‹ Contribution à l’étude morphologique des Graines de LégumineusesChapitre 43 sur 76 · LE · texte numérisé non relu

LE

Amérique Europe Asie Afrique | 3 Océanie

Totalité | du Continent 25 25 | Nord 28 35 116 2 | Est 10%: 8 2 | Sud 163 10 |

Ouest 2 10 61! | 24

Nord-Est 14

Sud-Est 195 13

al

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Comme on le voit par les chiffres ci-dessus, ces trois séries sont d'importance très inégale. Pour bien saisir la distribution géographique du genre Astragalus L., on pourra se reporter à l'étude spéciale que j'en donne ailleurs (1). Je rappellerai simplement ici le tableau statique ‘auquel je suis arrivé (v. p. 214).

Ce tableau montre trois pôles de diversité, le premier au voisinage de la région méditerranéenne, le deuxième dans la partie centre-occidentale de l'Amérique du Nord, le troisième dans les Andes boliviano-chiliennes.

A. — L'examen de ce tableau montre une extraordinaire prédominance du genre Astragalus L. dans toute l'Asie sudoccidentale : région aralo-caspienne, Afghanistan, Béloutchistan, Perse, Mésopotamie, Arabie, où plus de la moitié des espèces de ce genre se trouvent représentées, tant dans les régions steppiques que sur les montagnes. Il eût été intéressant de pouvoir étudier comparativement les graines de quelques-unes de ces espèces récoltées dans des stations différentes, pour voir si, d'une part, la différence des stations influe sensiblement sur la morphologie des graines d’une même espèce, et si, d'autre part, les graines d'espèces appartenant à des régions différentes offrent des différences sensibles. A priori, ces différences seront peu sensibles, car d’une façon générale, ainsi qu'on le verra plus loin, les graines des diverses espèces que j'ai étudiées présentent beaucoup d'analogies. Les Astragalus semblent assez éclectiques quant à leur habitat. En effet, du pôle précité partent deux grosses branches : l’une, par l'Himalaya, le Tibet et l'Altaï, va jusqu'aux sables mouvants du lac Balkasch et du fleuve Soungari, dans la partie Nord-Est de la Mongolie ; l’autre, par la Russie sud-orientale et méridionale, gagne les steppes des Kirghizes etenveloppe toute la région méditerranéenne, jusqu'à l'Europe méridionale, par la Grèce, l'Italie, les iles (Chypre, Crète, Sicile, Sardaigne, Corse, -Baléares) et s'étend jusqu'aux Canaries par la Syrie,

l'Egypte et le Nord de l'Afrique.

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L'Asie Mineure enfin, qui compte encore un grand nombre d'espèces s'avance entre les deux sous-branches qui embrassent la région méditerranéenne.

Dans l'Europe le genre As/ragalus L ne dépasse guère le centre. en s'atténuant progressivement depuis le Sud : dans le centre il habite surtout la région montagneuse. Il y a bien quelques espèces qui habitent toute l'Europe, y compris les parties septentrionales et même la presqu'île scandinave, mais ce nombre d'espèces est insignifiant, en comparaison des agglomérations dont je viens de parler.

Dans l'Asie au contraire, la région steppique de l'Ouest et du Sud-Ouest et la région montagneuse de l'Himalaya, du Tibet, de l’Altaï recèlent un grand nombre d'espèces ; le pôle du Sud-Ouest envoie une forte branche au nord de cette région. D'après le tableau, on peut voir que c'est surtout la région montagneuse que recherchent ces plantes : les hautes régions de la Perse en possèdent une grande quantité.

Dans l'Afrique enfin, on voit la bande de la région méditerranéenne déborder sur le Nord (1) et venir toucher les régions désertiques : il n’y a là aucune particularité, je n'y insisterai pas davantage.

