‹ Contribution à l’étude morphologique des Graines de LégumineusesChapitre 5 sur 76 · C. striata DC · texte numérisé non relu

C. striata DC

verrucosa, W.et ARN.

Es

Elles sont assez différentes les unes des autres et faciles à distinguer.

D'une façon générale, on pourra retenir que les graines de Crotalaria ont plus ou moins exactement la forme d'une oreille : la campylotropie de l'ovule est ici extrêmement accentuée, il en résulte que souvent l'extrémité du tégument où se loge la radicule est enroulée en colimaçon sur elle-même, donnant à la graine un aspect des plus remarquables. Je passerai rapidement en revue chaque espèce, et je donnerai ensuite un tableau récapitulatif et analytique des espèces étudiées.

C. alata Roxs. (fig. 21 et 22). — Graines bistre violâtre assez foncé, très brillantés, assez petites, non enroulées en colimaçon. Extrémités radiculaire et raphéale simplement arquées, et limitant entre elles une cavité très profonde (on dirait un trou). C'est la cavité hilo-micropylaire. On n'y peut distinguer aucun détail : le hile est trop profondément enfoncé pour qu'on puisse le voir ; quant au micropyle, il est situé sous la partie de la radicule qui est en surplomb sur la cavité creuse. I est

donc invisible.

C. incana LL. (ig. 25 et 26). — Graines jaune de miel, d'aspect corné, an peu doucies, plutôt males. Extrémité radiculaire assez nettement recourbée, axe hypocotylé rectiligne. La cavité hilo-micropylaire est ici très restreinte, et le raphé se traduit à l'extérieur par une légère dépression du tégument: on dirait une goutfière, La zone raphéale dépasse de beaucoup la zone radieulaire, eton peut dire qu'elle est à un niveau supérieur, si on tient la graine radicule en l'air, de facon que la ligne droite correspondant à laxe hypocotylé soit verticale.

GÉNISTÉES DE

FIGURES 11 à 18. — CROTALARIA L.

8 millimètres

Pisett et 12,20 verrucosa. Wet AR\., profil eb face. — Fig. 13 et 14, C. retusa L , face et profil. — Fig. 45, € semperflorens Venr., profil.

— Fig. 16et 17, C. quinquefolia L., face et profil. — Fig. 18, @. pulcherrima RoxB , face.

[Voir fig. 28, C. semperflorens Ver., de face, et fig. 27, C. pulcherrima Roxs., de profil].

C. incanescens L.f. (fig. 23 et 24). — Graines jaune verdâtre pâle, à légères mouchetures noires, ou vert paon uni (elles paraissent alors taillées dans du porphyre). L’axe hypocotylé est rectiligne, la radicule est ensuite courbée à angle droit pour se replier contre la région hilo-micropylaire. Vue de face, la graine présente, entre l'extrémité de la radicule et le bombement produit par les cotylédons une région creuse, limitée à droite et à gauche par deux rebords du tégument. La cavité hilo-micropylaire, ainsi définie, laisse voir en son milieu une petite fosse, au fond de laquelle se trouve le hile : sur la paroi abrupte, on rencontre le micropyle, invisible directement.

C. indica L. (fig. 31 et 32). — De couleur très sombre, vert paon où brun-rouge très foncé, les graines de cette espèce ont le tégument lisse, poli, mais peu brillant. La région où se trouve l'axe hypocotylé est rectiligne ou presque. La radicule fortement recourbée s'incurve vers la cavité hilo-micropylaire, mais celle-ci est très peu profonde. D'ailleurs on ne distingue pas de hile et la cavité n’est pas limitée par deux rebords tégumentaires, à droite et à gauche. Il ne me paraît pas possible qu'on puisse confondre cette espèce avec le C. incana, à cause de la couleur et de l'aspect des graines. On a vu, en effet, que ce dernier à des graines d'aspect corné, semi-transparentes, tandis que celles du C. indica sont très fortement opaques. Elles paraissent en porphyre.

C. laburnifolia L. (fig. 33 et 34). — Graines opaques, mais très Juisantes, d'aspect huilé. Forme générale analogue aux précédentes. Couleur fauve plus où moins ardent, présentant de très fines et très pàles mouchetures noires. Ressemble un peu au €, 2ncanescens, mais sen distingue aisément par la couleur (ce dernier est d'un jaune verdâtre caractéristique) par l'aspect brillant et non presque mat, par la région de l'axe hypocotylé qui est nettement convexe, tandis qu'elle est nettement rectiligne dans le C. incanescens. Vue de face, la graine présente une cavité hilo-micropylaire très nette, au fond de

GÉNISTÉES 25

laquelle on aperçoit vaguement le hile, sous forme d’une petite tache concolore, un peu plus foncée, oblongue, se rat-

FIGURES 19 à 28. — CROTALARIA L. (suite)

8 milimètres

Fig. 19 et 20, C. sagittalis L., profil et face. — Fig. 21 et 22, C. alata Roxz.,

face et profil. — Fig. 23 et 24, C. incanescens, L.f., profil et face. — Me 25 6/26, Cincanaclr, profil etwface. «= Fe: 27, C, pulcherrima Roxs., profil. — Fig, 28, C. semperflorens Vexr., face. — [Voir

fig. 48, C. pulcherrima Roxe.,de face, et fig. 15, C, semperflorens Vexr.,

de profil].

tachant directement avec le début du raphé par une plage en forme de raquette (comme dans le Phaseolus vulgaris L.). Cette graine peut aussi présenter quelque analogie avec C. striata, mais elle s'en distingue par sa couleur, car cette dernière est jaune de miel foncé, par la forme de la radicule qui présente un bec plus prononcé, en surplomb sur la cavité bilo-micropylaire, par un hile beaucoup moins étendu, par la région de l'axe hypocotylé plus nettement rectiligne.

