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Au terme de cette étude des ictères cirrhotiques, nous pouvons retenir que c’est au cours des hépatites dégénératives ictérigènes que l’on note les chiffres les plus faibles de lipides S P. V. et que ce taux minimum va de pair avec une cholestérinémie basse et avec une cholalémie très discrète, alors que la cholémie pigmentaire atteint des taux élevés.
B. ETUDE DES LiPIDES DE LA BILE DANS LES ICTERES CIRRHOTIQUES
L'étude des lipides biliaires des cirrhotiques fournit des résultats totalement différents de ceux observés dans les autres variétés d’ictères et mérite d’être intimement rapprochée de l’étude des lipides sanguins chez ces mêmes sujets.
Nous avons pu, chez quelques-uns d’entre eux, alors que l’ictère était à son apogée. pratiquer un tubage duodénal avec épreuve au sulfate de magnésie; chez deux de ces malades nous pûmes même, à la faveur d’une cholécystostomie, étudier le destin des lipides biliaires, au déclin de l’intervention et nous croyons intéressant de rapporter ces faits:
a) Résultats fournis par le tubage duodénal.
Notre premier cas concerne un homme de 40 ans (obs. n° 890) dont nous avons brièvement rappelé l’observation dans le chapitre précédent:
IL s’agissait d’un sujet pléthorique, atteint d’une cirrhose dont les signes étaient manifestes: hypertrophie hépatique avec accroissement de la consistance de cet organe, légère lame d’ascite, rate palpable, épistaxis, gingivorragies. L’ictère que présentait ce sujet, lorsque nous fûmes appelés à le voir, datait d’une quin-
ÉPARU + DER
zaine de jours: il était apparu insidieusement, sans aucune douleur, sans élévation thermique. Cet ictère était des plus manifestes, puisque la cholémie pigmentaire, appréciée par la diazo-réaction limite, se chiffrait par 64 centigrammes en regard d’une cholémie saline à 20 milligrammes. Le taux des lipides sanguins était faible: 6,25 par la réaction sulfo-phospho-vanillique, 1,24 par la réaction de Grigaut, 6,38 pour les lipides appréciés par la méthode pondérale de Laudat.
Quelques jours plus tard, nous pûmes faire à ce sujet, chet lequel l’ictère marquait une aggravation manifeste de la cirrhose, un tubage duodénal dont les données s'inscrivent ainsi:
12 décembre 1940
Bile A: 0 lipides S. P. V.
Bile B: 0 lipides S. P. V.
18 décembre 1940
Bile A: 0 lipides S. P. V.
Bile B: 0 lipides S. P. V.
Dans la bile B, le cholestérol total était de 0,144; la partie esthérifiée ne s’avérait pas dosable; le taux des lipides Laudat était de 0,43. La disparition des lipides biliaires S. P. V. devait nous inciter à porter un pronostic fatal; cette prévision fut justifiée. Tandis que les signes de dégénérescence hépatique s’accentuaient: oligurie, œdème, somnolence, les lipides sanguins que révèle la R. S. P. V. s’effacèrent à peu près complètement: les variations des lipides Laudat et du cholestérol sanguin furent à la vérité moins fi-
dèles.