LIT
TABLEAU SYNOPTIQUE
Tégumient: 1f888 24.00", PR RE RUE 2 Tégüment nôn HS 2" : 0 EN US RME TE AR Graines sphériques ou presque. . . . : . . . . . 3 Graines -non'sphériques.: . 4.5.6 LÉ, Un 7 Graines pruineuses (2,5 mm.). . . . . sphaericus (type) Grainès noû DÉUIABGAGS à ue 01 77 LE) VE OR # Graines des AU RIUEE. 1 0 TU RU monlanus Graines des mir AH MORE 7 NN CR ù
Tache hiloïde égalant au moins la moitié de la circonférence de
la graine, quiestnoire . . . . 4 venosus Tache hiloïde ne dépassant pas le tiois de la circünférenice de la graine, Qui n'est pds noire... << 20 F0. 6
Graines grosses (6,5 mm.), bistre-violacé. Tache hiloïde jaune
d'ocré SILraliel en mue "RE Ochrus Graines moyennes (5 mi.) NU ou “bre To Tache hiloïde bistre-verdâtre, en creux . . . . . marilimus
Graines faboïdes , NE Graines non faboïdes ROME NUE Tache hiloïde plus pâle que le reste de la graine et tégument uni
de couleur parchemin, . . sula sativus (/l. albo) Tache hiloïde plus foncée que le réste de la graine et tégument
uni pu-imüuchelé, à. 57 acer ER 9 Graines de 6 mm. environ, à hile souvent rouge-brun. Cicera Graine de 10 mm, environ, à hile bistre-verdâtre. . : . 10
Grain vert d’eau ou violet pèle, moucheté de noir, Abyssinicus Graines unies, couleur parchemin, rarement brun-rouge clair (ocre rouge), à mouchelures noires. , 4 . sativus (type)
Graines lenticulaires . . . CURE NC EE PRE Aphaca
Graines en barillet . . sphaericus (var. Neapolitanus TEN.) Graines de formes différentes . , . . Mes: 12
CHER 06 d'Or OU MIRE Re 0 à +, € AL, 13 GAMERS 6 MIMEOU DAS. 6 due, 7 Lu «la 49
Graines brillantes, comme vernies, jaune-verdâtre, abondam-
bént-ararbrées de noir Mi Le 7, Hallersteinii Graines-peu brillantes GÙ'mates rain", 27 LR 44 rames monChelées-ratinitres ee A L'euiT UE, AT CRUE PONTS UITIES ES rh. de da Me ete VU 247 Tache hiloïde très vaste, rouge-brun, à rebord ocré . luteus TaehehnOMdemeédiO ren SET ES Cr rer sr 16 Tache hiloïde ovale, courte, Graines globuleuses pratensis Tache hiloïde allongée. Graines allongées. . . . . . 18 Graines angulenses RL: 7. L'hancurvus RôÔTE.
Graines ovoïdes : ". + . :.:.
niger
Graines ovoïdes allongées. Tache hiloïde atteignant le tiers de la circonférence de la graine, ou plus. Graines subanguleuses ou globuleuses. Tache hiloïde ne dépas-
sant guère le quart de la circonférence de la graine. DOPTUS Tache hiloïde très courte, mince, crème jaunâtre. arliculalus Fasné Dioide longue 6tlarée)s 20 es Ne ee" 20
Tache concolore avec le tégument. Attache du funicule propre-
ment dit, voisine du micropyle. : . 4: . . Clymentun Tache rosâtre, large, très visible. Attache du funicule propre- Mende 0SIDe TARA en 21
Saillie radicülaire se prolongeant sur le dos, par deux lignes noires qui forment une marbrure nette. Tache hiloïde ON EN TU Sr D ee 0 e CUPDUS. WIELD.
Saillie radiculaire se prolongeant sur le dos par deux lignes noires qui se perdent dans l'abondante moucheture noire. Tache hiloïde réctangülaire. : “2: : : . . . l'ingitunus
ét)
Téguiment réticulo-vermiculé. 27 Tégament échinulé 24 Tégument creusé de fossettes. . . . . . . . . 23 Fossettes très larges. Graines sphériques . laifolius (Kype) Fossettes presque imperceptibles. Tégument finement chagriné.