C. pulcherrima Roxs. (fig. 18 et 27). — Graines grandes (4,5 millimètres), polies mais peu brillantes, fauve plus ou moins foncé, absolument lisses, dépourvues de toutes mouchetures. De profil la graine présente une forme en oreille assez nette. La radicule vient faire une saillie en bec au-dessus de la région hilo-micropylaire, qui forme iei une minuscule cavité entièrement abritée par le surplomb de la radicule et protégée, à droite et à gauche, par deux rebords tégumentaires. Le raphé fait un coude brusque de telle sorte que la graine tout entière, sauf l'indentation hilaire, qu'on peut comparer à une encoche faite au canif, peut voir son contour inscrit dans un ovale assez régulier, comme le représente la figure 27. Cette espèce présente en outre des faces latérales assez exactement

planes et ne peut être confondue avec aucune autre.

C. quinguefolia 1. (fig. 16 et 17). — Graines grosses (5 milhimètres) subgl buleuses, d'un brun violacé très foncé, lisses et paraissant dépolies (à un fort grossissement elles sont très finement chagrinées et presque mates). Radicule fortement euroulée en virgule, et surplombant la dépression hilo-micropylaire. Celle-ci est limitée, à droite et à gauche par deux bourrelets tégumentaires assez éloignés l'un de l’autre, et en bas, par la naissance du raphé, qui fait un coude extrêmement prononcé, comme la radicule, mais plus gros. Le centre de cette dépression, de couleur jaune parchemin plus ou moins clair, est occupé par la tache hilaire, qu'on aperçoit partiellement, sous la saillie de la radicule, comme une petite plage arrondie,

GÉNISTÉES 977

C. retusa L. (fig. 13 et 14). — Graines grosses, plates, fauve plus où moins foncé allant jusqu'au brun-rouge. La forme de la graine est très particulière, car la radicule, enroulée en colimaçon, est si étroitement appliquée contre le reste de la grame qu'elle obture entièrement la cavité hilo-micropylaire, d'autant plus que le bombement du raphé la rejoint exactement. La région de l'axe hypocotylé est rectiligne. Il résulte de cette disposition que la graine forme un ombilie profond dans ladite région, comme on peut le voir sur les figures. De face, la graine ne présente rien de particulier, puisque la radicule obstrue tout.

C. sagittalis L. (fig. 19 et 20). — Graines petites (1 mm. 5 environ), brun-noir foncé, brillantes ou luisantes, peu arquées, plates. Radicule obtuse, peu enroulée et simplement recourbée sur la cavité hilo-micropylaire, ici très nette. Celle-ci est délimitée par le surplomb de la radicule, le raphé et deux rebords, tégumentaires latéraux. On voit très bien, au fond, le hile sous forme d’une tache arrondie, tout au fond d’un trou qui est la partie intéressante de la cavité. La région de l’axe hypocotylé

est assez convexe.

C. semperflorens Vent. (fig. 15 et 28). — Graines brun rouge plus ou moins franc et plus ou moins foncé, parfois teintées en vert-bleu, moyennes (3 millimètres), lisses, assez brillantes, à faces latérales bombées au milieu. De profil la forme est très remarquable : la radicule, circinfe, s'enroule en colimacon, de façon à laisser une petite lumière (ombilice perforé) ; mais elle s'appuie par son extrémité sur le reste de la graine et touche le début du raphé, en obstruant entièrement la cavité hilo-micropylaire. Région de l'axe hypocotylé rectiligne ou presque. Vue de face, elle offre deux bosses (radicule et raphé) très analogues de taille et d'aspect et on ne sait à laquelle on a affaire. Sur la vue de face, on voit aussi, nettement, les deux bombements centraux des faces latérales qui dominent de chaque côté, l'ombilic perforé.

