‹ Contribution au Traitement du Mal de Pott Cervical: Nouvelle Minerve PlatréeChapitre 6 sur 24 · LOS · texte numérisé non relu

LOS

La réparation se fait lentement, quelquefois elle exige

plusieurs années. Dans quelques cas rares, les fongosités s'organisent d’abord en une membrane fibreuse épaisse, régulière, constituant une sorte de cal fibreux. On rencontre parfois à côté des masses fongueuses des productions osseuses nouvellement formées à la surface des ver tébres malades. Ces ostéophytes sont peu abondants, la néoplasie réparatrice est peu active. Les productions osseuses s'étendent peu, et sont irrégulières, rugueuses, déchiquetées. Elles siègent de préférence sur les parties latérales des corps vertébraux, néanmoins, les apophyses transverses sont quelquefois englobées dans cette ankylose périphérique, mais elle manque souvent, et la consolidation se fait exclusivement dans l'intervalle des deux tronçons. On trouve parfois des fragments et débris de vertèbres englobés dans une masse osseuse étendue de l’un des tronçons à l’autre. Dans le cas où la réunion est parfaite, on retrouve encore quelque part une où plusieurs cavernules, remplies tantôt de tissu fibreux, tantôt de matière caséeuse et de grumeaux calcaires, parfois même, il s’y trouve un petit séquestre.

Le plus généralement la guérison survient par anky lose des articulations atteintes, elle est possible à toutes les périodes de la maladie, même après suppuration et destruction de surfaces osseuses importantes. Cloquet a recueilli un cas de guérison par ankylose, entre l’axis et l’occipital, il ne restait qu'un point osseux de l’atlas en arrière. Dans un cas de Wade, la guérison fut obtenue malgré l'expulsion au dehors de la plus grande partie de ’arc antérieur de l'atlas.

L'ankylose n’est pas le seul mode de guérison, cette

dernière peut être obtenue avec tous les mouvements, les observations anatomiques manquent, mais l'intégrité physiologique des fonctions articulaires en est une preuve suffisante. Ce résultat s'obtient surtout lorsque les malades sont immobilisés dès le début de l'affection, et que les lésions sont peu accusées.

L'âge du sujet influe d’une façon évidente sur la guérison, aussi, Pott qui observait surtout des adultes ne croyait pas à la possibilité de la réparation, c’est qu’en effct, elle est relativement rare chez eux; au contraire chez l'enfant dit de Saint-Germain, la cicatrisation de la plaie osseuse, ou la constitution d’un cal solide qui s’oppose à un effondrement total est heureusement la règle. Entre ces deux extrèmes, il y a place pour une opinion intermédiaire plus conforme à l’observation clinique ; car s’il est vrai que les enfants guérissent plus fréquemment, il est également incontestable que beaucoup d’entre eux succombent avant la période de réparation, et que d'autre part, chez bon nombre de sujets âgés, la maladie se termine favorablement.

Si la réparation osseuse est fréquente et admise par tous les chirurgiens, il n’en est pas de même pour la régénération des éléments de la moelle. Les avis des physiolo gistes sont partagés. À près une période d’hésitation, Flourens, Robin, Massuis et Vanlair admettent la possibilité du retour ad integrum des fonctions de la moelle par suite de la régénération de ses éléments. Mais Velpeau sans nier la possibilité de la cicatrisation nerveuse de la moelle et de la réapparition du mouvement volontaire et de la sensibilité, pense que ces faits n'ont pas été mis hors de contestation parlesexpériences des physiologistes, il estpro-

bable qu’il n’y a pas eu destruction de la moelle au sens anatomique du mot. Les éléments soi-disant régénérés ne sont peut-être que des éléments sains qui n’ont pas été

atteints.

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