Graines ovoïdes allongées . . . . . . . . filiformis Graines très petites, polyédriques. . . angulatus WizLv. Graines de 2 mmecou moins 4 ler OR US Nissolia Gräines de mm. ou plus, ou 2 0 cm ne En 25
Graines grossièrement tuberculeuses, paraissant très rudes à
l'AC ‘ : PEL PAS DEN Tr hirsutus Graines très fidetent sbraulées: paraissant à peine chagrinées à L'OUEST ER Ne ON EE 26
Tache hiloïde égalant la moitié de la circonférence de la
Priest RÉ ACNNME "EN 2 Pyrenaicus Tache hiloïde FES er le tiers de Fe circonférence de Ja LPAIDS SN US PRE TR NP tuberosus
Tache hiloïde el le tiers de la circonférence de la CCLINÉ er ef SL UNE RATE 28 Tache hiloïde écalant: la moitié de la circonférence de la RER OS PER Te su 33
Graine brun-rouge clair, à bande médiane de la tache hiloïde
jeune d'Or Lo CN SERRES Monspeliensis Graines violet-pourpre, ou bistres, à bande médiane de la tache hilotde blanghätrs 4 OC RS RIRE 29 Graines bistre-verdâtre . , ARE heterophyllus Graines à légument violet- pourpre, violet-gris, violet-brun ou DrON LE, 4% te RIVE OR 30
Graines très finement chagrinées, paraissant presque lisses, à l'œil nu, Tache ovoïde grise, ovale, x bande médiane
JAUNE, 5, M ONE Ne NE DRE odoratus Graines grossièrement chagrinées CRT ENS UE ARE 31
AUache du funicule proprement dit près du micropyle. 32
Attache du funieule proprement dit près du raphé. splendens
39 MB TOUSONTIQUE ONCE, LRU, Len on 33 mr GTarnes violbtsombre.noirdtres ; se, 1. 34 Tache hiloïde bistre très sombre, à bande médiane mince,
39 HDERALNS EE ANR Let AT Ne, 08, ensifolius } Tache hiloïde plus ou moins blanche, à bande médiane conco- LE PR TT ns TN CCS RTL ER rotundifolius Croissant funiculaire jaune parchemin. . . . . Gorgoni
34 + Croissant funiculaire jaune paille, plus foncé au | AR Len 1 or er RE RON NRC RE TEE sulvestris Graines grossièrement vermiculées . :
35 à Graines à vermiculures très fines, paraissant lisses à l'œil LR EE EP RUE FE 2 56
an 2
Graines bistre-verdâtre. Bande médiane de la tache hiloïde, MAnChÔtses A. DAS NT EN JLUNdiiorus
| Graines violet-pourpre. Bande médiane ocrée . asphodeloides
TRIBU VIII. — Phaséolées
La tribu des Phaséolées est, me semble-t-il, de toutes celles des Légumineuses, la mieux caractérisée, la plus homogène. On peut dire, en effet, que presque toutes les plantes qu'on y range sont des herbes volubiles ou prostrées (parfois de grande taille et suffrutescentes à la base), dont les feuilles sont pennées trifoliolées, dont l’androcée est nettement diadelphe. On remarquera que ce caractère est si constant dans cette tribu, ainsi que la disposition des folioles, que l'on ne peut fonder sur eux aucune analyse de genres. Bien entendu, il y a des exceptions, mais elles sont rares.
Si le port de la plante présente dans cette tribu une constance fort remarquable ainsi que la constitution de sa fleur, il en est de même de la graine, qui offre toujours plus ou moins la forme d'un haricot. On peut done, sans hésitation en général, rapporter une graine de Légumineuses à la tribu des Phaséolées quand elle présente cette forme, car c'est la seule tribu où les graines présentent ce caractère (1). Souvent aussi, les téguments sont parés de riches couleurs et les graines atteignent une très. forte taille : on peut done dire que c’est dans cette tribu que se angent les plus beaux représentants séminologiques de tout le £sTroupe.
