répartition géographique du genre ASTRAGALUS L.
Sud-Ouest Nord-Ouest Centre
-Centre-Nord Centre-Est Centre-Sud
Centre-Ouest
Région méditerr.
totale
Région méditerr.
orientale
Région méditerr.
occidentale
Montagnes Nord Montagnes Est Montagnes Sud Montagnes Ouest Montagnes Centre
Montagnes Nord-Est
Montagnes Sud-[is!
Montagnes Sud-Ouest
Montagnes Nord-Ouest
Déserts
Asie Mincure