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tion, qui a pour effet de projeter la poudre sur toute la muqueuse laryngée.
II. — Certains traitements doivent être appliqués par le personnel médical du service où le malade est hospitalisé, ou par celui du centre de triage, qui suit le malade non hospitalisé. Nous ne parlerons pas des traitements destinés à améliorer l’état général et létat pulmonaire, car, n’ayant pas d’action directe sur le larynx, ils sont mis en œuvre en dehors du 1laryngologiste ; sachons cependant, qu’à la suite d’un traitement recalcifiant judicieux, ou d’une intervention locale heureuse (pneumothorax, phrénicectomie, etc.), on voit souvent, parallèlement aux symptômes généraux et pulmonaires, évoluer favorablement une laryngite bacillaire.
Il est pourtant un traitement général qui doit retenir un instant notre attention, c’est l’aurothérapie, car son action sur le larynx est certaine, et si elle est parfois favorable, elle peut être aussi néfaste, comme nous le verrons plus loin dans quelques-unes de nos observations.
Chez nos malades, laurothérapie a été appliquée sous forme de crysalbine en injections intraveineuses, à raison de 2 injections par semaine, en commençant par 0,10 pour les deux premières injections, 0,25 pour les 5 suivantes, et 0,50 jusqu’à la fin de la série, c’est-à-dire jusqu’à la dose totale de 10 gr. Pendant tout ce temps, nous surveillons très réguliè-
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rement le malade, et faisons cesser la crysalbine sitôt que le moindre énanthème apparaît ; car l’énanthème siégeant sur la muqueuse bucco-pharyngée, bien connu du phtisiologue, frappe aussi le larynx et nous l’avons vu parfois donner un véritable « coup de fouet » aux lésions qui prennent un aspect inflammatoire et bourgeonnant, augmentant considérablement la dysphonie et la dysphagie.
Dans certains cas très avancés, où la dysphagie rendait l’alimentation impossible, nous avons, sur la suggestion du Docteur Ombrédanne, fait pratiquer dans le service de médecine hospitalisant le malade, une série de 10 injections sous-cutanées de cobratoxine, titrées à 5 unités Oliviero, à raison d’une tous les 2 jours pour les 5 premières, et d’une tous les 3 jours pour les 5 suivantes ; dans certains cas, nous avons prescrit une deuxième série d’ampoules titrées à 10 unités.
Elles ont été chaque fois suivies d’une amélioration très marquée de la dysphagie et d’une diminution de l'inflammation locale.
Enfin, chez certains malades qui ont des réflexes nauséeux particulièrement vifs, nous faisons administrer dans leurs services, aux choix du médecin traitant, 0,10 de gardénal, ou 2 gr. de bromure de K. pendant les 3 jours qui précèdent celui où nous nous sommes proposé d'intervenir sur le larynx par galvano-cautérisation ou étincelle froide, manœuvres qui
exigent un calme phrayngo-laryngé parfait.
III. — Voyons maintenant les traitements qui doivent être appliqués par l’O.-R.-L. lui-même :
1° C’est d’abord les injections laryngo-trachéales médicamenteuses; nous y avons recours quand nous voulons nettoyer un larynx sale, encombré de sécrétions mucopurulentes ; suivant les cas, elles constitueront à elles seules tout le traitement, ou au contraire, serviront à préparer le terrain pour certaines thérapeutiques plus actives, que nous étudierons plus loin.
Nous nous passons le plus souvent d’anesthésie locale qui augmente sans nécessité la fatigue et l’énervement du malade, en prolongeant la durée de manœuvres toujours désagréables.
Pour faire l'injection, nous employons une seringue en verre à piston métallique, munie d’une canule laryngée, et sous le contrôle du miroir, nous injectons 5 cc. d’huile goménolée au dixième, en ayant soin de recommander au malade de maintenir sa langue tirée au dehors à l’aide d’une compresse, et de ne la lâcher que sur notre ordre, dès que le réflexe tussigène s’est produit ; puis, aussitôt après, de fermer la bouche et de respirer largement par le nez.
2° Pour cicatriser les ulcérations laryngées, nous avons d’abordemployéclassiquementlesattouchements à l’acide lactique au dixième; plus tard, sur les conseils du Docteur Hautant, nous nous sommes servi d’une solution au vingtième de bleu de méthylène, et nous avons noté que ce dernier ajoutait à son rôle ci-
catrisant une action décongestionnante et analgésique très appréciée des malades. Ces attouchements laryngés, répétés une ou deux fois par semaine, sont faits sous le contrôle du miroir avec le porte-coton de Kilian, sans anesthésie préalable.
3° Chez les malades dont l’état général est peu touché, dont la température n’atteint pas 38°, dont les lésions pulmonaires sont peu évolutives, nous avons recours à un traitement classique qui nous a paru pres que toujours efficace : la galvano-cautérisation; celle-ci sera indiquée dans les cas de lésions végétantes, d’infiltration localisée, ou même dans les grosses infiltrations pseudo-æœdémateuses qu’on voit parfois envahir toute l’épiglotte, ou les aryténoïdes.
Pour que ce traitement soit correctement appliqué, il faut pouvoir obtenir un calme pharyngo-laryngé parfait. Pour ce faire, après administration matin et soir d’un gramme de bromure ou de cinq centigrammes de gardénal aux sujets particulièrement nerveux, nous procédons à une anesthésie locale très complète ; à l’aide d’un porte-coton de Kilian, nous badigeonnons la muqueuse du voile, du pharynx et de la base de la langue avec de la cocaïne à 1/20, puis lépiglotte, les aryténoïdes, les bandes ventriculaires et les cordes vocales avec de la cocaïne à 1/10 ; si, après cinq minutes d'attente, l'introduction du portecoton dans la cavité laryngée ne produit plus aucun réflexe, nous considérons lanesthésie comme suffisante ; sinon, il nous faut faire un nouveau badigeon-