‹ Contribution au Traitement du Mal de Pott Cervical: Nouvelle Minerve PlatréeChapitre 8 sur 24 · LE T · texte numérisé non relu

LE T

Au point de vue pathogénique, il est nécessaire de distinguer deux sortes de douleurs, l'une localisée est due à inflammation de los, elle est plus constante, pluségale, moins paroxystique que celle qui est sous la dépendance des lésions irritatives de voisinage des nerfs et particulièrement dans le mal sous -occipital des nerfs grand ct petitoccipital, du grand auriculaire, du superficiel du cou, des filets descendants du plexus cervical, des branches sternale, claviculaire et acromiale.

A ce sujet, Hilton ? fait remarquer que dans les affec tions des vertèbres cervicales inférieures, la douleur est presque toujours symétrique, tandis qu’elle est unilatérale dans les afféctions de l’atlas et de l’axis. L’exactitude de ces faits, s’ils étaient démontrés exacts, aurait une inportance considérable dans le diagnostic du siège des lésions, mais de nouvelles observations sont nécessaires.

Presque en même temps que la douleur se manifeste, la tête prend une attilude vicieuse qui donne au malade un facies spécial. La nature de la déviation varie avec le siège de la lésion. Généralement le malade se présente le cou tendu, raide, la tête immobile, plus ou moins fléchie suivant Le degré d'évolution dela maladie, le couparfois subit un certain degré de torsion avec déviation de la face, si l’on ajoute à ces faits la contracture musculaire, qui, comme nous le verrons plus loin, est si importante, on

comprendra facilement qu’on ait pu confondre le mal de Pott cervical avec le torticolis. Mais cette attitude, bien que la plus fréquente, n’est pas la seule que l’on observe; quelquefois la tête est fléchie latéralement, ou fortement

1 Hilton. Lectures of Rest aud., Paris, 3° éd., 1880, p. 92.

EXCeptionnelle, elle s'effectue sous l'influence des positions instinctives que le glissement de l'atlas chaque Jour

champ visuel ; d’où cette mobilité du regard qui frappe

buait à la volonté du malade, celui-ci, pensait-il, placerait sa tête dans la Position qui diminue le plus l’inten -

Principalement à l’action MusCulaire et que C’est la con

seuses, ef par ce Moyen de diminuer la douleur. Ce fait de l’atténuation des Phénomènes douloureux par l’immobilisa . tion naturelle et instinctive des surfaces articulaires nous fournit un, précieux enseignement, et nous verrons en

SDS 2, nous occupant du traitement que c’est l'une des principales indications que la thérapeutique s’efforce de remplir artificiellement au moyen d'appareils orthopédiques.

La déformation est un symptôme généralement moins précoce que ceux que nous avons étudiés précédemment, il s’accentue d’autant plus que la maladie est plus avancée. La nature des éléments qui constituent la déformation nous rend compte de son apparition en quelque sorte tardive. Les uns sont d’origine articulaire, ce sont Les fongosités, les déformations osseuses, les déplacements articulaires, les luxations et les gibbosités ; les autres sont dus aux lésions de voisinage, ce sont : l’œdème, les abcès par congestion, l’engorgement ganglionnaire.

Les gibbosités sont moins fréquentes à la région cervicale qu'aux régions dorsale et lombaire, lorsqu'elles siècent à la partie supérieure du cou. elles ont géaéralement pour cause le glissement en avant des masses latérales de l’atlas sur laxis, la tête est alors fortement fléchie et le menton peut arriver au contact du sternum. À l’examen on reconnaît que la fossette sous-occipitale a disparu, l’apophyse épineuse de l’axis difficilement perceptible à l’état normal est devenue facilement accessible; du côté du pharynx on trouve une saillie parfois très appréciable à la vue et au toucher ; une simple gène de la déglutition bientôt suivie d’une véritable dysphagie est la conséquence de la proéminence des masses de l’atlas dans la cavité pharyngienne. Nous avons vu en étudiant l'attitude vicieuse qu’on observait exceptionnellement le renversement de la tête en arrière; ce phénomène est bien dû dans quelques cas au glissement de l’atlas en arrière, mais le plus généralement, il reconnaît pour cause la contracture

nÉRe nan

musculaire exagérée, destinée à s'opposer au déplacement de l’atlas en avant. Quant aux déformations de la colonne cervicale inférieure, elles sont toujours peu accusées, ce qui s’explique par la rareté des Inxations qu’on observe dans cette région, Malgaigne ‘ affirme qu’il n’en connait pas un seul cas.

La déformation apparaît à une période variable de la maladie, elle peut même faire complètement défaut et les cas de mal vertébral cervical sans déformation d’origine osseuse ne sont pas rares. Lorsqu'elle se produit, c’est généralement à une période avancée ; elle survient alors brusquement à l’occasion de mouvements spontanés et peut dans ces circonstances produire du côté du bulbe des accidents graves et même rapidement mortels. On connait des observations dans lesquelles ces luxations brusques ont été consécutives à des manœuvres de réduction inopportunes. Lorsque, au contraire, la déformation se montre au début de l'affection, elle s'effectue peu à peu et c’est d’une facon insensible que la tête se fléchit.

Nous avons dit plus haut quela déformation était sous la dépendance des déplacements des surfaces articulaires, ceux-ci ne sont pas dus uniquement aux altérations du tissu osseux que nous avons étudié dans le chapitre que nous avons consacré à l’anatomie pathologique; les fongosités qui envahissent les articulations, distendent les cavités séreuses, éloignent les surfaces osseuses, entament les ligaments dont elles diminuent la résistance, jouent un rôle important dans le mécanisme des luxations.

Si les lésions sont réparties d’une façon égale sur toute la surface des vertebres, il en résulte la flexion ou l’ex-

1 Malgaigne. Traité des luxations.

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