IL — LES TESTS
Ils nous seront d’une grande utilité pour extério-
riser le phénomène psychique qui est inaccessible à l’observation directe. Nous emploierons donc des tests de personnalité, mais après connaissance du niveau mental de l’individu observé.
Tests de niveau.
Tests composites:
Echelle de BINET-SiMoN.
Echelle de TERMAN (dérivée de la précédente) : toutes deux nées des nécessités pratiques de la discrimination des débiles mentaux, elles représentent les premiers tests gradués en « âges mentaux ». Echelles de YERKES: Test du type BINET-SIMON, mais qui constitue des séries homogènes allant des niveaux inférieurs aux niveaux supérieurs.
Profil de VERMEYLEN: cette batterie de tests, envisagée empiriquement est utile en psycho-pathologie, notamment pour la description des types psychologiques de débiles.
Echeile d'intelligence de WECHSLER-BELLEVUE:
elle est actuellement la plus couramment utilisée pour l’examen d’intelligence des sujets adultes. Test de vocabulaire de Binois et PicHoT: il consiste à trouver le synonyme d’un mot dans un groupe de six mots donnés.
Tests homogènes:
Test du bateau de GLUECK: c’est en réalité un « puzzle » mais dont les découpures ne sont pas complexes.
Labyrinthes de PorTEUSs: échelle de 11 labyrinthes de difficultés croissante; le sujet doit les parcourir avec un crayon, sans jamais revenir en arrière.
PorTeus le considère non seulement comme un test de développement, mais aussi comme un ex-
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cellent test d” « adaptabilité sociale » qui proviendrait de la participation de facteurs non cognitifs dans la réussite de l’épreuve.
Cubes de Kons: Avec 16 cubes aux faces de couleurs différentes, le sujet doit reconstituer des dessins géométriques colorés, de difficulté graduée. Dessins de GoopEnoucx: C’est une standardisation très élaborée du dessin spontané, pourvue d’une technique très précise d’étalonnage.
Progressive Matrices 1938 de PENROSE: Très utilisé pendant cette dernière guerre, il constituait le test d’intelligence générale dans l’armée britannique.
Tests de personnalité:
Nous ne citerons que les tests usuels permettant
d’explorer les aspects non cognitifs de la personnalité.
Méthodes subjectives:
Ce groupe de tests est fondé sur une sorte d’auto-
analyse de la personne intéressée, basée sur l’introspection et autocritique. Celle-ci s’appuie sur des questionnaires ou des schémas établis après de nombreuses études psychologiques et de nombreuses expériences préliminaires.
Personal data sheet (P.D.S.) de WoopworTH- MarHEws: Cette «feuille de faits personnels » comprend la lisie de 200 symptômes névrotiques compilés d’après la littérature psychiatrique. Pendant la première guerre mondiale, ce test a décelé parmi les soldats les sujets émotionnellement instables.
Questionnaire dit «du caractère » de HEUYER:
Îl fut construit à partir de la liste du Woodworth- Mathews.
Test X-O de Pressey: Publié en 1921, il permet de «mesurer et d’explorer les émotions ». Il est spécialement destiné à l’étude des « attitudes émotionnelles pathologiques ».
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Test de discrimination éthique de Kons: Un des premiers (1922) et des plus célèbres, il permet de juger les normes morales et éthiques.
Test & Tsedek » de Baruk: Test éthique plus récent et trop actualisé, il permet parfois un apport dans le diagnostic différentiel entre l’épilepsie, la perversité et la schizophrénie.
Méthodes objectives:
On ne demande pas d’auto-appréciation au sujet examiné, mais l’exécution d’un acte déterminé et
dans la genèse duquel des facteurs affectifs jouent un rôle important.
«€ Puzzles »: Il faut rassembler les parties d’un « puzzle » d’après des règles déterminées.
Test de SZONDI: ce test demande au sujet examiné de choisir dans 6 séries de 8 photographies les 2 personnages qui lui paraissent les plus sympathiques et les 2 plus antipathiques. Les photos sont celles de sujets atteints de troubles mentaux divers, ou encore, si nous adoptons la terminologie de SZoNDiI, de «troubles pulsionnels différents ». Il nous donne souvent des renseignements très précieux, surtout lorsqu’on le répète plusieurs fois et que l’on calcule les «formules pulsionnelles ». Il nous donne une image de la structure des 8 « facteurs pulsionnels » précisés par SzoNDI. Il nous indique les symptômes manifestes d’un malade ou les traits essentiels du caractère d’un individu normal; les symptômes ou les traits de caractère & latents » et enfin, il nous montre les & facteurs de racine »; il nous dit dans quelle « classe pulsionnelle »il faut ranger un individu. Tout cela est très important pour le diagnostic.