Cette tribu est l’une des plus importantes des Légumineuses : elle compte 60 genres environ et plus de 820 espèces. La plu-
4. On a vu plus haut qu'une espèce de PDesmodium (D. gyroides, DC.) présente une forme plus ou moins analogue à celle d'un haricot, Cette forme se retrouve aussi chez quelques autres graines, n'appartenant pas à la tribu des Phaséolées, mais c'est exceptionnel.
id. à
PHASÉOLÉES 315
Répartition géographique des PHASÉOLÉES
Amérique
Europe Asie
Afrique cg —| Océanie
Totalité du Continent
Nord Est Sud Ouest Sud-Est Sud-Ouest Nord-Ouest
Centre
Centre-Nord Centre-Est Centre-Sud
Centre-Ouest
Région méditerr.
totale
Région méditerr.
orientale
Région méditerr.
occidentale
Montagnes Nord Montagnes Est Montagnes Sud
Montagnes Ouest Montagnes Centre
Montagnes Nord-Est
Montagnes Sud-Est
Sud-Oucst
Montagnes Nord-Ouest
Déserts
Asie-Mineure
part des représentants de cette tribu sont exotiques et habitent les régions tropicales; on se rendra compte de la répartition des Phaséolées en jetant un coup d'œil sur le tableau statistique reproduit ci-dessus.
L'examen de cetableau montre que la tribu des Phaséolées est étroitement groupée et non disséminée comme quelques autres, ainsi qu'en témoigne la répartition des chiffres dans les différentes cases. On constate ensuite que la tribu a son pôle de diversité dans la partie méridionale de l'Asie, et surtout dans l'Inde péninsulaire et les premiers contreforts de l'Himalaya (Népal. ?
Mais cette grande agglomération est très limitée : elle s'étend un peusur les Philippines, la Chine et le Japon, mais ne touche ni à la région sad-occidentale, si riche en Légumineuses d'autres tribus, ni à la Sibérie où on en rencontre aussi de nombreux représentants. Cette particularité est fort remarquable.
Je ne parlerai pas de l'Europe, où l'on ne rencontre guère que le genre Phaseolus L. Encore estAl fort difficile de savoir dans quelles régions et dans quelles limites ce genre est bien spontané, en raison de la culture qu'on lui fait subir partout à cause de sa très grande utilité dans l'alimentation de l'homme.
in Afrique, c’est la région tropicale qui compte le plus de Phaséolées, surtout dans l'Est, y compris Madagascar. Mais on en rencontre assez abondamment aussi sur la côte orientale du continent, depuis le Natal jusqu'à F'Abyssinie, et sur la côte occidentale, depuis PAngola jusqu'au Congo et à la Guinée. La région du Cap possède aussi quelques Phaséolées tandis que le Sahara semble mettre une infranchissable barrière à leur propagation vers Le Nord, L'Algérie et la région méditerranéenne en sont dépourvues.
L'Amérique est plus intéressante à étudier dans le cas présent, car ici encore, loute la région tropicale en possède de nombreux représentants, depuis Le sud des Etats-Unis et le Mexique, jusqu'à l'Uruguay et l'Argentine, mais on remarquera que dans l'Amérique centrale, ce sont surtout les Antilles qui paraissent favorisées au détriment du continent : on y en rencontre beaucoup. De même, dans l'Amérique du Sud, elles
PHASÉOLÉES OLE
peuplent surtout le Nord, le Nord-Est, les campos brésiliens, Le Paraguay, et semblent arrêtées par la Cordillère des Andes. On n'en trouve presque pas dans les hautes régions montagneuses du Nord-Est et les auteurs n'en font pas mention au Chili.
L'Océanie tout entière en possède un assez grand nombre, mais la région privilégiée est Le nord de l'Australie, la Nouvelle Guinée, Bornéo et lesiles de PArchipel Malais proprement dit : Java et Sumatra (surtout Java). Ces iles opèrent done la réunion au pôle de l'Asie méridionale.
En résumé, la tribu des Phaséolées est surtout composée de plantes tropicales, et les cercles du Cancer et du Capricorne semblent arrêter assez exactement toutes les espèces, dont un petit nombre seulement les dépasse vers Le Sud, particulièrement dans la région du Cap, l'Argentine et l'Australie. Vers le Nord, la limite est plus absolue, surtout du côté du Japon, et encore la limite de cette tribu vers le Nord, est-elle attemte en Asie, à peu près à la latitude de Naples.
