‹ Contribution au Traitement du Mal de Pott Cervical: Nouvelle Minerve PlatréeChapitre 11 sur 24 · PRES · texte numérisé non relu

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ralement employés, afin de montrer que beaucoup d’entre eux ne réalisent qu’imparfaitement cette importante indication.

Le procédé d’immobilisation le plus simple et à la fois le plus ancien est le décubitus horizontal, c’est à lui qu'ont eu recours Marjolin, Gosselin, Larrey, Ferdinand Martin et Bonnet. Le moyen employé par Hilton et préconisé par Trèves!, n’est qu’une modification et un perfectionnement du précédent, il consiste dans la disposition suivante : le malade est couché surun plan horizontal, un coussin cir- Culaire, creux à son centre, reçoit l’ucciput, tandis que la nuque repose sur sa circonférence; la tête est maintenue immobile dans cette position par deux gros sacs de sable, placés de chaque côté de la tête et du cou. Quand le malade est remuant, l’immobilité doit être assurée par un bonnet de toile qui saisit Le front et s'attache au-dessous du menton et du cou; à la partie antérieure de ce bonnet sont adaptés des lacs qui viennent se fixer aux sacs de sa-ble. On maintient le sujet dans cette position pendant trois où quatre mois.

A l’immobilisation horizontale prolongée en général, et particulièrement suivant le procédé de Hilton, nous ferons plusieurs objections. En premier lieu, elle est difficile à réaliser supportable à la rigueur dans le mal de Pott des régions dorsale et lombaire, nous pensons qu’elle est absolument intolérable lorsqu'il s’agit d’une carie des vertebres cervicales. Comment, en effet, espérer l’immobilité ab solue dans cette position pendant plusieurs mois; c’est une situation pénible qu'il est difficile de faire conserver à un

1 Trèves Encyclopédie chirurgicale.

malade, à un enfant surtout ; l'alimentation, la distraction, la lecture sont tout à fait impossibles; de plus, le mal de Pott cervical et spécialement le mal sous-occipital est surtout fréquent chez les enfants, et M. le professeur Verneuil insiste, dans ses leçons cliniques, sur la polyurie dont sont affectés les jeunes sujets atteints de lésions du système osseux ; cette polyurie deviendra encore une cause de malpropreté, ce sont autant d'inconvénients qui méritent d’être pris en considération. En second lieu, Papplication d’un bonnet de toile et de sacs de sable nous paraît abso lument incapable de réaliser pendant plusieurs mois une immobilité absolue. Enfin, nous avons vu que le traitement de la tuberculose vertébrale, comme du reste celui de toute tuberculose osseuse, comportait deux indications indis pensables, se complétant l’une l’autre et se rapportant, la première à l’état général, la seconde à l’état local. Le décu: bitus prolongé altère l’état général, ilest incompatible par sa nature avec l’hygiène du malade, il ne faut donc y avoir recours, d'une façon continue, que dans le cas d’absolue nécessité. |

La gouttière de Bonnet a l’avantage de rendre le malade transportable, mais elle n’immobilise que d’une façon toute relative, en outre elle est d’un maniement difficile, son prix est élevé, ce qui ne la met pas à la portée des classes pauvres, où le mal de Pott est si fréquent, la misère sociale et la misère physiologique qui lui est intimement unie, jouant un rôle important dans l’étiologie de la maladie. Bonnet reconnaissait bien lui-même que cette immobilisation horizontale était incomplète & on croit, dit-il, que le séjour au lit suffit pour immobiliser les articulations, c'est une erreur; pour

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maintenir les rapports fixes entre les surfaces articulaires, il faut recourir à l’emploi d'appareils. » Aussi ce chi rurgien conseillait-il l’usage d’un collier de toile métallique. Malgaigne se contentait d’une bande de carton découpée de façon à offrir un point d'appui à la nuque et au menton par sa circonférence supérieure et à reposer sur les épaules par sa circonférence inférieure. Guérin et Broca substituèrent au carton, l’un le cuir, l’autre la gutta-percha. Guersaut et Bouvier ont également proposé des colliers, le principe est le même, la matière seule diffère. Cependant Charrière a imaginé un collier que nous croyons utile de rapporter par ce qu'il est fréquemment employé. Il se compose de deux demi-cercles de fer bien © matelassés, conformés de manière à s’adapter contre le bord inférieur de la mâchoire et l’apophyse mastoïde, la partie inférieure comprend deux larges plaques de métal recouvertes de cuir et rembourrées à leur face interne. Ces plaques articulées en arrière par une charnière qui permet d'ouvrir l'appareil pour le placer, sont retenues en avant. Elles sont conformées de façon à entourer la base du cou, et à s’appliquer en avant et en arrière sur la partie supérieure de la poitrine.

Tous ces colliers, quel que soit le modèle adopté, présentent un caractère commun ; en haut, ils s’appuient sur la nuque et le menton, en bas sur les épaules et les clavicules. Nous pensons, contrairement à l’opinion de Bérard que c’est la cause de leur insuccès fréquent, et ce qu’il faut à tout prix éviter ; en effet, les mouvements du thorax sont ainsi communiqués à la tête; l'élévation alternative des épaules provoque une inclinaison latérale de la tête du côté opposé, d’où immobilisation incomplète.

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De plus, si ces appareils empêchent les mouvements de flexion et d’extension, ils ne s'opposent nullement aux mouvements de rotation, et dans le mal sous-occipital, c’est précisément ceux qu'il importe le plus d'éviter l’apophyse odontoïde qui sert de pivot pour les exécuter. étant la première et le plus fréquemment atteinte. En outre, s’ils peuvent être acceptés dans la position verticale ils deviennent tout-à-fait insuffisants et intolérables pen dant la nuit dans la position horizontale. Enfin, ils présentent tous le sérieux inconvénient de mettre un obstacle à la mastication et par suite à alimentation. En eflet, pour qu’il y ait immobilisation, il faut que le maxillaire inférieur qui sert de point d'appui soit fortement appliqué contre la mâchoire supérieure ; comment alimenter le malade d’une façon suffisante : ou bien le maxillaire peut exécuter les mouvements nécessaires à la mastication et dans ces conditions le point d’appui étant essentiellement mobile, l’immobilisation est un leurre.

Les minerves sont de date plus récente que les colliers les modèles en sont nombreux, les plus connues sont celles de Drutel et Blanc de Lyon, de Bigg, de Bouvier ; nous nous contenterons de décrire le type le plus perfectionné, réalisé par Gharrière; ce sont du reste surtout les détails accessoires qui différencient tous ces appareils, Les minerves qu'on emploie aujourd’hui de préférence sont composées d’une tige métallique rigide placée le long du dos, adaptée à sa courbure, et surmontant la tête ; au sommet de cette tige est fixé un ensemble de courroies embrassant le sous-occiput et le menton. La tête est ainsi maintenue dans l'extension et la colonne vertébrale au repos. La tixe dorsale est réunie a

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