C. striata DC. (fig. 29 et 30). — Comme je l'ai dit plus haut, cette espèce présente quelque analogie avec le C. laburnifolia où le C. incanescens, mais il est facile d'éviter les erreurs, en examinant d'un peu près et avec attention les échantillons étudiés. Couleur jaune de miel plus ou moins foncé, allant jusqu'au fauve foncé ou brun-rouge ; région de l'axe hypocotylé assez droite sans être aussi nettement rectiligne que dans l’irncanescens, ni aussi convexe que dans le laburnifolia. Saillie radiculaire formant une simple bosse, non un crochet, comme dans ces deux espèces. Région hilo-micro-

FIGURES 29 à 34. — CROTALARIA L. (suite)

8 millimètres

Fig. 29 et 30, C. striata DC., face et profil, — Fig. 31 el 32, C. indica L., face el profil, — Fig. 33 el 34, C. laburnifolia L , face et profil.

pylaire présentant des détails beaucoup plus nets. Le hile, en particulier, Y forme une grande surface bien apparente, au fond d'un trou profond. La confusion ne parait pas possible avec l'incanescens, par la couleur (ce dernier est d’un jaune verdâtre caractéristique) et par la forme de la région de l'axe

GÉNISTÉES 29

hypocotylé. Et on à vu plus haut, à propos du /aburni/folia, comment on peut distinguer les deux espèces. Je n'insisterai donc pas davantage ici sur cette question.

C. verrucosa \W\. et Ann. (fig. 11 et 12). — C’est de toutes les espèces étudiées une des plus remarquables : jaune corné, mat, aspect gras. Graines très globuleuses, sans saillie radiculaire bien sensible, de contour suborbiculaire, à faces latérales très convexes. Raphé peu saillant, non proéminant au début. Région hilo-micropylaire très peu excavée, très nette et très petite, presque au ras de la surface. Graine présentant beaucoup d’analogie d'aspect avec les graines globuleuses de même couleur, de nombreuses Crucifères.

Maintenant que j'ai passé en revue Les espèces étudiées, en faisant ressortir leurs caractères spéciaux et différentiels, on peut se proposer d'établir une clé permettant de trouver le nom d'une quelconque de ces espèces. Si alors on étudie d’autres échantillons de Crotalaria, on pourra, ou bien les déterminer, si ce sont des espèces qui se trouvent parmi celles qui sont examinées ici, ou bien les situer auprès d’une de celleslà, si elles sont différentes, ce qui permettra de connaître aisément leurs affinités morphologiques.

On peut diviser les échantillons étudiés en deux groupes, suivant que la saillie radiculaire forme ou non une bosse en surplomb ou une dent plus ou moins circinée. Ensuite dans le premier cas, on pourra distinguer les espèces où la saillie radiculaire touche ou ne touche pas le raphé. On aura done le tableau suivant :

ne RÉ. nn ie M 7 ne RE =. ———__ LT LL TS En A A

Et AT TL TS

TABLEAU SYNOPTIQUE

Saillie radiculaire en pointe plus ou moins cireinée, ou au

moins ayant la forme d'une bosse en surplomb. . . 2 Saillie radiculaire faible, ne formant jamais de surplomb ; dépression hilo-micropylaire faible et très évasée . . 10

Pointe radiculaire touchant très nettement la saillie

DADHÉRIGE 5 0e Vue CA CN SNS 3 No Lu le RO RENE 4 Cable Dériors ous Ne PES CRE Re semper/lorens Onbitie 6BEUrÉ mm DISONS, reltusa Graines à mouchetures noires ou pâles (visibles à la loupe). b] Tégument'umeolore” ; SES SN RE RERO 7

Saillie radiculaire en crochet esse la cavité hilomicropylaire . . . 6 Saillie radiculaire rnlcnénte en hdi région dé l'a axe ts pocotylé non nettement rectiligne ; couleur fauve foncé ou brun-rouge. Trou hilaire large . . . . . . striala

Région de l'axe hypocotylé nettement du Couleur jaune

verdâtre pâle . . . = incanescens Région de l'axe hy Pos DAEIE à convexe ; oouiaur miel foncé ou TAUVESE ATEDLE 9 TS PROS ENRRNES laburnifolia

Saillie radiculaire en crochet recourbé un peu à angle ATOÏL ee, Eos LA vie Soit Saillie radiculaire simplement bosants Graine ar ardent de contour général ovale ; la dépression hilo-micropylaire

semble une encoche faite au canif. . . . pulcherrima Graive de 3,6 mm, aupius 2 RAS 9 Graine de 4,5 mm. au moins . . . . . quinquefolia Région de l'axe hypocotylé nettement rectiligne, . incana Région de l'axe hypocotylé nettement convexe . . indica Graines globuleuses, jaune de cire . . . . . verrucosa Graines plates, brun fonté.. 5" LR ANSE

Graines de 2mm.environ, bistre foncé très luisant. sagittalis Graines de 3 mm.environ, brun violâtre foncé, brillantés is 23 OS NÉ RS SR alata

GÉNISTÉES 31

Templetonia R. Br.

La seule espèce (fig. 35 et 36) de ce genre intéressant que

j'aie pu examiner est :

T. retusa R. Br.

Elle est extrêmement remarquable et impossible à confondre

FIGURES 35 et 36. — TEMPLETONIA K. Br.