La planche IX résume d’une manière simple Les résultats que je viens d'énoncer.
Je dois à l'obligeance d'un certain nombre de voyageurs et de botanistes bienveillants la petite collection de Phaséolées que j'ai pu étudier : on verra que toutes les espèces présentent une ressemblance frappante dans leurs caractères généraux. Les genres que j'ai pu étudier sont les suivants :
Erythrina L.
Canavalia Apaxs.
Phaseolus L.
Kerstongiella (Aucr. ?) Mucuna L.
Vigna Savi Dolichos L.
Kennedya VEnr.
Pachyrrhizus Ricu.
$ Soja SA
Comme on le verra à l'étude particulière du genre Phaseo-
318 RIBU VIH
dus L. j'ai pris quelques exemples pour faire voir que si la morphologie séminologique peut rendre de grands services daus la plupart des eas, elle perd à peu près complètement son intérêt pour distinguer des espèces appartenant à un genre comme celui-ci: en effet, on pourra remarquer aisément que les graines de diverses sortes de haricots (P. vulgaris L.) présentent entre elles bien souvent des différences au moins aussi considérables que d'autres espèces bien définies. Il ne m'appartient pas de rechercher ici l'affinité des différentes espèces ni leurs limites, mais j'ai trouvé juste de présenter la question de l'étude des graines sous un jour nouveau, pour ne pas rester toujours dans la mème idée, et pour répondre d'avance à l'objection que ne manqueraient pas de soulever les lecteurs à ce sujet, en arguant de cet exemple pour infirmer d'un mot toute la théorie que je nr'efforce de défendre et qui mérite de l'être.
Erythrina L.
Le genre Erythrina L. comprend une trentaine d'espèces tropicales, possédant toutes des graines grosses et très belles, dont la plupart ressemblent à des haricots de grande taille. Elles sont, en général, magnifiquement colorées.
Les trois espèces que j'ai pu me procurer sont les suivantes :
ï. Crista-Galli L.
E, Indica Lx.
E. lithosperma Sw.
Les dessins que j'en donne renseignent suffisamment pour que Je puisse, dans mes descriptions, être aussi bref que possible.
E. Crista-Galli L. (fig. 553 et 554). — Graines rouge-sang, globuleuses, où parfois un peu allongées en fuseau, fortement bombées alors par le milieu. Hile oblong, gris cendré assez
CS
Les
PHASÉOLÉES 319
foncé, ayant l'aspect d’une mince pelure, fendue en long, collée sur un coussin à peu près de même forme, trois fois plus large, noir mat, qui semble enfoncé dans le tégument. Celui-ci en effet Le reborde nettement et forme contraste paree qu'il est très brillant. Le micropyle, très visible, donne l'impression d’un trou d'aiguille, il est très net, entouré par un léger rebord tégumentaire estompé.
E. Indica Lx. (fig. 551 et 552). — Graine ressemblant à un très gros haricot brun chocolat clair, bien frane, lisse, brillant, avec une très forte dépression hilo-micropylaire, formant un méplat de 6 X 9 millimètres, sur la graine qui mesure environ 18 millimètres de longueur. Le hile est ici d’un brun sale. Il porte au milieu une fente extrêmement nette, qui a l'air tracée au canif; il est bordé, tout autour, d'une légère membrane jaunâtre. L'ensemble à un contour un peu spatulé, avec la partie large du côté du micropyle. Celui-c1 a l'aspect d’un minuscule trou d’épingle, il est entouré par le rebord tégumentaire. Il faut noter en passant, que le hile est généralement plan, mais qu'il présente souvent, à son extrémité raphéale, une très forte dépression, petite, qui a l’air d'un trou, et que l’on peut prendre, à première vue, pour le micropyle. Il n’en est rien, car le micropyle n’est jamais dans la surface hilaire ; l'erreur serait cependant d’autant plus aisée à commettre que, à côté de cette excavation, le tégument présente une saillie très nette : le raphé, que l'on pourrait prendre, par un examen un peu trop hâtif, pour la saillie radiculaire.
