‹ Contribution au Test de Dausset et Ferrier Spectrophotométrie dans des cas d'Hyperthyroïdie et de Troubles HypophysairesChapitre 13 sur 17 · I. On fera ies diverses mesures dans le temps le plus court · texte numérisé non relu

I. On fera ies diverses mesures dans le temps le plus court

IL. On fera précéder l’examen d’une attente d’une demi-heure pour stabiliser le sujet aux différents points de vue :

— système nerveux végétatif,

— thermique,

— émotif.

V. — SPECTROREDUCTOMETRIE DANS DES CAS D’HYPERTHYROIDIE ET DE TROUBLES HYPOPHYSAIRES

Nous allons présenter dans la quatrième partie de cette thèse, un certain nombre d’observations.

La spectroréductométrie nous a donné dans bien des cas, des renseignements qui ont permis de faire un diagnostic et de fixer un traitement chez des sujets où l’examen clinique était insuffisant. Les observations ont été groupées de façon à illustrer les quatre chapitres suivants :

— Sensibilité au microcourant.

— Instabilité du T.R.I.

— Diminution du T.R.I.

— Diminution du T.R.O.H. après excitation de la glande thyroïde.

# #k *# A propos de la sensibilité au microcourant.

Dans la première partie de cette thèse, la description des appareils est suivie du détail de leur maniement. Nous avons indiqué l'intensité du courant diathermique qui traverse le sujet. Cette intensité est voisine de 100 milliampères. Il est utile de faire une

LATE mesure assez précise de l'intensité du courant. Les milliampèremètres placés sur les appareils à grand débit ne conviennent pas parce qu’ils ne sont pas suffisamment sensibles. Le Thermicron est muni d'un milliampèremètre donnant les dizaines de millis.

Au cours de nos expériences, nous avons remar-

qué que les sujets ne sont pas sensibles en général à l’action d’un courant si faible. Pourtant certains sujets accusent une sensation de chaleur pénible pour un courant de 100 millis, quelquefois même pour un courant de 50 millis. Il a été alors remarqué sur leur diagramme que la droite d’excitation de l’hypophyse

était nettement inclinée, Ce fait peut être vérifié dans les observations suivantes. Cette particularité est signalée par le Professeur DALLONGEVILLE, dans le Bulletin de la Société d’électro-radiologie médicale de France.

Mlle Lucienne Lucienne Pic, âgée de 18 ans, vient consulter pour une récidive d'aménorrhée.

À 15 ans, elle a eu ses premières règles qui pendant quelque temps ont été normales comme fréquence et comme abondance. Puis, pendant une période de neuf mois, la malade n’a pas été réglée. Les règles viennent alors une fois pour être suivies à nouveau d’une aménorrhée de neuf mois. Le diagramme endocrinien est établi au mois de Juin, la malade a eu ses dernières règles en Avril.

Le diagramme a été établi suivant la méthode de Huer et HAMMEL avec le retour à la normale. (Pour faire une nouvelle mesure après excitation d’une glande, on a attendu que le T. R. O. H. revienne à la normale) (figure n° 1).

La malade accuse une sensation de chaleur lorsque l’électrode est sur l’hypophyse avec un courant de 100 milliampères.

Mile Claude Per, âgée de 17 ans, vient consulter pour de violentes céphalées quotidiennes. Le bruit lui est pénible. Les douleurs surviennent à n’importe quel moment de la journée. Elle accuse aussi une grande lassitude. Depuis un mois, elle prend des extraits glandulaires (Ovaire, Surrénale, Hypophyse). Une radio de la région hypophysaire montre une selle turcique normale.

Le diagramme endocrinien a été établi (figure n° 2).

Une sensation de chaleur a été accusée par la malade lors de l'application de l’électrode sur la région hypophysaire avec un courant de 100 milliampères.

La lecture du graphique montre une sensibilité spéciale de lPhypophyse et des glandes mammaires. L’indication thérapeutique est donc de freiner l’hypophyse par radiothérapie. Un traitement par radiothérapie hypophysaire a été institué; irradiation sur deux champs temporaux; 4 séances; intervalle de 8 jours entre les séances; un Champ à chaque séance et 200 r internationaux; en tout 800 r internationaux.

Le cas de Mlle Marie-Louise Gin. est tout à fait comparable à celui exposé dans l’observation n° 1. Il s’agit en effet, d’une récidive d’aménorrhée. Mais le

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fait particulièrement intéressant est l’augmentation du temps de réduction après l’excitation diathermique de la région hypophysaire, excitation accompagnée d’une sensation de chaleur locale ressentie nettement par la malade (Voir la figure n° 3).

