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LA SPECIFICITE DE LA REACTION SULFO- PHOSPHO-V ANILLIQUE

Nous nous sommes demandés quels étaient exacte-

ment les principes dosés par cette réaction.

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A) En premier lieu, nous avons précisé les rapports avec la réaction phospho-vanillique qui met en évidence l’acide cholalique (E. CHABROL, CHARONNAT, COTTET).

On sait que les chimistes isolent sous l'étiquette « sels biliaires », des substances fort bien définies in vitro dans la bile, mais que nos méthodes biologiques ont été iusqu’à ce jour impuissantes à révéler dans le sang. Nous ne pouvons individualiser que le noyau fondamental des sels biliaires: l’acide cholalique.

Or, l’acide cholalique n’est pas directement en jeu dans la réaction qui nous intéresse: il ne la donne pas in vitro: d'autre part, ses chiffres in vivo ne sont pas proportionnés à ceux que fournit la réaction S.P.V.

Si l’acide cholalique est hors de cause, ne s’agiraitil pas du sel biliaire dont la structure est aujourd’hui bien définie et auquel la thérapeutique fait souvent appel depuis quelques années, sous le nom de déhydrocholate de soude ? Nous avons éprouvé ce dernier sous ses deux formes spécialisées: le Dycholium et le Décholin: ni l’une, ni l’autre ne nous ont donné la réaction S. P. V.

Nous ignorons comment cette dernière se comporte vis-à-vis de l’acide désoxycholique, n’ayant pu disposer de cette substance à l’état rigoureusement pur.

B) Les pigments biliaires.

Au cours des ictères par obstruction du cholédoque, il existe généralement un parallélisme assez étroit entre le degré de la jaunisse et le taux de la réaction S. P. V. Devons-nous en conclure que cette réaction reflète indirectement la bilirubine ? En aucune façon: nous n’avons jamais pu l’obtenir in vitro en partant de la bilirubine de Merck; d’autre part, comme nous le verrons plus loin, elle donne des chiffres remarquable-

ment faibles dans les hépatites dégénératives de l’ictère grave, qui s’accompagnent cependant d’une cholémie pigmentaire très prononcée.

C) Le cholestérol.

Nous avons établi notre gamme d’étalons S. P. V. en partant du cholestérol; il n’est pas douteux que le cholestérol et les substances dosées par la réaction S. P. V. sont dans une même dépendance au cours des maladies de la nutrition et suivent généralement une marche parallèle dans les ictères par obstruction. Cependant, on est loin de constater entre les deux réactions un parallélisme rigoureux.

Il n’est pas rare, dans les ictères lithiasiques. d’ohserver une réaction S. P. V. très marquée, indice d’une quantité ’d’acides gras importante, alors que la réaction de Grigaut-Libermann donne des chiffres sensiblement normaux. Il est constant de noter sur les biles de cholecystostomie, dans la première semaine du drainage, une réaction S. P. V. complètement négative eu égard des belles teintes vert émeraude du Libermann-Grigaut.

D) Les acides gras sont-ils exclusivement à l’origine de la réaction qui nous intéresse aujourd’hui ?

Chez plusieurs de nos malades, nous avons pu, grâce au concours de J. HARISPE, confronter les résultats obtenus par la méthode pondérale de Laudat avec ceux que nous donnait la réaction $. P. V. Plusieurs fois le parallélisme fut tel que nous eûmes un instant l'espoir d'aborder sous un angle nouveau, par une technique simple et rapide, l’étude fort laborieuse jusqu’à ce jour, des lipides totaux du sang.

À la vérité, l’expérience nous a bien vite montré la complexité du problème, en nous faisant souligner

de nombreuses divergences. C’est ainsi qu’une même bile duodéna!e nous a donné comparativement:

Lipides totaux Laudat: 0,43. Cholestérol: 0,14.

Réaction $S. P. V.: 0.

E) Si cette réaction est totalement négative en présence de l’acide cholalique, peu appréciable en présence du cholestérol, elle est remarquablement sensible vis-à-vis des acides gras non saturés: oléique et Finoléiaue. Nous l’avons éprouvé avec plusieurs huiles différentes : huile d'olives, huile de croton, huile d'amandes douces, huile de ricin et aussi avec plusieurs échantillons de vitamine A. On peut diluer toutes ces substances au dix millième ou au vingt millième: la réaction sulfo-phospho-vanillique donne encore des teintes très appréciables. Il suffit d’ailleurs de placer cête-à-côte. dans un même tableau, la movenne des chiffres du Libermann-Grigaut et la moyenne des unités $S. P. V. exprimées en cholestérol, pour reconnaître la marge considérable qui revient aux substances dont nous avons entrepris le dosage.

Réaction Réaction $. P. V. de Libermann et Grigaut

unités unités

Sérum d’un sujet normal .. 8 1,60 Sérum d’une obstruction can-

céreuse du cholédoque .... 35 3 Sérum d’un ictère infectieux

ÉDLTÉMTIQUE L. nie aps de mea a@l ; 1,50 Sérum d’un ictère hémolyti-

NC RE Pen nor 5,50 0,68

Sérum d’un ictère grave avec . hépatite dégénérative .... 3,50 0,50

PEN, li je

Bile duodénale normale jau-

Me OLA STE RAM ANDEeS 27,50 0,31 Bile de cholécystostomie .. :

(ire semaine) .......... 0 0,45 (6’Semaine)/ ver : 5,50 0,60 Bile vésiculaire d’obstruction cholédocienne ........... ; 75 1,87

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