E. lithosperma Sw. (fig. 549 et 550), — Le qualificatif lithosperma me semble un peu exagéré. Car cette graine ressemble simplement à un très gros haricot violet-pourpre très foncé. Elle est à peu près de même faille que la précédente, à tégument lisse, brillant, portant sur le dos une forte côte, comme les deux parties d’un moulage qui serait mal fini. Le hile présente ici un aspect très régulier. IL s’offre sous la forme d’une tache très ovale, roux-noirâtre, fendue dans la longueur et très nettement arrêtée par le rebord tégumen-
FIGURES 549 à 554. — ERYTHRINA L.
CE
13 millimètres
lis. 549 el 550, £, lithosperma SNW., face et profil, — Fig. 551 et nn, e Le E. Indica Vx., face el profil, — Fig, 553 et 554, Æ, Crista-Galli L., face
el protil,
Sig «hé d F - + -
PHASÉOLÉES 321
taire, qui le limite et le surplombe. Mais le rebord tégumentaire s'éloigne un peu du hile, dans la région micropylaire de manière à faire le tour du micropyle, qui se révèle ici comme un assez grand trou pratiqué dans le tégument, de couleur
Jaune-orange en cet endroit. C'est donc toute la région hilomicropylaire qui est logée dans la dépression du tégument, IL faut noter que très souvent cette graine est tronquée, et comme coupée en carré, à chaque extrémité. Elle offre alors, un peu, l'aspect d'un barillet. Cette modification morphologique a une cause purement mécanique, dans la pression exercée par la gousse sur la graine, durant son développement. Je ne la signale qu'en passant, et à simple titre documentaire.
On peut distinguer ces trois espèces de la manière suivante :
TABLEAU SYNOPTIQUE
\ Graines subglobuleuses, rouge sang, de 7-8 min. de lonl EU NOR CRE «C. RER EE Crista-Galli | Graines en haricot, de 18 mm. de longueur environ. . . 2 Graines violet-pourpre foncé. Grand micropyle. Hile assez régulièrement ovale SAT ET de PAR lthosperma Graines brun chocolat clair. Petit micropyle. Hile spa- DER ee SRE uns Indica
LS
Je rappellerai en passant que VE£. Crista-Galli L. est une plante ornementale, dont les indigènes utilisent souvent les
graines à la parure,
Canavalia Apans.
Le petit genre Canavalia Apans. comprend une douzainé d'espèces habitant les régions chaudes des deux hémisphères, et particulièrement le Brésil: Je n'ai pu étudier qu'une seule éspèce :
Capitaine 2
322 TRIBU vil C. ensiformis DC.
Les graines, qui atteignent 22 à 24 millimètres de longueur environ, sont ovales (voyez figures 555 et 556), fortement bombées, brillantes, d'un beau blanc pur, sauf à la région ombilicale. Gelle-ci, ainsi que le représente la figure 555, est marquée d’une plage colorée en rouge-brun (et figurée par des hachures). Cette plage est à peu près limitée au rebord tégumentaire qui entoure la tache hiloïde et englobe le micropyle, visible comme un minuscule entonnoir. Une partie du funicule
FIGURES 555 et 556. — CANAVALIA Apaxs.
AA 4 L j.
LR RS |
20 millimètres
Fig. 559, C. ensiformis DC., vue de face. — Fig. 556, même espèce, vue de profil.
reste adhérente au bord de la tache hiloïde, sous forme d'une petite crête plus ou moins déchirée, et il est fort remarquable que c’est toujours du même côté, c'est-à-dire au bord supérieur gauche, si l'on regarde la graine dans la position de la fig. 555. Cette petite membrane, d'aspeet papyracé, de couleur parchemin clair, translucide, forme une crête de 2 millimètres de haut sur 3 millimètres de longueur environ, en général, La tache hiloïde, ovale très allongée, est d’un gris-noirâtre sur les bords
PHASÉOLÉES 323
sa couleur passe au rouge-brun parfois insensiblement, le plus souvent brusquement, au centre, où l’on voit un étroit et clair sillon longitudinal.
Cette espèce croît dans l'Uruguay et le Brésil méridional.
Phaseolus L.
