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à l'organisme. « Les vomissements répétés, quelle qu’en soit la cause, a écrit Gosset, peuvent suffire à produire une baisse des chlorures du sang aussi nette et aussi marquée que celle observée dans l’occlusion intestinale expérimentale ».
Ainsi grâce aux vomissements et à la diarrhée, l’organisme se trouve dans un état de déshydratation et de chloropénie. Or, si une déshydratation marquée est mortelle, une chloropénie marquée n’est point de gravité moindre : le chlorure de sodium est une substance indispensable à la vie, c'est l’une des plus abondantes dans les milieux internes où il joue un rôle de première importance dans le maintien de la pression osmotique et des divers échanges nutritifs (Achard). Et la mort est due dans le choléra à l’action combinée de la toxi-infection cholérique et de la spoliation brutale, énorme et rapide, que subit l’organisme en eau et en chlorures.
Il résulte de ces considérations qu’un traitement rationnel du choléra doit comporter, en plus des moyens mis en œuvre pour juguler la toxi-infection, l'administration à l’organisme malade d'eau et de sel en quantités suffisantes pour compenser les pertes aqueuses et chlorurées.
C'est ce qui explique les effets heureux que donne l'emploi du sérum salé physiologique préconisé par Lalta en 1832 et administré en injections sous-cuta— nées ou intraveineuses. Ce sérum restitue rapidement à l'organisme les 2 éléments primordiaux qui sont en
déficit dans ses milieux, il produit de véritables résur-
rections chez des malades profondément atteints. Malheureusement ces effets qui sont immédiats ne se prolongeant pas, la maladie ne tarde pas à reprendre son évolution fatale, après une courte période d’améloration qui a à peine duré quelques heures, malgré des injections abondantes. Lesage avec le sérum physiologique intraveineux n’a pas obtenu une proportion de guérisons supérieure à 30 ou 40 %. Les médecins anglais aux Indes traitant le choléra avec le même sérum, de 1895 à 1905, ont également obtenu un taux de /o % seulement de succès et dans des épidémies peu violentes ou chez des malades peu atteints. Ces chiffres sont même exceptionnels et ne s’observent qu’à la fin des épidémies lorsque la virulence des vibrions est notablement amoindrie.
Il apparaît que le sérum physiologique a apporté à l’organisme une réparation temporaire des pertes d’eau et de chlorure, d’où amélioration des symptômes et de l’état général, mais la toxi-infection continuant à exercer ses effets, l’eau exsude toujours au niveau des parois digestives, entraînant avec elle le chlorure de sodium, et la maladie continue son cours que le sérum physiologique est incapable d'arrêter.
Rogers attribue la déficience du sérum isotonique à ce qu'il fait baisser le taux du sel du plasma sanguin, déjà en état d’hypochlorurémie, en précipitant son élimination par l'intestin, et il utilise un sérum légèrement hypertonique à 8/570, sérum qui lui à donné de meilleurs résultats que le sérum physiologique.
De même, des médecins anglais emploient la solution