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L’OPÉRABILITÉ EN FONCTION DE L’ÉTAT GÉNÉRAL

Les conditions générales importent beaucoup dans Îe traitement chirurgical du cancer du rectum.

‘âge est un facteur de premier ordre. De façon un peu paradoxale Allingham déclarait autrefois que les bons résultats post-opératoires ne commencent qu’à parur de 60 ans. Cette notion pour relativement exacte qu'elle est quant à la nature évolutive de la tumeur, donne une idée bien fausse des possibilités chirurgicales. L'âge en effet est un facteur

très important ; les malades âgés de plus de 60 ans supportent moins bien ces interventions ; dans les observations que nous rapportons la mortalité opératoire globale des malades âgés de plus de 60 ans (29 malades) a été de 36 % tandis que le groupe des malades âgés de moins de 60 ans (71 malades) n’a présenté qu’une mortalité de 24 %,. L’examen clinique permettra évidemment des tentatives chirurgicales sur bien des malades vigoureux ayant atteint ou même dépassé 70 ans, mais en règle nous croyons raisonnable de pratiquer des opérations moins larges à partir de l’âge de 60 ans environ.

Le sexe a une importance assez considérable sur l’opérabilité ; l’on conçoit fort bien cette différence de par la disposition anatomique qui rend très graves certaines propagations antérieures chez l’homme, tandis que chez la femme la colpo-hystérectomie concomitante rend l'intervention radicale possible. Aussi trouvons-nous dans les auteurs classiques des chiffres d’opérabilité nettement différents pour les 2 sexes : 53 % pour les hommes, 68 % pour les femmes (Chalier et Mondor).

L'état de l'organisme a une importance également considérable. L’obésité prononcée doit être considérée comme une contre-indication à toute intervention abdominale importante. Les plus grandes difficultés opératoires que nous avons pu constater — concernaient toujours des malades obèses : linfiltration adipeuse de tous les tissus rend aléatoires les higatures et les sutures ; l’infection, les hémorragies secondaires sont l’apanage des obèses.

Les tares organiques doivent également être considérées. comme de sérieux obstacles à l’exérèse totale : Le diabète doit être longuement étudié avant de permettre l'intervention : le taux de la glycémie, l'absence d’acidose, les réactions à la cure insulinique doivent avoir été soigneusement vérifiées : le malade de observation n° 32 a présenté de graves ennuis. post-opératoires et cependant sa glycémie paraissait bien réduite ; les néphrites chroniques avec altérations plus ou

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moins marquées de la fonction rénale doivent être considérées comme des contre-indications ; les cardiopathies mettant le malade en état d’instabilité cardiaque sont un sérieux obstacle ; cependant avec des précautions pré-opératoires minutieuses on peut étendre à ces malades les indications de l’exérèse radicale ; dans l’observation n° 5, le malade présentait une myocardite chronique qui n’a pas empêché l'exécution d’une amputation abdomino-périnéale du rectum. Il est inutile de rappeler que toute affection aiguë ou évolutive doit faire surseoir à l’exérèse, l’inopérabilité dans ces cas n'étant souvent que temporaire.

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