ADMINISTRATION DU. VACCIN
Instrumentation.
Une seringue en verre ordinaire de 5 ou 10 centimètres cubes suivant les besoins. Une aiguille longue de 5 à 8 centimètres d’un calibre de sept dixièmes de millimètre à biseau court, le tout dûment stérilisé.
Lieu d'injection.
Nous avons pris l'habitude (et adopté ainsi une technique de prudence) de mettre le sujet en décubitus dorsal, de le faire incliner légèrement du côté droit et d'introduire l’aiguille dans le flanc gauche à mi-distance entre la crête iliaque et le rebord costal, à peu près sur la ligne axillaire antérieure, plutôt en avant d’elle qu’en arrière (en cas de colostomie gauche on pratiquera l'injection à droite). La technique de l'injection est simple ; chez les sujets pusillanimes on peut introduire l’aiguille en injectant au fur et à mesure quelques gouttes de solution anesthésique (novocaïne). Après la traversée des plans superficiels, on sent très bien le plan plus résistant de la paroi musculaire ; on demande
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au malade de relâcher la paroi abdominale et de ne pas pousser, et l’on traverse toute la paroi musculaire jusqu’au moment où une sensibilité plus marquée se manifeste — l’on est alors sur le péritoine. C’est affaire de bon sens et d’expérience d'apprécier l’épaisseur d’une paroi abdominale ; il faut se méfier des sujets gras dont la paroi musculaire déficiente fait entrer dans le péritoine plus vite qu’on ne le voudrait. Une fois atteint le plan péritonéal — un petit coup sec, en hmitant la course de l’aiguille — la fait pénétrer dans la cavité péritonéale ; l’aiguille, on le sent, est libre ; 1l suffit maintenant de pratiquer l'injection.
Dangers ou inconvénients.
Il n'y en a pas, à condition d’avoir une aiguille longue, fine, à biseau court, de piquer au point décrit, de ne pas faire pousser le malade, de ne pas pratiquer cette injection dans les 2 heures qui suivent un repas ou sur un malade présentant manifestement un gros météorisme abdominal. Nous avons pratiqué environ 80 injections intra-péritonéales sur l’homme ; nous n’avons jamais eu d’incident.
La VACCINATION PROPREMENT DITE
Notre technique a subi des fluctuations au début. Il n’est pas certain que nous ne la modifiions pas encore devant l’enseignement des vaccinations ultérieures que nous pratiquerons.
Actuellement — depuis le vingtième cas environ, nous avons adopté la technique suivante :
Première injection.
Un quart de centimètre cube (500 millions de germes environ) dilué dans cinq centimètres cubes d’eau distillée est injecté très lentement suivant la technique indiquée. Il faut demander au malade de se coucher sur le ventre pendant
un quart d’heure après l’injection. Si la température ne dépasse pas 390, 2 heures après l’injection, et si la réaction abdominale se calme en moins de 12 heures, on pratique la deuxième injection 48 heures après la première.
Deuxième injection.
Un demi-centimètre eube (1 milhard de germes environ) dilué dans 10 centimètres cubes d’eau distallée ; l'injection est faite très lentement. Décubitus ventral pendant un quart d’heure.
Troisième injection.
Un centimètre cube de vaccin (2 milhards de germes environ) dilué dans 10 centimètres cubes d’eau distillée.
I vaut mieux opérer 24 à 72 heures après la dernière injection, plutôt 72 que 24. Nous ne pouvons pas aflirmer actuellement que les interventions faites 8 ou 19 jours après vaccination intra-péritonéale puissent bénéficier des avantages de cette méthode,
ErFrFreTrs DE LA VACCINATION
La réaction abdominale qui suit l'administration du vaccin ne passe pas inaperçue, surtout après la première injection.
Nous avons attentivement étudié la courbe de température et les troubles abdominaux accusés par 10 malades ; depuis nous avons toujours retrouvé des phénomènes analogues plus ou moins marqués ; leur constance et leur bénignité organiques sont les sûrs garants de l’action de la vaccination intra-péritonéale ; aussi lorsque la réaction manque, peut-on être à peu près certain de n’avoir pas atteint le péritoine ou (exceptionnellement) d’avoir affaire à un sujet réfractaire.
La température monte à 3805-3808, rarement à 39 ; cette
pyrecxie est précoce, rapide et presque constante ; aussi conseillons-nous de mesurer la température des malades vaccinés 2 à 4 heures après chaque injection.
La température persiste pendant six heures environ, parfois moins (quatre heures et demi dans un cas) ; elle redescend petit à petit, mais ne revient pas à la normale. Elle reste en général pendant les 48 heures qui précèdent l’injection suivante entre 3702 et 3706 environ.
La deuxième injection a un effet thermique beaucoup moins marqué ; dans la moitié des cas la température n’a pas dépassé 389-3802 dans les 6 premières heures ; souvent aucun crochet thermique n’est enregistré, mais la température cependant reste au-dessus de la normale.
Il en est de même après la 3€ injection ; cependant dans 2 cas nous avons noté une réaction fébrile assez marquée (3806 et 3809) mais la température redescend rapidement ; elle n’atteindra pas 37 le plus souvent et en tout cas ne descendra que rarement au-dessous. Il faut done — lorsqu'on pratique la vaccination intra-péritonéale abandonner la hantise de l’apyrexie pré-opératoire. 11 ne faut pas toujours compter sur une température normale ; c’est parfois un malade très légèrement fébricitant (370-3702) que l’on opérera et l’on sera d’autant plus étonné de la régularité et du niveau de la température post-opératoire. C’est dans les suites des malades opérés avec vaccination intra-péritonéale que nous avons vu les plus belles courbes thermiques ; ce n'est d’ailleurs pas un point d’un intérêt fondamental, car bien souvent et sans aucune vaccination (apparente) l’on obtient des suites opératoires remarquablement apyrétiques.
Les réactions jonctionnelles sont les plus impressionnantes : elles constituent certainement un des inconvénients de la méthode ; nous ne connaissons pas actuellement de moyen pour les atténuer.
La douleur abdominale s’installe assez rapidement (en moins de 2 heures le plus souvent, parfois en une demi-heure)
c'est une douleur abdominale assez vive, d’abord, puis une sensibilité diffuse qui va constituer le fond de la douleur ; sur ce fond apparaissent en éclair des douleurs courtes et aiguës qui parfois sont assez pémibles ; au bout de deux heures environ apparaît un certain degré de ballonnement avec troubles du transit des gaz ; souvent à ce moment quelques frissons secouent le malade ; il n’est pas rare de noter un état nauséeux caractérisé ; les vomissements sont rares (nous les avons notés une fois). En somme c’est le tableau atténué d’une réaction péritonéale aiguë ; c'en est une d’ailleurs, mais parfaitement inoffensive.
Elle disparaît au bout de 10 à 12 heures, parfois plus (24 heures dans un cas).
Les deuxième et troisième injections sont suivies de phénomènes analogues, mais nettement moins violents ; cépendant les frissons existent de façon presque constante.
Rankin affirme l'existence d’une leucocytose passagère.
Nous n’avons pas un nombre suflisant d'examens pour confirmer cette assertion.