7 millimètres

Fig. 35 et 36, T. retusa R. Br. de face et de profil.

avec aucune autre de toutes celles que j'ai étudiées. Longue de 6 millimètres environ, elle est d’un brun-jaune clair rappelant assez la couleur de la corne. Vue de face, du côté de la radieule, elle est aplatie; de profil, elle est presque rectangulaire, allongée, avec une échanerure hilo-micropylaire très remarquable. Cette dernière, en effet, est entièrement formée d’une cavité

profonde encadrée d'un rebord tégumentaire élevé et surmonté d'un arille bizarre ayant quelque analogie avec celui du Goodia lotifolia Sans». Mais tandis que ce dernier est en fer à cheval net, quoique fermé par ses pointes qui se touchent, ici l'arille forme un gros bourrelet complètement continu et très saillant. Il en résulte que la région hilo-micropylaire est située comme au fond d'un petit puits. Du côté de la radicule, l'arille forme une saillie qui se rabat sur l'entrée de l'infundibulum précité, et le recouvre en partie, un peu comme chez le Goodia. Mais chez celui-ci le couvercle, étalé et bien développé, reste, éloigné de l'orifice. Ici, au contraire, il est plus réduit et reste appliqué par ses bords contre le rebord propre de l'arille ; il n'obstrue qu'une faible portion de l'orifice.

Il est à noter que le genre Templetonia, endémique en Australie, comme Goodia,est comme lui caractérisé par des graines très remarquables. C'est un petit genre qui ne compte que sept espèces environ. On trouve ici un curieux cas de ressemblance morphologique, chez des graines produites par des plantes de même origine, rangées dans de petits genres un peu aberrants. C’est là une confirmation intéressante du rapport qui existe entre la morphologie des graines et la phytogéogra-

phie.

Ulex 1.

Le genre U/ex comprend une vingtaine d'espèces habitant l'Europe occidentale et sud-oceidentale, Il m'a été possible

d'examiner les graines des deux espèces françaises :

U. europaeus L.

U. parviflorus Pourr.

Pour le premier, l'aire géographique comprend l'Europe occidentale, du Danemark au Portugal, la Suisse méridionale, l'Italie. Le second, au contraire, habite plus spécialement

GÉNISTÉES 33

l'Espagne et le Portugal et ne se rencontre chez nous que dans la région méditerranéenne, depuis les Pyrénées-Orientales jusqu'aux Bouches-du-Rhône environ. Tels sont les renseignements que donne M. Rouy dans sa Ælore de France (IV, 242 et 246). Bien que cet auteur ait subdivisé ces espèces en un grand nombre de sous-espèces et variétés, il semble qu'à ces deux stirpes correspondent des graines de types assez distincts. Celles de l’U. Europaeus L. (fig.37 et 38), obovales-cordiformes, sont plus ou moins échancrées à l’ombilie, mais toujours coiffées, à la région hilo-micropylaire, d'un arille très net, en fer à cheval, ouvert du côté du micropyle, et offrant sa convexité du côté du raphé. La couleur de la graine est généralement

FIGURES 37 à 40. — ULEX L.

GS ee ne NA A ES LE 5 millimètres Fig. 37 et 38, U. Europaeus L., de prolil et de face. — Fig. 49 et 40,

Ü. parviflorus Pourr., de face el de profil.

très foncée, d’un vert presque noir, ou tirant sur le gris-bleu ou le bistre. L’arille est jaune de miel clair. Le tégument est lisse et parait poli, à l'œil nu. Toutefois, avec une forte loupe,

Capitaine 3

on aperçoit de très fines ponctuations à la surface ; elles confèrent alors au tégument un aspect très légèrement chagriné, L'U. parviflorus Pounn. (fig. 39 et 40) se distingue aisément du précédent par sa couleur, sa taille, son aspect. La graine en effet, ainsi qu'on peut le voir dans les dessins ci-joints, n'est plus obovale-cordiforme, mais ovale, atténuée légèrement en pointe du côté de la radicule, L'arille plus petit et plus étalé ne coiffe pas le sommet de la graine (si l'on prend la saillie radiculaire pour le sommet) mais est rejeté latéralement. Enfin, vue de face, la graine offre un contour ovale, tandis que chez U. Europaeus, elle a la forme d'une poire. En outre l'arille, beaucoup plus étalé, comme on vient de le dire, a la forme d'un fer à cheval ouvert du côté du micropyle, mais dont les branches sont beaucoup plus courtes que chez U. Europaeus. La couleur du tégument, beaucoup plus lisse que dans cette dernière espèce, quand on le regarde à la loupe, est - brun-jaune clair, et l’arille jaune de miel est plus translucide. On peut résumer toutes ces différences dans Le tableau suivant :

TABLEAU, SYNOPTIQUE

Graines obovales-cordiformes, de couleur foncée ; région hilo-micropylaire développée formant une troncature terminale coiffée d'un arille à longues branches. Æuropaeus

Graines ovales, atténuées en pointes du côté de la radicule ; couleur brun-jaune clair ; région hilo-micropylaire sublatérale recouverte d'un arille à branches courtes et tra- DURE. rs EL ee OS DNS NRRRES parviflorus

Laburnum Luow.

Souvent considéré comme sous-genre des Cylisu$, (genre qui lui-même doit être rattaché aux Genisla, comme on le verra plus loin, et dans Rouy, F7. fr, IV, 185), le genre Laburnum se distingue, au point de vue séminologique, par un fait capital: les graines sont toutes dépourvues d'expansion arilaire.