Le genre Phaseolus L. comprend en tout environ 150 espèces habitant surtout les régions chaudes des deux hémisphères. On l'indique aussi dans l'Europe méridionale, mais il me parait difficile de se prononcer à cet égard. Les cultures variées et nombreuses dont le P. vulgaris L. est l'objet, ont amené la création d'un nombre de formes considérables. Je pourrai citer par exemple : le Haricot blanc, le Soisson, le Flageolet, le Chevrier, etc., qui tous portent les noms que leur donnent les commerçants, et qui présentent entre eux des différences morphologiques aussi et plus considérables que ne peuvent le faire souvent deux espèces bien distinctes. J'ai donné ici, comme exemple, quelques croquis de diverses formes du P. vulgaris L., on verra qu'elles sont très dissemblables. Ceci semble infirmer la théorie, et on pourrait en conclure que l'étude morphologique des graines ne conduit à aucun résultat sérieux et que les graines ne possèdent aucune valeur systématique. Il n’en est rien et la première réponse, qui vient à l'esprit, est de dire que précisément les formes horticoles du haricot dont je parlerai tout à l'heure ont dans leurs graines une telle valeur systématique, qu'on ne les distingue que par là, et que c’est uniquement des graines qu'on parle dans le commerce de ces végétaux. Mais en outre, les recherches que j'ai faites me permettent d'affirmer, qu’à part certains genres comme celui-ci, qui sont pour ainsi dire un peu aberrants, on trouve chez les autres un résultat absolument inverse. C'est-à-dire que les graines des diverses espèces bien distinctes (le mot « espèce » étant pris au sens de Linné) présentent entre elles des différences très sen-
FIGURES 557 à 561. — PHASEOLUS L.
10 millimètres
Mig, 597 el 558, P, Wightianus R. Gnan., face et profil. — Fig. 559 et 560, P. derasus Scnraxk, face et profil, — Fig. 561, P. Caffer Has., profil. {Voir fig. 567 la vue de face de cette espèce]. — Fig. 562, 2. vulgaris L. Fa, 8 (— Chevrier vert), face. [Voir fig. 568 la vue de profil de cette espèce]. — Fig. 563 et 564, P, Mungo L., profil et face,
PHASÉOLÉES 325
sibles. Les caractères qui permettent de Les séparer sont parfois peu visibles : il faut pour trouver des différences vraiment dignes de ce nom, faire usage de la loupe ou du binoculaire, mais elles n’en sont pas moins très réelles. Il est à peu près certain, par contre, que n'importe quelle forme culturale du P. vulgaris L. abandonnée à elle-même, ou bien périrait si les conditions biologiques du milieu n'étaient pas à sa convenance, ou bien retournerait, en un temps indéterminé, à un type ancestral qu'on ne connait peut-être plus, tant est lointaine l’époque où la culture l’a transformée. Et cette forme ancestrale est peut-être une espèce très connue mais avec laquelle on ne voit d'abord aucun lien.
Il ne faudrait donc pas trop faire état de ce qui va suivre, et j'insiste beaucoup pour faire comprendre qu'ici j'ai voulu donner un exemple sensiblement contraire à tous ceux qui illustrent ce travail.
Les espèces ou formes que J'ai pu examiner sont, par ordre alphabétique, les suivantes :
P. Caffer Has.
P. coccineus L.
P. derasus SCHRANK P. multiflorus Nip. - P. Mungo L.
P. vulgaris L. (type) (1).
» fa ©.
» fa 6 [— Chevrier vert].
P. Wightianus R. Gran.
Je passerai rapidement en revue chacune de ces espèces ou formes, et je résumerai leurs différences dans un tableau réca-
pitulatif.
P. Caffer Has. (fig. 561 et 567). — Graines de la forme et
1. J'appelle type le petit haricot blanc ordinaire, si tant est qu'on puisse dire : P, vulgaris L., type. ;
de la taille d'un haricot ordinaire, à tégument entièrement d'un beau noir brillant, lisse. Tache hiloïde ovale-allongée, très blanche, comme le micropyle, visible à l'œil nu sous la forme d’un minuscule entonnoir blanchätre, au milieu de l'épaisseur du rebord tégumentaire. Celui-ci montre d'abord une première saillie très fine, presque tranchante ; puis le rebord proprement dit, en pente douce, large et trapu, dessine à la région ombilicale une sorte de plate-forme assez nette, linitée par un changement de courbure du tégument à cet endroit. Cette espèce ressemble beaucoup au P. derasus Scaraxk. On l'en peut cependant distinguer par une taille nettement plus petite, ainsi que l'indique la figure 559. En outre chez cette dernière espèce, la région ombilicale forme une plate-forme beaucoup plus évasée, plus large, ainsi qu'on s'en rendra compte en comparant les figures 599 et 567.
