‹ Contribution au traitement chirurgical du cancer du rectumChapitre 74 sur 110 · EXAMEN DE LA PIÈCE · texte numérisé non relu

EXAMEN DE LA PIÈCE

Néoplasme ano-ampullaire assez peu étendu (de la grosseur d’une amande) perforé en son centre où un orifice de la taille d’une lentille correspond à la commissure vulvaire postérieure. Pas de ganglions perceptibles dans le méso.

EXAMEN ANATOMO-PATHOLOGIQUE (Dr. I. BerrranD).

Epithélioma baso-cellulaire évoluant en certains points vers des lésions mitogènes avec production de rares globes cornés. Nombreuses mitoses et atypies. Envahissement des divers plans pariétaux. Stromi réaction intense.

LD e) OX |

Normales. Guérison opératoire.

La malade a été revue en octobre 1932. À engraissé de 8 kilos. Souffre de la région sacré. L’anus artificiel fonctionne bien.

L'’orifice périnéal est resté assez largement béant, comblé par l’opercule de la paroi antérieure du vagin.

L’intestin est situé en arrière, formé par un bord scléreux admettant l’extrémité de l'index.

Léger suintement purulent ; quelques troubles vésicaux.

Revue en décembre 1933 : bon état général ; ne souffre pas : l’anus iliaque fonctionne bien.

Observation n° 15

NIAP rs ans

CANCER HAUT DE L'AMPOULE RECTALE. — 10 AMPUTATION ABDO- MINO-PÉRINÉALE DU RECTUM AVEC ABAISSEMENT. — 20 CoLos- FOMIE ILIAQUE GAUCHE SECONDAIRE. — GUÉRISON OPÉRATOIRE.

HisTOIRE CLINIQUE.

Entre dans le service le 11 décembre 1931. À commencé à souffrir de très légères douleurs anales vers mai-juin 1931. Ces douleurs s’interrompaient momentanément puis reprenaient. Le malade les attribuait à la prostate pour laquelle il se faisait soigner.

En septembre 1931 le malade commence à avoir des épreintes qui ne cesseront pas depuis lors, et du ténesme.

Les selles étaient normales, leur émission suivie d’un léger meloena, ou plus souvent un peu de sang rouge colorait les matières. Pas de constipation. Pas de diarrhée, mais, à toute heure de la journée, le malade allait à la selle pour des glaires accompagnées quelquefois de sang, quelquefois de gaz.

L'état général reste bon : amaigrissement très léger (1 kilo).

L'appétit est conservé.

ToucHER RECTAL.

A la face gauche de l’ampoule on palpe des nodules fortement indurés confluents en certains points et dont la limite supérieure est assez difficile à apprécier. Par endroits végétations plus grosses et douloureuses. Le doigtier ne ramène pas de sang.

Biopsie faite le 12 décembre 1931 ; épithelioma cylindrique typique.

EXAMENS PRÉ-OPÉRATOIRES nOTMaUx.

10 Compre-reNDu opérAroIRE du 22 décembre 1931 (D' Lersovici) Anesthésie rachidienne.

Dufour. 15

he

Amputation du rectum par voie abdomino-périnéale avec ahaissement du colon au périnée.

TEMPS ABDOMINAL

Laparotomie médiane sous-ombilicale. Paroi grasse. L’exploration du pelvis montre un cancer ampullaire supérieur n’atteisnant pas le Douglas. Pas de contr? indication locale à l’exérèse. Le sigmoïde est assez long. On doit cependant libérer quelques adhérences entre le mésocolon et le péritoine pariétal pelvien. Dégraissage du mésocolon au niveau de son point déclive et repérage de ce point par une grosse soie. La lisature de l’hémorroïdale supérieure est faite un peu au-dessous du promontoire. Elle est rendue difficile par l’adiposité du méso et par la ramification fournie des sigmoïdes droite et moyenne. Incision radiée du méso. Décollement rétro-rectal. Mise en place d’un Mikuliez ; 3 points de péritonisation par dessus. Un drain n° 35 dans le Douglas. Paroi à la soie, en deux plans.