GÉNISTÉES 39

D'ailleurs les ressemblances sont assez grandes entre les graines de quelques-unes des espèces de chaque genre, Notamment, le C. purpureus Scor. ressemble beaucoup au L. vulgare Gnis. J'ai indiqué, à l’article Genista, la différence entre les graines de ces deux espèces, je la rappellerai ci-dessous,

J'avais à étudier Les espèces ou variétés suivantes :

Adami Kiren.

. alpinum Lanc.

. alpinum LANG, var. lucidum Kiren. (1).

. Alschingeri G. Kocn.

vulgare Gris.

. vulgare Gnis., var. quercifolium Kireu. (1). Wattereri Dir.

Je donnerai les diagnoses de chaque espèce, non sans faire remarquer au préalable que, d'une façon générale, ces graines sont grossièrement ovales, avec une forte échancrure à la région

4. Les variétés lucidum du L. alpinum Laxc, et quercifolium du L. vulgare Gris. sont fort peu connues. N'ayant pu trouver le nom des botanistes qui avaient créé ces deux variétés, dont J'avais reçu des graines authentiques du jardin botanique de Kew, j'ai demandé le renseignement à M. Prain, le savant directeur de cet établissement. On sait en effet que les échantillons communiqués par le musée de Kew ne portent presque jamais l'indication du nom d'auteur, surtout quand ce sont des échantillons vivänts ou des graines, car ces noms d'auteurs sont indiqués dans l’/Zndex Kewensis ; mais cet ouvrage ne donne aueun renseignement sur les variétés, et ne mentionne que les types. Je remercie donc M. Prain d’avoir bien voulu me faire la réponse suivante : «..., the names Zaburnum alpinum var. lucidum and L.vulgare var. quercifolium appear to have been first published by Kirchner (Arboretum Muscaviense, 1864, pp. 397 et 399) who records them as Z alpinum lucidum, Horr. and Z. vulgare quercifolium, Horr, The latler is included in Loudon, Arb. et Frut. Brit. ii, p. 590 (1838) as Cytisus Laburnum var. quercifolium, Horr.

« It may be mentioncd that though vwriters usually state that Grisebach (Spicileg. F1. Rumel., 14843) is (he author of the names Z. alpinum and L, vulgare these combinalions were first made by J,S. Pres! in Berchtold, O Prirosenosti Rostlin aneb Rostlinär, ii, (1830-35), p. 99. » (London 29/12/11).

36 TRIBU Il

hilo-micropylaire. La radieule forme toujours un surplomb plus

ou moins prononcé.

L. Adami Kincu. (fig. 51 et 52).— Graines globuleuses, brunrouge très foncé, presque noir, polies, à tégument lisse, comme toutes les autres. De profil, la saillie radiculaire est largement bombée. Elle forme un surplomb très net au-dessus du micropyle. Au-dessous de la cavité hilaire se voit une bosse très nette, début du raphé. A ce dernier correspond une zone un peu plus claire de la graine, qui s'étend jusqu'en bas, et se fond insensiblement dans la couleur générale du tégument. Au hile reste adhérent un débris du funicule qui pourrait faire croire à une légère expansion arillaire. Il a la forme d'une petite membrane papyracée blanc crème, qui tranche très nettement sur la couleur générale de la graine. De face, on ne voit pas le micropyle. Il est caché par la saillie radiculaire.

L. alpinum Lance, type (fig. 41 et 42). — Graines assez plates, ovales assez allongées, d'un bistre olivâtre plus ou moins foncé, polies (1). De face, le micropyle est caché par le surplomb en corne, de la saillie radiculaire. Le hile apparait eomme une toute petite tache sombre (concolore avec le reste de la graine) séparée du tégument proprement dit par un rebord blane, formant une très mince collerette. La dépression hilo-micropylaire est entourée d'un rebord tégumentaire très net. La forme du funicule est intéressante à signaler : ce dernier au lieu de se détacher de la graine, au niveau du hile, reste le plus souvent adhérent à cette dernière. La section à lieu au placenta. La partie done qui reste attachée à la graine a l'aspect représenté ici sur la figure 41.

La variété lucidion Kinen. (fig. 43 et 42 est plus large et moins longue, de contour général plus arrondi. La couleur est plus nettement olivâtre, la corne radieulaire est moins aiguë. La tache bilaire est analogue, à collerette blanche et à fond bistre, mais

4. lei comme chez les Genista, les graines sont vraisemblablement brillantes aussitôt après la récolte, et deviennent plus ou moins mates ou doucies pendant la dessiceation,

GÉNISTÉES 37

plus grande. Le raphé est rouge orangé plus vif, avee plage plus sombre exactement au milieu et bords clairs (jaunâtres). Le profil de cette graine permet de la ranger facilement dans l'espèce a/pinum, et les caractères que nous venons d’énumérer permettent de la séparer non moins aisément du type.

