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dromes cholériformes et éventuellement du choléra, préconisé par le D: de Raymond et qui consiste dans l’emploi de la gonacrine (ou trypaflavine) et du sérum chloruré hypertonique en injections intraveineuses. Ce traitement, appliqué systématiquement à l'Hôpital des contagieux de Hanoï et dans les hôpitaux du Tonkin par les médecins de l’Assistance médicale, a donné entre leurs mains les résultats les plus intéressants. :
Nous étudierons d'abord l’action de la gonacrine seule, puis du sérum hyperchloruré ; enfin nous montrerons par de nombreuses observations l’avantage de ces traitements conjugués dans les affections cholériformes, où ils donnent un pourcentage de guérisons inconnu jusqu'ici,
De l'emploi de la gonacrine en injections intraveineuses comme antiseptique général dans les syndromes cholériformes,
Le choléra est une toxi-infection dont l’agent, siégeant essentiellement dans l'intestin, est aussi retrouvé en d’autres parties de l’organisme.
Tout au début de la maladie, le germe introduit dans la bouche, pour arriver à son habitat préféré, ne peut suivre la voie naturelle offerte par l’æœsophage et l'estomac, parce que le suc gastrique en raison de son acidité le détruirait rapidement. Le vibrion doit vraisemblablement traverser la muqueuse buccale et pharyngée et de là, il pénètre dans les capillaires sanguins et Iymphatiques qui le conduisent d’une façon élective à la muqueuse intestinale (Sanarelli). Pendant la maladie, il ne se cantonne pas dans l'intestin, mais essaime dans l’organisme : il est rencontré dans la bile (Nicati, Girode, Lesage...), dans les poumons au niveau des foyers pneumoniques qui se développent au cours de la maladie (Greig), dans les crachats (Mils). Greig le trouve encore dans l'urine et la lymphe. Enfin le vibrion vit temporairement dans le sang :
selon Métin, on peut parfois obtenir quelques colonies
avec un ensemencement de sang très abondant ; nous en avons aussi une autre preuve, c’est l’existence du vibrion de Koch dans le tube digestif de fœtus issus de mères cholériques (Dopter).
C’est en somme une septicémie à localisations digestives. Dans ces conditions, un antiseptique général administré par voie sanguine doit à priori produire de bons résultats, au moins au début de l'infection.
Le Dantec, Picard et Barbezieux ont employé dans cette intention le collargol en injections hypodermiques ou intraveineuses et ont obtenu quelques succès, très rares il est vrai et en fin d’épidémie.
L'emploi de la gonacrine ou trypaflavine (chlorhydrate de diaminométhylacridine) a donné des résultats remarquables dans les observations que nous rapportons plus loin. La gonacrine, bactéricide puissant, a toujours été employée avec succès dans les états septicémiques les plus divers (à streptocoques, à bacilles d’Eberth, à pneumobacilles, à micrococcus melitensis, etc...). Préconisée dans le syndrome cholériforme et le choléra par De Raymond, elle s’est révélée comme un agent énergique, arrêtant des diarrhées cholériformes en pleine évolution et de pronostic très réservé en l’espace de 2 ou 3 jours, voire même de quelques heures (Cf. observations).
En Mai 1930, on signale simultanément une soixantaine de cas de diarrhée cholériforme dans divers points du delta tonkinois. Les recherches effectuées par l’Institut Pasteur de Hanoï n'ont pas révélé la
présence de vibrion de Koch, mais il s'agissait de
MSN
syndromes cholériformes cliniquement identiques au choléra et auxquels on s’accorde à attribuer une mortalité oscillant autour de 70 %.
Dans cette soixantaine de cas, 17 ont pu être traités, en dehors des prescriptions symptomatiques usuelles réduites au minimum, par la gonacrine. Dix malades, sur dix entrés, ont été ainsi soignés au Lazaret de Hanoï. Parmi eux, 7 présentaient tous les signes cliniques d’un choléra sévère. Tous les dix ont été guéris. | |
Dans les 7 autres cas traités en province, trop tardivement d’ailleurs, ou insuffisamment, on compte h décès et 3 guérisons.