Ces observations montrent la sensibilité toute spcciale des hypophysaires à l’application de courants diathermiques de faible intensité.

Instabilité du %. R. I. au début de l'expérience.

Les Docteurs GAUDUCGHEAU et DALLONGEVILLE ont indiqué qu'il existait chez les hyperthyroïdiens une instabilité du T. R. I. Nous allons étudier cette particularité de certains sujets d’après les observations sui-

vantes.

Mlle Jeanne Cad.., âgée de 35 ans, vient consulter parce qu’elle présente un syndrome basedowien dont le début remonte à 9 ans et qui s’est montré rebelle à la radiothérapie thyroïdienne.

Voici l’histoire de la maladie.

L’affection dont souffre la malade a été précédée par un abcès tubéreux de l’aisselle qui a été suivi d’un léger gonflement de la région thyroïdienne. Les règles sont devenues insuffisantes; elles duraient 24 heures, 30 heures, constiluées par des pertes légères pendant quelques jours. Parfois l’apparition des règles était précédée de pertes sanieuses pendant quatre ou cinq jours.

A cette période, on observait aussi d’autres symptômes importants :

— tachycardie,

— tremblements,

—— nervosité, troubles du caractère, insomnie,

— amaigrissement.

Devant ce syndrome, un traitement a été institué, I à consisté en applications de Rayons X sur la région thyroidienne sur trois champs, un médian, deux latéraux. Une première série de 6 séances à 200 r par séance et six mois après une deuxième série de 3 séances à 200 r chacune; en tout 1.800 r. Ce traitement n’a donné comme résultat qu’une diminution légère des palpitations, mais la nervosité persiste.

Figure N°4

Actuellement, on trouve à l'examen, des symptômes nets de maladie de Basedow tels que :

Métabolisme de base à + 23 %.

- Amaigrissement.

- Tachycardie.

mais aussi des signes considérés comme d’origine neurovégélative tels que :

Tremblement.

ER re

— Troubles vaso-moteurs et psychiques.

— Insomnie.

Le diagramme représenté figure 4 est obtenu chez cette malade. Comme on le voit, six mesures sont nécessaires pour obtenir une stabilisation du T. R. I.

On doit noter que, lors de l'excitation de Ja région hypophysaire, la malade a accusé une sensation de chaleur.

D’après les indications tirées de l’examen du diagramme, quatre séances de radiothérapie ont été faites sur la région Bypophysaire, sur deux champs temporaux : 800 r en tout et six mois après, répétition de ce traitement. L'état de la malade est alors très amélioré; le métabolisme de base était seulement de +6 %.

Quelle interprétation donner de cette amélioration d’un syndrome basedowien par un traitement agissant sur l’hybophyse ? Nous nous inspirerons pour expliquer cette action d’un récent travail des Docteurs DELHERM et FiscHGoLD paru dans le Monde Médical, du 15 novembre 1938. Ces auteurs écrivent :

— « La découverte d’une thyréo-stimuline, sécrétée par l’antéhypophyse, a entraîné une révision des conceptions existantes sur la pathogénie des syndromes thyroïdiens; l'irradiation hypophysaire, déjà proposée à la suite d’autres considérations a été essayée depuis, sur une assez grande échelle, dans la maladie de Basedow.

« M. ARON a observé que l’activité hypophysaire entraîne chez le cobaye l’entrée en fonction de la thyroïde. L'image histologique d’hyperfonctionnement thyroïdien peut donc servir comme test de l’activité antéhypophysaire; cette image est déclenchée par l'injection d’extraits antéhypophysaires. Le test d’ARON serait done un test histologique susceptible de déceler la présence de la thyréo-stimuline.

« L’hormone passe aussi dans les urines; l’injection d'urine au lapin ou au cobaye permettra, toujours d’après ARON, un dosage du taux de la thyréo-stimuline.

« Armés de ce nouveau test, MERKLEIN et où ont proposé une classification de la maladie de Basedow basée sur le titrage de la thyréo-stimuline hypophysaire.

ZAR

« D’après les auteurs de Strasbourg, il faut distinguer deux catégories de maladies de Basedow :

L'une primitive, d’origine purement thyroïdienne, et qui serait la plus fréquente;

— L'autre secondaire, due à une suractivité hypophysaire, mais d’une constatation plus rare ».