Temps PÉRINÉAL.

Incision en coupe. On rejoint le décollement rétrorectal. On coupe les releveurs de chaque côté. Ils sont très musclés. Décollement prérectal difficile. On a du mal à ouvrir le péritoine prérectal et surtout à abaisser le rectum pour deux raisons : l’étroitesse du diamètre bi-ischiatique, si resserré qu'on a peine à y engager la main, d’une part ; la périrectite scléro-inflammatoire maxima à la hauteur du néoplasme qui l’attache solidement en arrière et à droite, d'autre part. On arrive cependant à dépasser cette zone. Le colon s’abaisse librement sur plus de 35 centimètres. Péritonisation en avant et sur les côtés. Mise en place d’un tube de Paul

et section de l'intestin.

EXAMEN ANATOMO-PATHOLOGIQUE (DT I. BerrranD).

Epithelioma cylindrique typique. Basophilie protoplasmique. Large infiltration néoplasique des divers plans pariétaux. Forte stroma réaction à type plasmolymphocytaire. Trois ganglions indemnes de métastases.

SUITES OPÉRATOIRES

Normales. (Guérison opératoire.

Le malade sort de l'hôpital le 28 janvier 1932.

On fait régulièrement, à partir de ce moment, des dilatations aux boucies de Hegar une fois par semaine, puis on a recours aux dilatations diathermiques à raison de deux séances par semaine.

En juillet 1932, un rétrécissement de l’anus périnéal se constitue et menace le malade d'occlusion ; on se résoud à pratiquer une colostomie iliaque gauche.

29 COMPTE-RENDU OPÉRATOIRE (Dr Lersovici).

Incision iliaque gauche par dissociation musculaire. On découvre aisément le colon qui est appliqué de court contre la paroi pelvienne. En le séparant quelque peu du péritoine pariétal pelvien on parvient à l’extérioriser sans trop de difficulté. Cependant copme il serait imprudent de faire un anus à pont cutané, on pratique un anus iliaque gauche sur une baguette de verre. Fixation du côlon

à la paroi par quelques points de soie fine. Sur chaque face du méso un point de soie adosse les deux pieds de l’anse pour réaliser un éperon. Le malade sort de l’hopital le 22 août 1932.

Revu en septembre 1932 : l’anus iliaque fonctionne bien, mais le malade insiste pour qu’on rétablisse son anus périnéal.

Observation n° 16

Mme D... 47 ans.

CANCER HAUT DE L'AMPOULE RECTALE. — AMPUTATION ABDOMINO- PÉRINÉALE DU RECTUM ABEC ABAISSEMENT. — MORT LE 3° JOUR (INFECTION).

HisTOIRE CLINIQUE.

La malade est hospitalisée le 7 janvier 1932 pour constipation rebelle avec hémorragies rectales. En mars 1931 la malade éprouve une sensation de douleur abdominale avec impossibilité d’aller à la selle. Gette constipation chronique ne cède qu'aux purgatifs, avec émission peu abondante de selles glaireuses et sanguinolentes.

Pas d’amaigrissement.

Appétit conservé.

ToucHErR RECTAL.

Partie inférieure de l’ampoule normale. À 8 centimètres de l’orifice anal on rencontre des bourgeons formant un gros chou-fleur au centre duquel on trouve un orifice qui représente la lumière rectale très diminuée de volume, mais admettant tout de même l'extrémité du doigt. Sur la paroi postérieure on sent des bourweons peu développés. En avant la paroi est largement envahie. Le toucher bidigital montre au niveau du cul-de-sac vaginal postérieur une muqueuse saine mais qui ne glisse pas bien nettement sur la masse saillante à ce niveau et qui correspond à la tumeur intra-rectale. Le doigtier ne ramène pas de sang.

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