En somme 17 malades ont été traités par la gonacrine et 13 ont été guéris. On n’a compté que h décès, soit un pourcentage de moins de 25 % d'échecs, ce qui constitue un résultat appréciable dans des manifestations morbides où la mortalité ne monte pas à moins de 70 à 8o % ordinairement.
La gonacrine a été donnée aux malades en injec— tions intraveineuses, à la dose de 5 à 10 cmc. d’une solution à 2 % dans l’eau distillée. On fait 1 à 2 injections par jour selon la gravité, jusqu’à cessation des troubles. Immédiatement après l'injection, le malade peut avoir un peu de vertige, des nausées, de la sialorrhée, mais ces troubles disparaissent rapidement, et on ne relève pas d’autres accidents. La sécrétion urinaire en particulier est toujours heureusement influencée et nous n'avons jamais observé les
accidents azotémiques signalés par Richet et Couder.
A (op Il est vrai que nous ne dépassons jamais la dose de 0 gr. 20, administrée en 2 fois. | En Cochinchine, Ricou et Tran Van Tam faisant lessai de diverses méthodes de traitement du choléra, ont employé à leur tour la gonacrine et ont
accordé en fin de compte leur préférence à ce dernier
produit, grâce auquel ils ont pu sauver des malades à
une phase très avancée et dont certains présentaient des vibrions.cholériques dans leurs selles.
Les observations que nous rapportons plus loin montrent l’action vraiment efficace de la gonacrine. Mais cette action est encore particulièrement renforcée par l’association à la gonacrine d’une solution chlorurée hypertonique à 300 °/., dont l’emploi comme nous le verrons est tout à fait rationnel.
Traitement des syndromes eholériformes et du choléra par le sérum hyperehloruré à 300 ‘.
Le traitement des syndromes cholériformes et du choléra par la solution chlorurée hypertonique à 300/1.000 est un traitement physiologique et pathogénique, application directe des travaux de Gosset, Léon Binet et Petit-Dutaillis sur la valeur de la solution chlorurée hypertonique comme moyen curatif de l’intoxication dans les occlusions du tube digestif et de ceux de Widal, Lemierre et Javal sur les variations de la chloruration et de l’hydratation de l’organisme et la pathogénie des œdèmes.
Le choléra — de même que les syndromes cholériformes — à 2 symptômes cardinaux : les vomissements et la diarrhée. Ces 2 symptômes engendrent, exception faite du rôle de l’intoxication due à la toxine cholérique, tous les éléments du (cortège symptomatique classique: dessication, excavation des yeux, crampes musculaires, rétraction cutanée, cyanose par ralentissement de la circulation, algidité, voix cassée,
anurie, etc... Mais ce tableau clinique n’est que la
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résultante des manifestations de 2 autres phénomènes solidaires l’un de l’autre et qui, eux, sont les conséquences directes des vomissements et de la diarrhéé : ce sont la déshydratation de l'organisme et son appauvrissement en chlorure de sodium.
La déshydratation de l'organisme dans le choléra et les syndromes cholériformes n’est que trop apparente : les vomissements et les selles incessants et abondants, font perdre rapidement au malade une énorme quantité d’eau, atteignant parfois 4 à 6 litres en l’espace de quelques heures et aboutissant à une momification.
Mais le malade ne perd pas de l’eau seule, il perd aussi du chlorure de sodium. Personne n'’ignore en effet que le sel est éliminé dans toutes les sécrétions (salive, suc gastrique, bile, suc pancréatique, lait, sécrétions de glandes muqueuses diverses), et dans les excrétions (urine, larmes, sueur, liquides de vomissements et de diarrhée). Dans les néphrites avancées, avec forte rétention chlorurée, les vomissements et la diarrhée constituent des moyens efficaces d'élimination du sel. La néphrite aiguë provoquée par le sublimé s'accompagne d’oligurie marquée ou d’anurie, et pourtant elle n’engendre pas d’ædème parce que les vomissements et la diarrhée qui sont constants en pareil cas éliminent le chlorure et l’eau que n’expulsent pas les reins malades. Les vomissements dans l’occlusion intestinale, les vomissements déterminés expérimentalement par des injections répétées d’apomorphine à des chiens, soustraient aussi du sel
Tran Van Bang : 2