L. /Ælschingeri C. Koca (fig. 53 et 54). — Graines globuleuses, noir rougeàtre, assez petites, de contour presque orbiculaire, de profil. La radicule forme un surplomb qui ne dépasse pas le contour général de la graine. La dépression hilo-micropylaire est très excavée et très resserrée à Ja fois. Le hile n’est pas exactement au fond de la dépression, ainsi qu'en témoigne le mode d'insertion du funicule, comme je l'ai représenté (fig. 54). De face, la graine épaisse montre un hile circulaire à bordure plus claire, protégé par une saillie tégumentaire en bourrelet, tout autour. Ce bourrelet est extrêmement net. La saillie radiculaire s'indique comme une forte côte, et le raphé par une

tache un peu plus claire.

L. vulgare Gris, type (fig. 4 , 99 6t56).— Graines grosses, 4-5 millimètres de longueur, Se (3 millimètres d’épaisseur environ) quand elles ont été récoltées dans de bonnes conditions, noires quand elles sont müres, mates très peu de temps après la cueillette, ou tout au plus faiblement brillantes, orbiculaires réniformes, absolument lisses (1), sans arille. Hile

4. MM. Grenier et Godron (#4. fr., 1, 359) et Rouy (#4. fr., IV, 200) disent, à tort, que cetle espèce a les graines 4% éolées où munies à leur surface de petites fossettes “irrégulières. Je n'ai jamais remarqué ce fait tant sur les échantillons matrs que j'ai récoltés moi-même, que sur les plantés d'herbier que-j'ai pu examiner. L'erreur provient vraisemblablement de ce que les graines éludiées par les auteurs précités, avaient été recueillies non müres. Elles s'étaient alors ridées, en se recroquevillant légèrement, par un phénomène physique facile à comprendre : le tégument devenant trop grand pour son contenu. Toutes les aulres graines que j'ai examinées, Lant dans le genre Zaburnum que dans les genres voisins(Genista en particulier) sont trop semblables entre elles, pour qu'il ne soit pas surprenant de trouver l'indication d’un caractère si particulier, pour une seule (les espèces étudiées (et probablement — si c'était exact — la seule du genre). J'ai donné ici deux dessins de graines du Laburnum vulgare type. Elles sont

FIGURES 41 à 56. — LABURNUM LUDW.

5 millimètres

Fig. 41 et 42, L, alpinum Lana (type), de profil et de face. — Fig.-43 et 44, L. alpirum LANG, var. lucidum Kinon., de face et de profil, — Fig. 45 et 46, L.vulgare Gus. (Echantillon communiqué par M G. Rouy), de face et de

profil, — Fig 47 et 48, L.vulgare Gnis., var. quercifolium Kiron., de profil et de face, — Fig. 49 et 50, L,. Wattereri Dire, de profil et de face, — Fig, 51 et 52, Z. Adami Kincn., de profil et de face. — Fig, 5ë et 54, L. Alschingeri C. Kocu, de face et de profil. — Fig. 5 et 56,

L, vulgare Gris. ({ype), de profil et de face. (Echantillon récolté par moi en Normandie, Mes échantillons du Valais (Suisse) sont identiques).

La première échelle (6 4/2 millimètres) se rapporte aux petits dessins ; la deuxième (5 millimètres) se rapporte aux deux grandes figures du bas.

GÉNISTÉES 39

entouré d'une minuscule membrane, relevée en forme de fauxcol, et provenant soit de la prolifération des tissus tégumentaires au voisinage du hile (arillule), soit des vestiges du funicule qui ne s’est pas détaché rigoureusement au niveau de la graine, mais qui a abandonné sur elle quelque partie, toujours très faible, de lui-même (1). Cette espèce ressemble passablement au C. purpureus Scor. Je rappelle brièvement les caractères distinctifs des deux espèces, et pour plus de détails on pourra se reporter à la diagnose de cette dernière, où la question est traitée tout au long. Ici le tégument est plus lisse, la région de l'axe hypocotylé plus droite. La couleur du purpureus est plus claire.

La variété quercrifolium Kincu. (fig. 47 et 48) se distingue du type en ce qu'elle est un peu plus longue et moins épaisse, mais, comme elle, elle présente la caractéristique spécifique, à savoir : une bosse raphéale très nette, facilement visible de profil. Le rayon de courbure de la saillie radiculaire est assez prononcé. La radicule forme un surplomb très net au-dessus de la dépression hilo-micropylaire, limitée de l’autre côté par la bosse raphéale. De face, le hile apparaît comme une tache sombre entourée d’une mince collerette papyracée, blanche, ouverte du côté du micropyle. Le tout est entouré par un rebord tégu-

exécutées à des échelles différentes, peu importe : la plus grosse fera mieux comprendre la disposition de la région hilo-micropylaire. On pourra constater en tous cas, et c’est intéressant, que les caractéristiques sont les mêmes * chez les deux graines. J'ai exécuté la figure la plus grande d’après une graine provenant d’un lot récolté par moi, dans les meilleures conditions de maturité. Comme on le voit, ces graines sont restées parfaitement globuleuses, épaisses et lisses. L'autre figure a été faite d’après des graines authentiques de l’espèce en question, aimablement communiquées par M. Rouy. Ces graines sont brunes, à plages brülées. Elles sont aplaties par retrait du contenu. Il est évident que ce sont des graines non mures. Le tégument présente de larges fossettes, comme un ballon dégonflé. Gel envoi était accompagné de la note suivante : « Remarquez que ecs graines sont creusées mais, comme vous l'avez constaté, non littéralement alvéolées », Je pense que les éléments de la discussion étant mis sous les yeux du lecteur, il faudra seulement retenir de tout ceci que ces graines sont normalement globuleuses et lisses et dépourvues de toute espèce de dépression.