B.— L'Amérique du Nord, pays assez bien connu au point de vue botanique et parcouru en tous sens, depuis fort longtemps, tant au Canada qu'aux Etats-Unis et au Mexique, a fourni à Asa Gray des renseignements préeis. Nous voyons que le genre Axtragalus L. se trouve abondant surtout dans la partie occidentale du continent, depuis la côte (Californie, Orégon, Washington, Alaska) jusqu'aux Montagnes Rocheuses. Il s'atténue progressivement d'une part vers le centre, où l'Etat de Nébraska en compte de nombreuses espèces, et d'autre part vers le Sud-Ouest, où le Nouveau-Mexique, dans les Etats-Unis,

[On sail en effet que la région méditerranéenne n'occupe en Afrique qu'une faible bande, surtout là où le désert s'approche beaucoup de la côte, comme en Gyrénaïque et en Tripolitaine. Et le Nord de l'Afrique, au point de vue phylogéographique, occupe souvent, surtout en Algérie, une plus vaste étendue que la région méditerranéenne proprement dite, toujours assez voisine de la côte.

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et le Mexique proprement dit, en sont encore très peuplés. Tout s'atténue progressivement encore vers le Sud-Est, par le Texas, la Caroline et la Floride, régions trop humides et fertiles pour posséder de nombreux représentants de ce genre, surtout adapté aux régions montagneuses et steppiques. On pourra cependant noter, en passant, ce fait intéressant que les graines des espèces montagneuses, telles, par exemple, que A. alpinus L. (= Pha:a alpina DC.) sont constituées de façon sensiblement analogues à celles des espèces de plaines, telles que A. glycyphyllos L., qu'on trouve fréquemment aux environs de Paris. Le tégument a la même apparence, dure et luisante, et, comme on devait s y attendre, étant donnée la protection dont elles sont l’objet, les graines semblent peu subir l'influence du milieu où se développe la plante qui leur a donné naissance.

C. — L'Amérique du Sud ne fournit pas de renseignements très précis, et on peut seulement constater que la erande agglomération du genre a lieu dans la partie occidentale, Chili, Bolivie et Pérou, où elle peuple les pentes de la Cordillère et les régions désertiques, comme le désert d’Atacama, dans le Nord du Chili. D'ailleurs, cette longue bande de terrain qui constitue le Chili et mesure 4.000 kilomètres de côtes, de Punta-Arenas à la frontière septentrionale, n’est pas également peuplée par le genre Asfragalus L., qu'on trouve surtout dans la partie Nord du pays, et qui, totalement ou presque totalement, fait défaut au Sud de la capitale (1).

La planche V résume tout ce que je viens de dire, et permet d'apprécier facilement l’allure de la distribution géographique du genre Astragalus L.

Maintenant que l’on a quelque idée des habitats divers et des régions du globe où les As/ragalus se rencontrent de préférence, on pourra passer rapidement en revue les quelques espèces sur lesquelles j'ai fait porter mon attention. Les unes sont françaises, européennes, et les autres proviennent de la région caucasienne, sibérienne, et même de Chine.

4. Voir à ce sujet: K. Recue, Pflansenverbreitung in Chile (Leipzig, 1907).

FIGURES 351 à 364. — ASTRAGALUS L. (suite)

7 millimètres.

Fig. 351 1352, À. f'alcatus Lam, face el profil.— Fig.353 et 354, À, Cicer L., profil el face, — Fig. 355 et 356, A. purpureus Lk., face et profil. — Fig. 357 et 358, À. sulfureus Bar., face et profil. — Fig. 359 et 360, A. campestris L., face et profil. — Fig. 364 et 362, À. Chinensis L., profil elface. — Fig. 363 et 364, A. alpinus L., face et profil, [Les figures 358 et 460 montrent une ligne pointillée qui limite la zone colorée en jaune clair où brun-rouge, sur la région ombilicale],

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Les espèces que j'ai étudiées sont par ordre alphabétique les suivantes : |

A. alpinus L.

A. campestris L.

A. Chinensis L.

A. Cicer L.

A. Danicus Retz.

A. falcatus Lan.

A. glycyphylloides DC.

A. glycyphyllos L.

A. qummifer LaBiLr.

A. purpureus Lan.

A. sulfureus Br.

A. Tianschanicus Bes.

On pourrait, pour les étudier, les diviser en deux groupes :

