ODE
en 1918, consiste dans l'injection sous basse pression de 2-3 litres d’oxygène dans la cavité péritonéale. La méthode est encore plus incertaine que la précédente, elle demande un appareillage compliqué et présente en outre un danger: celui d'atteindre une anse intestinale.
L'urographie. — L'introduction de la pyélographie veineuse dans la pratique courante par V. Lichtenberg et Swick a été regardée par la plupart des auteurs comme un pas en avant vers la solution du problème du diagnostic précoce des tumeurs rénales. Mais l'application de plus en plus large de la méthode apporte journellement un large démenti aux assertions précoces des premiers auteurs, trop enthousiastes, qui se sont occupés de la question.
Le fait que l’urographie intraveineuse produit habituellement une opacification du tissu rénal secréteur faisait espérer que la lésion dégénérée trancherait en clair, par son élimination diminuée. On croyait arriver par ce moyen à dépister des petites tumeurs qui n'avaient pas encore produit la déformation des cavités pyéliques et des contours rénaux. Encore plus, Sgalitzer a publié un cas de tumeur probable du rein de petites dimensions qui se dessinait par sa moindre opacité sur l’image néphrographique; le contrôle opératoire manque pourtant, dans ce cas.
De même, Gütig et Herzog sont d’avis que lurographie peut arriver à exclure la possibilité de l’existence d’une tumeur, alors même que la clinique et la pytlographie rétrograde la font soupçonner.
Il est très facile de se rendre compte de l'échec relatif de cette méthode dans les cas de néoplasmes rénaux en considérant les facteurs qui sont à sa base. La réussite est conditionnée par deux facteurs : un bon fonctionnement rénal et un certain degré de stase qui favorise la concentration de la substance de contraste dans les voies urinaires.
Mais la valeur fonctionnelle du rein est diminuée dans la majorité des cas et, d’autre part, la dynamique est parfaitement conservée; un autre facteur qui diminue les succès de la méthode est une perte de capacité bassinetale par envahissement tumoral, la substance de contraste se présentant ainsi aux rayons, sous une moindre épaisseur.
La conservation d’une parfaite dynamique pyélo-uretérale fait que nous ne puissions pas toujours compter sur une image complète de l'arbre urinaire.
Ainsi donc, les facteurs conditionnant une bonne reussite de la pyélographie intraveineuse se trouvant en défaut dans les cas de tumeurs rénales, nous pouvons affirmer l'insuffisance de la méthode pour le diagnostic de l’affection.
Le Professeur Hoïtolomei, de la Clinique urologique de Bucarest, à qui nous empruntons ces considérations sur lurographie intraveineuse, a obtenu une seule fois par cette méthode un cliché nettement concluant, permettant à lui seul d’affirmer l’existence d’un néoplasme rénal. Dans tous les autres cas, par contre, les résultats ont été absolument insuffisants.
Dans ces conditions, il semble que l’urographie veineuse doit être réservée aux cas où le catheterisme uretéral est impossible; quand il existe une papillomatose vésicale ct qu’on veut infirmer ou affirmer une dissémination possible à l’arbre urinaire supérieur.
Avant d'aborder la méthode qui fait l’objet de la presente thèse, il reste à dire quelques mots de la
Pyéloscopie. — La pyéloscopie pourrait suppléer pour Legueu, Fey et Truchot, à l’insuffisance de la pyélographie, surtout pour les tumeurs débutantes; d’après ces auteurs, il existe un signe que seulement la pyéloscopie arrive à dépister : c’est la rigidité segmentaire de l’ombre dans la région tumorale. Cette rigidité attire l'attention par l’immobilité d’une portion du contour pyélique par
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contraste avec l’extrême mobilité du reste de l’image. La méthode a un autre avantage aussi; c’est celui de faciliter la palpation de l’organe sous l'écran permettant ainsi d'obtenir des impressions nettes sur le siège et la topographie de la tumeur.
La rigidité segmentaire est très difficile à préciser : elle demande une grande pratique et même quand on la retrouve, on n’est pas sûr qu’elle soit provoquée par une tumeur. Ainsi tout processus inflammatoire un peu ancien et ayant provoqué des lésions cicatricielles, peut la reproduire. Cette méthode, outre la technique compliquée, demande une grosse expérience et est d’une application difficile dans certains cas (sujets obèses).
LA PYÉLOGRAPHIE RÉTROGRADE
Nous avons vu par ce qui précède que l’examen radiologique du rein et en particulier de ses cavités, est une chose malaisée. C’est à peine si, grâce à une technique très précise et aujourd’hui bien réglée, les contours extérieurs de l’organe sont plus ou moins nettement visibles sur de bonnes épreuves. L’uretère, le bassinet, les calices ne sont jamais apparus.
Pour les rendre visibles, on a coutume de les remplir avec un liquide de contraste, opaque aux rayons X, et l’on utilise dans ce but l’uroselectan ou des produits similaires qui les dessinent en noir sur le fond plus clair de l'organe ambiant; ou bien comme nous l’avons, vu, on provoque l'élimination du produit opaque par le rein luimême (urographie intraveineuse).
Tel est le principe de la pyélographie qui fait apparaître sur le cliché, avec une merveilleuse netteté, la silhouette pyélo-calicielle sous l’aspect d’une tache noire à contours précis; mais qui ne nous donne aucune indication sur le contenu du bassinet et des calices.
L'idée d’insuffler les cavités rénales avec un gaz transparent fournissant le contraste inverse devait tout naturellement venir à l’esprit des urologues et, en fait, les premières tentatives en ce sens furent réalisées par Lichtemberg et Dielten en 1911. Cette méthode, longtemps abandonnée, a été reprise par Chauvin, qui a mis au point sa réalisation pratique : le pneumo-bassinet ou pneumopyélographie fournit des indications précieuses dans les cas de lithiase rénale; mais quels services peut-on en attendre dans les cas de néoplasme du rein ? Il semble que sur ce point la méthode soit insuffisante car elle ne