4. On trouvéra plus loin, une sérieuse confirmation de cette dernière

hypothèse.

mentaire très net, qui est très facilement visible à droite et à

gauche.

L. Wattereri Dir. (fig. 49 et 50). — Graines bistre olvâtre, assez plates, à profil extrêmement caractéristique ; la radicule brusquement coudée, très au-dessous du sommet, forme un bec en surplomb qui coiffe non seulement le micropyle, mais toute la région hilo-micropylaire. Une bosse raphéale très prononcée achève d'enclore cette région, presque complètement fermée. Au delà de la bosse raphéale, le raphé subit une dépression très sensible ; puis la courbure redevient normale. La forme générale de la graine est un peu celle d’une oreille. De face, la région hilo-micropylaire est presque complètement masquée ; on n’aperçoit qu'une portion de la collerette blanche du hile, entouré en haut par le bec de la radicule, en bas par la bosse raphéale, à droite et à gauche par deux bourrelets tégumentaires.

Maintenant que j'ai passé en revue les espèces ou variétés

dont Je disposais, je puis résumer dans un tableau synoptique les caractères différentiels de chacune d'elles :

TABLEAU SYNOPTIQUE

Bosse raphéale suivie d’une dépression . . . . . . 2 1 Pas de bosse raphéale, et par conséquent pas de dépresle éalobie SRE TROUS 6 # Saillie radiculaire proéminente mais non en bec . . . 4 Saillie radiculaire proéminente en forme de bec crochu . 3

Bec crochu très accentué, Bosse raphéale suivie d'une très forte

dépression . OR TUE Wattereri Bec peu crochu. Bosse raphéale suivie d’une dépression JOgère ei GUN MR alpinum iype

Graines largement ovales ne dépassant pas 4,5 millimètres. Région radiculaire très convexe . . . . . . Adami Graines ovales allongées, de 5 millimètres au moins. Région radiculaire assez nettement rectiligne . , . . : b)

ee) ER ne CR se

GÉNISTÉES A1

Rayon de courbure de la saillie radiculaire OPTION rit. dre Ua vulgare type Rayon de courbure de la saillie radiculaire assez

Unes PAL en ie oulgare var. quercifolium

rai î à ne hi 1 : Re « TE Uraines à peu près orbiculaires, ne dépassant pas 4,3 milli- DRBLCES ULMOITALPES PC. ei Te Enr Alschingeri R - (4 LU . . x Q .

Graines ovales-allongées, de 5 millimètres environ, bistre-

\ CU EN ee SN TA EE alpinum var. lucidum

Adenocarpus DC.

Je n'avais à étudier que quatre espèces :

commultalus Guss.

A. foliolosus DC.

A. Hispanicus DC.

intermedius DC.

k Eu

La présence de caroncule {c'est plus un arille; v. les définitions p. 46) chez deux d’entre eux, son absence chez les deux autres permettent tout d’abord de séparer en deux groupes ces quatre espèces :

Me Hispanicus Graines sans caroncule

intermedius

4 commulalus Graines caronculées

foholosus

La taille ensuite est un bon auxiliaire. En effet À. Hispanicus DC. (fig. 61) possède des graines atteignant et dépassant même 5 mm., tandis que chez les trois autres, elles ne mesurent guère que 2,5 mm. en moyenne. D'autre part les graines de cette espèce sont très plates et mates, les autres, au contraire, sont globuleuses. L'une des plus remarquables est A. intermedius DC. (fig.62), qui justifie son nom parce que la taille des graines est

intermédiaire entre celles de l’Hispanicus et les caronculées,

mais surtout qui est caractérisée par une surface vernie, d'un vert olivâtre tirant sur le brun, avec des marbrures d’un beau noir. La figure en mdique à peu près l'aspect.

La distinction des deux autres espèces est un peu plus délicate. Elles ont à peu près le même aspect extérieur, et on ne

FIGURES 57 à 62. — ADENOCARPUS LC.

10 millimètres

Fig. 57 et 58, À. foliolosus DC., graine entière de profil et caroncule vue de face, — Fig. 59 el 60, À. commutatus Guss., caroncule vue de face et

graine de profil. — Fig. 61, A. Jispanicus DC., de profil. — Fig. 62. À. intermedius DC., de profil, — Grossissements : Fig, 57, 60, 61, 62, six fois; fig. 58, quinze fois ; fig. 59, trente fois.

peut guère les distinguer que par la forme de la caroncule, ainsi que je l'ai figuré. Chez A. commultatus Guss. (fig. 59 et 60), en effet, la caroncule offre la forme très nette d'un fer à cheval, nettement ouvert d’un côté, tandis que chez A. foliolosus DC. (fig. 57 et 58) cette caroncule à un aspect très

GÉNISTÉES A3

irrégulier, et il est difficile de se rendre compte, même à la loupe binoculaire, du sens de l'ouverture. On se reportera, pour plus de clarté et pour suppléer à la présente explication, au dessin ci-dessus, car, même médiocre, ilest toujours plus explicite que là meilleure des descriptions. j

Ce que lon vient de dire peut se résumer dans.le tableau suivant. Je ferai seulement remarquer que je n'indique la différence des deux espèces caronculées que sous réserve, ear n'ayant pas eu entre les mains de spécimens de provenances diverses, Je ne sais si les graines étudiées étaient bien authentiques. Je ne donne donc cela que comme première approximation.