Cette question a été aussi étudiée dans la thèse de Mile GONAND dont nous citerons le passage :

« Ce que nous savons actuellement des corrélations qui unissent l’hypophyse aux autres glandes à sécrétion interne, nous fait comprendre que la maladie de Basedow ne serait que l’aboutissement d’une longue cascade de perturbations endocriniennes où la glande pituitaire jouerait toujours un rôle.

« L’hyperthyroïdie cesserait donc d’être un syndrome monoglandulaire; elle serait en réalité un syndrome pluriglandulaire, où sans doute la thyroïde paraît tenir la « vedette », mais où existe aussi, et d’une façon moins apparente et moins bruyante, une lésion fonctionnelle pituitaire. Gette théorie a du moins le mérite d’être en accord avec la physiologie.

« L'introduction d’un facteur hypophysaire dans l’hyperthyroïdie est-elle susceptible d’entrainer une modification dans la classification actuelle des états hyperthyroïdiens ?

Nous ne le croyons pas.

« Sans vouloir entrer dans de longs développements, nous pensons que c’est dans le potentiel réactionnel de la glande thyroïde et dans sa réponse à l’excitation venant de l’hypophyse qu’il faut chercher la raison des nombreuses variétés d’hyperthyroïdie que l’on observe en clinique; la maladie de Basedow en représenterait la forme la plus accusée. Cette théorie, au surplus, permet une interprétation facile du syndrome para-basedowien décrit par M. LABBÉ.

PASS ce syndrome, où l’on peut observer aussi, comme MAP - DROUET la montré, des signes de suractivité hypo- A fa glande thyroïde ne réagirait pas, ou réagirait d’une façon intermittente à la poussée hypophysaire.

« La symptomatologie sympathique est sous la dépendance

lies

du trouble neuro-végétatif engendré par la suractivité de la glande pituitaire ».

D’après ces auteurs, Mile Cad.… présenterait donc un syndrome para-basedowien. Le traitement par radiothérapie hypophysaire, ayant amélioré considérablement le syndrome, semble confirmer cette interprétation.

Mile Marie Sai. présente un syndrome d’hyperthyroïdie. Quand elle vient consulter pour qu’on établisse son diagramme thyroïdien, son métabolisme de base est de + 29 %.

Le diagramme de cette malade (fig 5) montre que le T, R. O. H,, diminue après application de diathermie sur Îa région thyroïdienne. Il montre aussi comme celui de l’observation précédente l'instabilité du T. R. I puisque six mesures sont nécessaires pour obtenir sa stabilisation à 100 secondes.

Mme Bou. est aussi une hyperthyroïdienne. son métabolisme de base est de + 77 % quand elle vient faire établir son diagramme thyroïdien (fig. 6).

Comme pour la malade précédente, six mesures sont né cessaires pour obtenir la stabilisation de son T. R. I.

Mile Lucienne Pro... a un métabolisme de base de + 38 %. Les signes cliniques sont peu nombreux :

— règles peu abondantes,

— troubles du caractère,

— angoisses, émotivité.

Le diagramme montre un sylème endocrinien en équi-

libre. Par contre, on doit remarquer l'instabilité du T.R. I. au début de l’examen, instabilité que l’on peut mettre sur * compte de l’émotivité (fig. 7).

Le diagramme reproduit figure 8 est celui de Monsieur Mo... dont l’histoire clinique est sans intérêt. Signalons seulement chez lui une grande émotivité. Nous devons faire quatre mesures pour obtenir une valeur constante du T. R. I. Notons aussi que l’excitation diathermique de la région thyroidienne entraine une augmentation importante du T. R. O. H., ce qui traduit tout de même un déséquilibre de cette fonction.

Nous n’insisterons pas non plus sur l’examen clinique de Monsieur Pierre Fa. dont le diagramme est reproduit cicontre (fig. 9). Là encore on note de l'instabilité du T. R. L. que l’on peut mettre sur le compte d’une grande émotivité.

Comment interpréter cette instabilité du T.R. I. ?

— Il semble qu’une sensibilité particulière du système nerveux végétatif puisse expliquer en une certaine mesure cette instabilité. Nous avons déjà étudié cette question dans les facteurs qui peuvent exercer une influence sur le T.R.I. Nous n’y reviendrons pas. Nous avons cité également l’article de M. V. DoNNET.

Nous avons fait des expériences personnelles sur des déséquilibrés du sympathique à l’Asile départemental dans le service du Docteur BENON. Ces expé-

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