Méthodes projectives:
Dans les méthodes de projection, le sujet examiné
doit exécuter aussi une épreuve, mais on suppose qu’il « projette » dans la solution ses propres problèmes, attitudes, conflits, complexes, etc...
CERN
Test de RorscHacn: Il est couramment appliqué. L'interprétation de ses taches d’encre nous dévoile les côtés essentiels de la personnalité en mettant en évidence les facteurs formels et en les précisant davantage que le contenu de la vie psychique du sujet. Il est important aussi dans beaucoup de cas pour un diagnostic psychiatrique et il nous donne des indications précieuses sur les états limites entre la maladie au début et l’état normal: en un mot il aide au diagnostic précoce, le seul valable actuellement, car il se fait dans la période dec curabilité » de maladie mentale (schizophrénie par exemple qui, au début, est protéiforme et peut revêtir n'importe quel syndrome psychiatrique). Nous pouvons aussi tirer du test des conclusions sur la conception qu’a l’individu du monde en général; nous pouvons soupçonner l'existence de certains conflits et complexes, de préoccupations, de sentiment de peur, d’angoisse, de timidité, d’inquiétude, de sentiment de culpabilité, d’infériorité; mais le test ne précise pas le contenu des représentations et des pensées, l’histoire de la vie du sujet. De plus, certaines réponses permettent de supposer qu’il existe des complexes sexuels, mais ne nous renseignent pas sur leur nature.
Test « mosaïque » de LŒœwwEnFELD: C’est la construction d’un dessin à l’aide de pièces géométriques colorées en matière plastique. Ces dessins peuvent être classés en normaux et anormaux, on envisage aussi l’interprétation de la couleur utilisée.
Dessin: Ce test met en évidence les manifestations de certains aspects très généraux de la personnalité. Si on laisse dessiner l'individu librement, la nature du sujet choisi peut être révélatrice; si on lui impose un sujet déterminé, il reste toujours libre de la manière de l’exécuter. Le dessin permet à beaucoup de traits de la personnalité de s’ex-
primer: l’angoisse, le sentiment d'isolement, les préoccupations sexuelles, le sentiment d’insuffisance ou d’inférioté, le désir d’être aimé, le besoin de tendresse, la haine, l’agressivité, etc. Thematie Apperception Test (T.A.T.) de MURRAY: Ce test s'intéresse à l’affectivité du sujet et nous permet de déceler ses complexes, ses conflits, de mettre en lumière l’influence de certains événements sur son développement et son attitude en face des problèmes essentiels de la vie. La personne qui, partant des images, nous raconte une série d'histoires, projette dans celle-ci ses propres sentiments, ses désirs, ses angoisses, ses espoirs, etc... en général, sans se rendre compte elle-même de ce fait. MURRAY a comparé son test à une radioscopie: les rayons X projettent la morphologie normale et pathologique sur l’écran et nous permettent une observation directe; de même, les histoires racontées par le sujet représentent une projection de sa vie affective et de ses troubles (de ses. complexes, conflits, préoccupations, etc...). Il permet aux tendances inconscientes, aux désirs refoulés, aux souvenirs et impressions oubliés de se manifester. Certains processus psychiques dont le sujet ne peut avoir conscience sont activés. Il n’est pas exceptionnel qu’on réussisse à reconstituer la vie de la personne examinée, d’après les 20 histoires du T.A.T., à définir sa situation psychique actuelle, les problèmes et les conflts qui la tourmentent, ou encore de dire quels sont ses désirs ou ses projets. De plus, les histoires sont un point de départ pour une analyse plus profonde; elles permettent de poser des questions à l’individu, de mettre au clair beaucoup de problèmes qui le tourmentent et d’associer le sujet au travail de l’examinateur. Le test prépare done la psychothérapie, dans beaucoup de eas il est même déjà le début de la cure.
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Il va sans dire que tous ces tests ne doivent pas être faits systématiquement à chaque sujet. L'examen clinique précise les deux ou trois tests les mieux appropriés au cas. De même, ces tests ne doivent pas être pris comme «parole d’évangile »: la médecine, et encore plus la psychiatrie, est «un art et une science » qui discerne les résultats qui sont acceptables avec le contexte clinique.