TABLEAU SYNOPTIQUE

À. — (GRAINES NON CARONCULÉES

Graines grosses, dépassant 5 mm , très Ro mates, à indentation

fortement marquée au hile . . . . RTE Hispanicus

Graines moyennes, de 2,5 mm. environ, à ciriacé brillante, olivâtre,

MATOS NOIRE ER TEE PSN CRE intermedius B. — GRAINES CARONGULÉES

Graines moyennes

li caroncule en fer à cheval très net. commulalus isses

CaronGUleirréeuliÈre ou, foliolosus

Spartium L.

Le genre Spartium L. est monotype. La seule espèce qu'on y range est le S. junceum L. (fig. 63 et 64), très belle Légumineuse qui abonde dans tout le midi de la France, et d'une façon plus générale dans toute la région méditerranéenne de l'Europe et de l'Afrique. D'après M. Rouy (£. c., IV, 240), elle se rencontre aux Canaries, en Arménie, Palestine et Syrie, ainsi que dans une grande partie de l’Asie Mineure. On la

retrouve aussi par places en Amérique du Sud (1) : c'était un fait à noter.

Les graines sont parfois « ovoïdes et jaunâtres », mais toutes celles que j'ai eu entre les mains étaientnettement aplaties et pour la plupart d'un beau violet pourpre légèrement brun. I n'y a guère qu'une graine sur quinze qui soit plus ou moins bistrée ou brune, ou parfois jaunâtre (2), mais dans une diagnose, il faut tenir compte des caractères moyens, et non des exceptions. On dira donc : 3

Graines de 3,5 à 4 millimètres environ, très plates, possédant une forte échancrure hilo-micropylaire, avec saillie radiculaire en surplomb. Vue de profil, la graine offre soit un contour ovale régulier, soit une silhouette plus ou moins nettement rectangulaire. Le tégument est lisse, passablement brillant, et possède souvent deux dépressions qui ne sont en rien comparables aux « alvéoles » dont parle M. Rouy à propos des

FIGURES 63 et 64. — SPARTIUM L.

3 millimètres

Fig. 63 et 64, S. junceum L., face et profil.

graines de Laburnum vulqare Gns. Dans ce cas, il y à eu méprise à cause des rides du tégument provoquées par retrait du contenu sur des graines récoltées avant maturité. Ici, les deux dépressions ont une origine embryogénique des plus

nettes : Ja première se manifeste depuis la région hilo-miero-

1, Cf. Encuenr et Prancr, Var. Pflansenfam., W\, 233. 2. Les graines jaunâtres sont peut-être avariées.

GÉNISTÉES 45

pylaire jusqu'au point d'attache de l'axe hypocotylé avec les cotylédons ; la deuxième, à peu près symétrique de la première par rapport au grand axe de la graine, vue de profil, s'étend environ depuis la bosse raphéale jusqu'au sommet de courbure opposé à la région hilo-micropylaire. L'une et l’autre (surtout la seconde) peuvent se voir très réduites, mais elles sont parfois si nettes et si bien développées que cela suffit à donner à la graine un aspect très particulier. Enfin, les débris du funicule, ou l'expansion de son point d'attache ont laissé sur le bord de la dépression — assez profonde — de la région bilo-micropylaire, une sorte de petite lamelle très fine, ayant parfois l'apparence de papier à cigarettes, mais parfois aussi déchiquetée : elle offre alors l'aspect d’un petit bout de fil à coudre qui aurait été cassé au ras de l'échancrure, et dont l'extrémité se serait détordue.

Les figures 63 et 64 qui accompagnent cette description aideront à comprendre l'aspect de la graine. On n'a pas représenté sur les dessins les dépressions tégumentaires dont J'ai parlé : cela aurait conféré au croquis un aspect qui aurait pu entrainer des erreurs dans l'esprit du lecteur.

Genista (L.) Roux

On sait — et j'ai transcrit ailleurs (1) l'opinion de M. Rouy, à ce sujet — que le genre Cytisus est extrêmement voisin, par tout un ensemble de caractères du genre Genista. A l'exemple de Scheele, M. Rouy a opéré la réunion du genre Cyfisus au genre Genista, objectant que la présence d’une strophiole chez la plupart des Cytisus et son absence chez la plupart des Genista ne sont pas des caractères assez fixes ni assez nets pour qu'on puisse maintenir la séparation.

J'adopterai ici le genre Genista. Je chercherai plus tard si l'étude de la graine permet d'opérer dans le groupe de ces

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