LA CLINIQUE
Contrairement à la neurologie ou à la cardiologie, par exemple, où l’étude des réflexes d’une part, et l'examen de l’appareil cardio-vasculaire d’autre part, s’avèrent capitaux, en gastro-entérologie, l'examen clinique ne donne qu’assez peu de renseignements précis. Par contre, l’interrogatoire va revêtir une importance capitale, interrogatoire qui devra être minutieux et précis, et suffisamment proiongé. Le médecin devra savoir s’armer de patience afin d’éviter les digressions du patient qui relate avec complaisance les diagnostics déjà pratiqués sur lui, en donnant son avis, et les nombreuses thérapeutiques suivies, — mais demeure en général succinct sur les signes subjectifs qui sont les plus importants pour le gastroentérologue.
Dans. les cas types, lorsqu'il existe un syndrome douloureux tardif périodique net, on peut à coup sûr
‘faire d’emblée le diagnostic d’ulcère, surtout si l’ingestion d'aliments ou d’alcalins calme les douleurs.
.Détaillons chaque terme qui a son impertance.,
—— La douleur siège en général à l’épigastre, ou.sous le rebord costal gauche, elle irradie parfois dans le
Aloe
dos — douleur en broche — caractère classique, ailleurs remonte le long du sternum, ou vers le cœur, pouvant faire croire à un syndrome angineux (DEcoUuRT et BASCOURET), enfin aussi vers la droite.
Parfois très vive, elle peut être modérée, ne constituant qu'une simple gène; elle s'accompagne souvent de sensation de crampe, de torsion; quant aux brûlures proprement dites, elles sont souvent le siège d’une gastrite associée.
- L'horaire et la périodicité constituent les deux caractères fondamentaux de cette douleur.
C’est en général de une à trois heures après les repas que le malade commence à souffrir, parfois même quatre ou cinq heures, et ce aussi bien après le déjeuner que le diner. La durée est variable, plusieurs heures en général, à moins que le malade ne la calme lui-même par l’ingestion d’aliments ou d’alcalins.
En effet, le bismuth et les sels alcalins ont un heureux effet d’apaisement et calment en général la douleur assez vite, de même d’ailleurs que l’'ingestion d'aliments, de pain en particulier, — petit moyen que connaît parfaitement le malade. Parfois même, la douleur revêt le type de fringale qui est également calmée par la prise de n’importe quelle nourriture.
— Enfin, dernier caractère, cette douleur tardive évolue par crises, d’une durée variable de une à six semaines, en moyenne quinze à vingt jours. Ces crises surviennent une à deux fois par an, tout au moins au début de la maladie, et dans leur intervalle le malade ne souffre absolument pas, tolère n’importe quel