PAT
Depuis 3 ans, le malade présente un syndrome périodique tardif douloureux avec, tous les 2 mois environ, une crise d’une quinzaine de jours, caractérisée par des douleurs postprandiales tardives survenant vers 4 à 5 heures de l’aprèsmidi. Le malade accuse une sensation de crampe et de torsion vive, calmée par l’ingestion d’alcalins.
Les intervalles libres semblent respectés; toutefois, l’existence de pituites matinales, d’un léger tremblement de la langue, le facies, la profession, les cauchemars, mettent une teinte éthylique certaine.
Depuis 2 mois, la crise n’a pas cessé; chaque jour, elle résiste aux alcalins, survient également le soir vers 10 heures et 11 heures et s’accompagne de vomissements alimentaires.
À l’examen, sensibilité épigastrique sans irradiations, foie un peu gros et sensible. T. A. 12/8, réflexes normaux. Rien dans les urines. On pense à une association éthyle-ulcère.
La radio, pratiquée le 27-2-41, montre une niche de la partie inférieure de la portion verticale de la petite courbure, de dimensions moyennes. Un spasme réactionnel de la grande courbure. En outre, la région sous-ulcéreuse, au niveau du Sulcus, est parfois irrégulière, comme déchiquetée.
On pose le diagnostic d’ulcère gastrique et on commence le traitement par la protéinothérapie intraveineuse.
Le malade est revu un mois après. Les 12 injections de protéine n’ont entraîné qu'une diminution partielle des douleurs, mais les vomissements ont cessé et le malade a repris 1.500 gr. |
Une deuxième série de clichés, pratiquée le 3-4-41, montre la persistance de la niche qui, sous certaines incidences obliques, semble même avoir augmenté de volume. Par contre, J’aspect irrégulier de l’antre, constaté la première fois, a complètement disparu.
Considérant le cas comme suspect et penchant vers l’hypothèse d’une dégénérescence possibie, on conseille l’intervention.
‘." Celle-ci a lieu le 15 avril 1941 (Docteur Claude OLIVIER),
après avoir été précédée d’un troisième contrôle radiologique où la niche apparaît constante sur tous 1es clichés, et parfois ‘reposant sur une paroi rigide.
Le chirurgien ne remarque rien d’anormal et trouve, à la
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face interne et postérieure de la petite courbure, un ulcère grand comme une pièce de 5 francs, dont le fond est formé par le corps du pancréas. Gastrectomie. -
A l'examen de la pièce (Professeur agrégé GAUTHIER-VIL- LARS), ulcère gastrique sans modification de la muqueuse voisine, sans lésions, évoluant vers la perforation, sans lésion de dégénérescence maligne.
Suites opératoires normales. Sort guéri le 7 mai.
OBSERVATION N° 7. —— Opéré en 1936 à l'Hôpital Tenon (Pavillon Dolbeau), avec le diagnostic de niche géante de la petite courbure. — Tumeur inextirpable, avec grosse réaction ganglionnaire inflammatoire.
3 ans aprés, estomac radiologiquement normal avec rétraction de la petite courbure. — Autopsie : cicatrice d'ulcère bénin guéri par cicatrisation.
Gaston Ren.…, 66 ans, manœuvre.
Entre à l'Hôpital Tenon, le 13 juin 1939, pour bronchite aiguë.
Hospitalisé Salle Montyon, dans le service du Docteur CaR- RIÉ. .
À l'examen, on découvre une cicatrice de laparotomie sus et sous-ombilicale.
L’interrogatoire apprend que, trois ans auparavant, le malade avait été hospitalisé au Pavillon Dolbeau pour dyspepsie récente datant de trois mois, vomissements et gros amaigrissement.
— L'absence de passé digestif,
— L’atteinte de l’état général,
- La présence de sang dans les selles, enfin l'existence d’une niche géante de la région du Sulcus font craindre un cancer gastrique et décident à intervenir.
Le compte rendu opératoire mentionne que le chirurgien est tombé sur une volumineuse tumeur gastrique, adhérente
M. FONDEVILLE PLANCHE IT
Observation N°8. — Niche géante de la petite courbure avec aspect en ménisque.
Observation N°8 — Disparition totale de la niche après proteinothérapie.
G. Deberque, Imp., Paris. A. Legrand et ]. Bertrand, Editeurs.