P. coccineus L. (fig. 573 et 574, pl. IX bis). — Cette espèce a des graines énormes, atteignant 25 millimètres de longueur, ressemblant vaguement à un très gros haricot, mais s'en distinguant par la présence d'un rebord dorsal très fortement caréné, qui est sensible au toucher comme une crête très nette. Tégument lisse, dur, très brillant, de couleur lie de vin ou lilas comme teinte de fond, avec une tache noire qui débute aux abords de la région ombilicale et s'étale en éventail sur les deux faces ventrales, pour mourir avant la carène dorsale, en un enchevèêtrement de marbrures noires finement fimbriées. La tache noire épargne la saillie radiculaire et la région ombilicale, comme l'indique la figure 573, La teinte de la région ombilicale, tout entière occupée par le rebord tégumentaire, est d'une couleur beaucoup plus foncée que le reste du tégument, lie de vin foncé où brun-rouge, Tache hiloïde ovale allongée, blanche, cernée par Le rebord tégumentaire. est à remarquer que le micropyle est nettement séparé de la tache hiloïde par le rebord tégumentaire. La distance qui les sépare est d'au moins 0,5 millimètre. Cette espèce ressemble étrangem ont à la graine du P. multiflorus Wisvp. (fig. 571 et 572). Ici, la tache noire est peut-être plus compacte aux environs de la région ombilicale, et la carène
PHASÉOLÉES 327
dorsale plus obtuse, mais ces deux caractères me semblent bien faibles. Je crois, jusqu'à plus ample informé, que par une erreur comme 1l s'en présente quelquefois, j'ai deux fois la même espèce sous deux noms différents (?).
P. derasus Scaraxk (fig. 559 et 560). — Graine ovale, allongée, subréniforme, de la taille d'un très petit haricot ordinaire, mais souvent tronquée aux deux extrémités, ce qui confère au profil un contour plus où moins en parallélogramme. Tégument lisse, brillant, entièrement noir. Région ombilicale très évasée, formant comme une petite cuvette au centre de laquelle se voit la tache hiloïde, blanchätre, ovale, de petite taille et assez large. À première vue, cette espèce ressemble beaucoup au P?. Caffer Har. On l'en peut distinguer par l’évasement de la région ombilicale plus prononcé, par une tache hiloïde beaucoup plus courte,.de forme plus largement ovale, par une taille enfin nettement plus petite.
P. multiflorus Wuuv. (fig, 571 et 572, pl. IX és). — Graines très grosses, ressemblant beaucoup au ?. coccineus L. Tégument brillant, blanc uni (unicolore), ou café au lait, ou lie de vin, ou rouge-violacé, muni sur les faces ventrales d’une forte tache noire épargnant la région radiculaire et plus rarement la région raphéale, mourant avant la crête dorsale en une frange fimbriée très curieuse. La tache hiloïde, blanche, est nettement séparée du micropyle par le rebord tégumentaire de couleur carmin généralement foncé. I semble si difficile de séparer les graines de cette espèce de celles du 2. coccineus L. que je ne serais pas surpris d’une erreur de noms (1). Cependant, ïil ne faut pas oublier qu'ici, dans le genre Phaseolus L., on est en face d'une surprenante contradiction : les graines de la même espèce, appartenant à des formes culturales différentes (cas du P. vulgaris L.) présentent entre elles des différences considéra-
1. Toutefois la comparaison attentive de plusieurs lots semble amener à conclure que l'espèce dont il est ici question doit avoir, en général, des graines beaucoup plus petites que P, coccineus L., et de la taille d’un gros haricot seulement,
bles, alors que des graines d'espèces nettement différentes
(P. Caffer Man, et P, derasus Scarank, par exemple) sont
FIGURES 565 à 570. — PHASEOLUS L,. (suite)
agente
[À if ë HRÈRE