‹ Contribution au traitement chirurgical du cancer du rectumChapitre 51 sur 110 · J. CARRIER · texte numérisé non relu

J. CARRIER

Quatrième temps. — Section de l'intestin.

L’on commence par le bout supérieur. La section est faite à quatre-cinq centimètres de l’anus artificiel, entre les deux branches d’un écraseur ; après dégraissage du bout colique supérieur sur environ deux centimètres, on fait un double enfouissement en bourse recouvert d’une suture li-

néaire. Le bout inférieur étant encapuchonné dans un taffetas gommé stérile, est rabattu en avant.

Ce rabattement en avant, permet de dégager la face postérieure du rectum décollé et de lier tous les éléments vasculaires jusqu’au point où l’intestin sera sectionné en bas. Le rectum doit être bien isolé avant d’être sectionné.

On place maintenant de chaque côté sur le rectum une forte pince coudée à angle droit (pince de Michon) qui étremt toute la largeur du rectum et on coupe entre les deux pinces.

L'amputation du rectum est terminée et l’on procède au traitement du bout inférieur.

Après aspiration des mucosités et assèchement par tampon alccolisé, un drain n° 45 est introduit de haut en bas dans le rectum. Le clamp courbe de Doyen introduit dans le canal anal avant l’intervention, saisit l'extrémité inférieure du drain et l’attire en dehors Jusqu'à ce que l'extrémité Supérieure du drain affleure la tranche de section du rectum. On le fixe alors par quatre points de catgut solide (points en Ü) au pourtour de la section rectale et on fait tirer du dehors sur le drain de façon à invaginer au maximum le bout rectal restant dans la partie inférieure de l’'ampoule.

Cette manœuvre comporte le double avantage de créer un entonnoir pelvien par où se fait le drainage du foyer Opératoire, et de permettre aux tissus rectaux sphacélés de s’évacuer à l’extérieur.

Cinquième temps. — Après avoir changé de gants et d'instruments, on procède à une péritonisation exacte du mésocolonilio-pelvien et du péritoine pelvien, mais on ne fait aucune suture dans le fond du pelvis.

On place dans le fond de l’excavation pelvienne un sae de Mikulicz dans lequel on introduit un gros drain (n° 40) “éSSortant par l’insision abdominale. On tasse mollement trois mèches autour du drain.

La paroi est fermée en 2 plans. On termine en fixant le

drain transanal par 2 points à la peau de la marge de l’anus

Ce dernier temps est celui qui a été utilisé dans 15 observations rapportées ; dans la dernière M. Charrier s'inspirant de la technique de Coffey a procédé de la façon suivante

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Fig. 22

— Aspect final de l’amputation du rectum par voie abdominale lorsqu'on utilise le drainage par le sac de Mikuliez (J. Carrier).

Après changements de gants et d'instruments on place dans le fond de l’excavation pelvienne au contact même du tissu cellulaire et de l’entonnoir qui conduit au bout restant du rectum — un sac de Coffey. Ce sac est constitué par un entonnoir de cellophane à 3 ou 4 épaisseurs dont la petite

extrémité tournée vers le bas est ouverte. Cet étui de cellophane est rempli de 10 à 12 mèches de tarlatane roue en forme de cigare allongé, qui viennent sortir par loriies supérieur du tube de cellophane. Les mèches sont entièrement enveloppées par l’étui de cellophane, mais viennent en bas au contact du tissu cellulaire du pelvis. | Ce drainage va être placé entre en bas le plan génito-vesical et en haut le plan péritonéal. En effet l’on commence la péritonisation en arrière au point de ligature de la mésentérique inférieure par des points séparés ; le péritoine est complètement suturé par rapprochement des deux bords de l’incision péritonéale, puis du péritoine latéral du bassin ; l’on arrive ainsi jusqu’à la paroi abdominale antérieure. Dès que la paroi abdominale est atteinte en avant, on ferme complètement la cavité abdominale par un plan péritonéal et un plan cutanéo-musculaire. Par cette suture la cavité péritonéale est complètement fermée s et sa communication avec le tissu cellulaire périrectal est impossible.

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