B. ETUDE DES LIPIDES DE LA BILE
Tout en suivant les fluctuations sanguines de la réaction sulfo-phospho-vanillique, chez les sujets atteints d’ictère par rétention, il nous a paru intéressant d'étudier la teneur en lipides des biles noires et
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épaisses, qui s’écoulent, avec peine, de la fistule de cholecystostomie réalisée par le chirurgien.
Nos dosages concernent quatre néoplasmes du pancréas, un néoplasme de l’ampoule de Vater, un néoplasme du cholédoque, une pancréatite ictérigène et trois observations de calculs cholédociens: tous ces sujets présentaient un taux d’acides gras sanguins élevé, témoignant de la rétention de ces principes : leur moyenne oscillait autour de 30 unités $. P. V.
Dans ces neuf échantillons de bile vésiculaire, le taux des lipides $. P. V. ne fut pas très augmenté, si l’on fait abstraction du chiffre extrême de 218, découvert chez un malade atteint de néoplasme du pancréas qui évoluait depuis plusieurs mois, accompagné d’une lipidémie à 40 unités. Nos huit autres observations fournissent des chiffres compris entre 12,5 et 62,5 avec une moyenne de 30 à 35 unités S. P. V.
Ils ne diffèrent guère de la moyenne des résultats observés chez le sujet normal; on peut en tirer la conclusion suivante; si le cholécyste posède un pouvoir concentrateur très marqué vis-à-vis des pigments et des sels biliaires (nos chiffres l’attestent incidemment) il n’exerce pas une action comparable à l’égard des lipides, qu’il s’agisse de la réaction S. P. V. ou de la réaction de Libermann-Grigaut; les chiffres moyens de cette dernière restent aux alentours dé deux unités. Dans les jours qui suivent la cholecystostomie, il nous a paru intéressant de suivre la destinée des lipides que renferme la bile fistulisée. Dès le premier jour de l'intervention, le cholecyste s’est libéré de son contenu: bile noire, visqueuse, épaisse, riche en sels et en lipides. Ce n’est qu’au deuxième ou troisième jour que le drain laisse s’écouler un liquide plus limpide, mais encore très brun dont la quantité varie habituellement entre 500 cc. et 1 litre par 24 heures. Nous avons dosé, chaque jour, la teneur de cette bile en
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corps gras et nous avons assisté à un phénomène curieux dont la constance mérite d’être soulignée: alors que la bile vésiculaire a entraîné le premier jour une quantité importante de lipides $. P. V., nous sommes surpris vers le deuxième ou troisième jour, le sujet restant à la diète, de voir disparaître la réaction S. P. V ; elle s'éteint totalement tandis que le cholestérol et les sels biliaires prouvent encore leur existence par leurs réactions colorées. -
Devons-nous en conclure qu’un drainage parfait à libéré le sang des acides gras et des lipides qui y figuraient en excès ? En aucune façon: la lipidémie peut être aussi marquée qu’à la veille de l’acte opératoire: en règle générale, il semble même que sa régression soit en retard sur celle de la cholémie pigmentaire et saline, voire sur celle de la cholestérinémie. Tout se passe en définitive, comme si la disparition des acides gras était subordonnée au jeûne des malades et à le rupture complète du cycle entéro-hépatiqaue sous leffet de la fistulisation. Ce n’est d’ailleurs qu’une éclinse de très brève durée: Ja réaction sulfo-phospho-vanillique réapparaît bientôt vers la deuxième semaine avec sa teinte rose très caractéristique, et son accroissement progressif n’est pas sans intérêt pour le clinicien aui peut trouver en lui un élément de pronostic favorable: plus la réaction est intense, mieux elle laisse entrevoir l’abaissement des acides gras et des lipides sanguins, mieux elle permet indirectement d’apprécier la perméabilité fonctionnelle de la glande hépatique.
Nous croyons intéressant pour illustrer ces faits.
de rapporter en détail l’observation biologique d’vne de nos malades opérée par M. BERGERET.
Mme L.. (obs. n° 751) âgée de 44 ans, est conduite à l’hôpital Saint-Antoine, le 3 mai 1940, pour un ictère franc survenu assez brusquement 45 jours