4) Espèces françaises : alpinus, campestris, Cicer, Danicus, glycyphyllos, purpureus ;

5) Espèces extrafrancaises, extraeuropéennes ou exotiques : Chinensis (Chine), falcatus (Caucase, Sibérie), glycyphylloides (Caucase), qummaifer (Syrie), sulfureus (Afghanistan), Tianschanicus (Asie tempérée), mais il semble préférable, vu leurs caractères de ressemblance, de prendre d’abord des bases morphologiques. Je donnerai au surplus deux tableaux synoptiques, l’un basé sur la morphologie et l’autre sur la phytogéographie, puisqu'aussi bien aucune des espèces exotiques ne figure en Europe, et que l’on ne peut pas séparer les recherches séminologiques de la géographie botanique et de la connaissance de la répartition des espèces.

A. alpinus L. (Hig. 363 et 364). — Cette espèce est très connue aussi sous le nom de Phaca alpina DC. Graines médiocres, 2,2 à 2,5 millimètres de longueur moyenne environ, obovales subréniformes, très plates. Tégument lisse, jaune-verdâtre, plus ou moins soutenu, abondamment moucheté de noir, d’où il résulte qu'à l'œil nu les graines semblent presque noires. Ici,

comme chez la plupart des Astragalus, la saillie radiculaire ne devient nette que vers son extrémité ; là se voit une sensible dépression qui aboutit à la région ombilicale, au-dessus de laquelle surplombe toujours fortement l'extrémité radiculaire. Vue de face, la graine présente souvent des faces ventrales un peu déprimées, mais je n'ose dire que ce soit un cas normal, et l'on est peut-être là en présence d'individus mal récoltés, et non mûrs. La saillie radiculaire vient mourir en pointe obtuse au-dessus de la région ombilicale, qui forme ici, comme chez la plupart des As/ragalus, une sorte de cuvette assez large. Le hile est profondément enfoncé dans une dépression tégumentaire; Le micropyle est invisible. La collerette funiculaire Jaune parchemin, d'aspect fibreux, est très développée, et située au niveau du rebord tégumentaire en bourrelet qui encadre la dépression hilaire. Région raphéale indiquée par une ligne noire saillante plus ou moins en massue ou en larme.

A. campestris L. (fig. 359 et 360). — Cette espèce est très connue aussi sous le nom de Orytropis campestris DC. Graines assez petites, de 1,7 à 1,9 millimètre de longueur moyenne environ, atteignant rarement 2 millimètres, réniformes, très plates. Tégument lisse, luisant, brun noirâtre à l'œil nu, en réalité brun-jaune ou brun-vert foncé très abondamment moucheté de noir, sauf à la région ombilicale, jaune d'or ou brunrouge clair. La figure 360 indique par une ligne pointillée la limite des deux zones de couleurs différentes. Saillie radiculaire nette et haute, séparée du reste de la graine par une forte dépression dont on ne peut guère évaluer correctement la forme et l'étendue, car les faces ventrales de la graine sont presque toujours fortement déprimées, et que cette dépression communique directement et régulièrement avec celle qui limite la saillie radiculaire, Surplomb radiculaire très prononcé, formant un bec très saillant au-dessus de la région ombilicale, visible à l'œil nu comme une tache d'un beau brun-rouge clair. De profil, la région hilo-micropylaire se présente comme une encoche nette faite au canif, Au fond s'aperçoit la collerette funiculaire, qui entoure lorifice d'un petit trou au fond duquel

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est le hile, invisible, et qui est entourée elle-même d’un rebord tégumentaire en bourrelet. Bosse raphéale nette, très rapprochée de l'entrée de la dépression hilaire, et de couleur brune assez sombre. Cette graine ressemble un peu à celles de l'espèce précédente, mais s'en distingue par sa forme plus trapue, moins allongée, plus nettement réniforme.

À. Chinensis L. (fig. 361 et 362). — Cette espèce, originaire de la Chine, se distingue des deux précédentes, avant tout par son tégument unicolore, dépourvu de mouchetures noires. Graines médiocres, plutôt grandes, mesurant environ 2,5 à 2,8 millimètres de longueur moyenne, obovales, subréniformes. Mais ici la forme en rein est très peu nette. Tégument lisse, mat ou douci; unicolore d'un jaune-cire verdâtre, avec région ombilicale fortement échancrée, de couleur sensiblement plus pâle. La saillie radiculaire est invisible sur le corps de la graine, et ne se distingue que par son surplomb toujours très développé, très net, eten pointe obtuse. Vue de face, la région ombilicale présente, comme chez presque toute les espèces étudiées, une sorte de plate-forme légèrement concave

au centre de laquelle se voit la région micropylaire. Le hile si tant est que l’on conserve ce nom à la petite surface de couleur généralement foncée, lisse, qui est entourée de la couronne funiculaire — n’est pas visible : il est très fortement enfoncé dans une dépression tégumentaire encadrée d’un épais rebord en bourrelet, mais on peut distinguer la couronne funiculaire, très développée, d'aspect grenu. La région raphéale est indiquée par une bosse en forme de larme ou de massue renversée, d'un brun-fauve ou bistre-jaune assez pâle, et d'aspect corné, subtranslucide. Souvent cette bosse est remplacée par une sorte de plate-forme plus ou moins ovale, limitée par deux légères saillies du tégument à droite et à gauche (fig. 362).

A. Cicer L. (fig. 353 et 354). — Graines médiocres, ne dépassant pas 2 millimètres de longueur moyenne, obovales,

réniformes, à région ombilicale assez peu échancrée, ce qui

donne à cette partie de la graine, vue de profil, une forme tron-

quée caractéristique. Tégument lisse, d'aspect graisseux, douei ou mat, jaune cire verdâtre. La saillie radiculaire est invisible sur le corps de la graine et ne se distingue qu'à l'extrémité très obtuse, en surplomb peu accentué, ce qui aide à distinguer cette graine de la précédente, dont elle diffère d'ailleurs par plus d'un caractère. Vue de face, la région ombilicale forme une sorte de méplat un peu concave, limité par une saillie du téguüment. Celui-ci, tout autour et au-dessus de la région hilo-micropylaire, forme comme un arc romain largement surbaissé (voir fig. 354). Au milieu du méplat, on voit la cavité bilaire bordée d’une faible couronne funiculaire et entourée d'uü rébord tégumentaire én bourrelet. La saillie raphéale se distingue par une bosse én larme, bistre-jaune clair, souvent accompagnée de deux légères saillies tégumentaires latérales. Nombreux sont les caractères qui distinguent cette espèce de la précédente : taille, échancrure ombilicale, angle des axes radiculaire et cotylédonaire beaucoup plus ouvert ici, ete.

À. Danicus Rerz. (fig. 341 et 342). — (Graine très petite, de 1 à 1,2 nullimètre de longueur moyenne, obovale, fortement réniforme, et si l’on considère la graine comme reposant sur le plan tangent à la saillie raphéale et au surplomb radiculaire, elle apparait, au moins à l'œil nu, et quand on ne considère que les grandes lignes, comme ayant la forme en mitre surbaissée dont on à parlé plus haut, à propos du genre Trifolium. Tégument lisse, brillant, entièrement noir. Saillie radiculaire assez distincte du corps de la graine, dont elle est séparée par une dépression s'évasant jusqu'à la région ombilicale, Surplomb radiculaire très net, en nez obfus. Vue de face, la saillie radiculaire, trapue et large, semble coifler, comme d’un capuchon, le reste de la graine (1). Région hilaire sans intérêt : à peine aperçoit-on quelques fibrilles blanchâtres, vaguement disposées en couronne, derniers vestiges du tissu funiculaire. Région raphéale parfois marquée d'une petite plage d’un roux pâle. Sa taille et sa couleur font que cette espèce ne me parait pas possible à confondre avec aucune de celles que j'ai étudiées.

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