II. — LES LABORATOIRES D’ANTHROPOLOCIE CRIMINELLE (L.A.C
Le fonctionnement des L.A.C. est des plus faciles à concevoir.
Le médecin de l’A.P., avec l’aide d’un surveillant ou d’un employé ayant appris les notions élémentaires de mensuration anthropologique, et un secrétaire qui pourrait être, à la rigueur, un détenu de confiance, constitueraient le personnel suffisant.
Les locaux du L.A.C. (une pièce de mensuration et une pièce d'archives) doivent-être attenants à ceux de l’A.P.
La mission du L.A.C. pourrait être ainsi limitée à l’établissement d’un dossier anthropologique standardisé, pour tous les individus condamnés. De plus, il constituerait une sorte d’ & archives » de l’A.P.
Ainsi compris, les L.A.C. seraient à peu de frais le seul moyen rationnel et scientifique de réunir une abondante documentation technique, qui permettrait d’améliorer notre système de Défense Sociale et de lut-
en
ter plus efficacement et plus scientifiquement contre la délinquance.
Pour parfaire ce but, il conviendrait aussi de créer à Paris un Institut de Criminologie, organisme d’études eù l’on enverrait toutes les observations, c’est-à-dire le résumé standardisé des dossiers médicaux des délinquanis anormaux psychiques observés à l’A.P. (pour sauvegarder le secret médical, le nom de l’intéressé devra être remplacé par un numéro d’ordre). Le double de cette fiche suivrait d’ailleurs le délinquant anormal au Centre de Réadaptation.
En effet, l’anthropologie criminelle n’est pas seulement un chapitre de psychiatrie ou de sociologie, elle est, comme le dit le docteur VERVAECK, une science complexe empruntant, comme la médecine et la philosophie, ses méthodes d’examen et de traitement à toutes les sciences positives. Les mêmes causes morbides aboutissent suivant les circonstances et les individus à Ja maladie, à la & démence », à la névropathie, au vagabondage, à la prostitution, à la criminalité.
Centres de réadaptation sociale
Au premier contact, la plupart des délinquants sont déconcertants par la violence de leur besoin de justice qui, à moins qu'on ne l’étudie, fait penser à l’existence d’un sens moral authentique. Il s’agit d’une attitude sans nuance, purement revendicatrice et agressive, justifiant leur comportement. Il ne s’agit pas d’excuses, de mauvais prétextes, ni de rationalisation, mais d’un état réellement vécu avec lequel ils sont identifiés, et cette attitude résume leur personnalité avec l’ensemble des facteurs qui l’ont élaborée.
Il n’existe aucun élément dans leur psychisme, qui serait susceptible d’utiliser cette réaction en vue de sauvegarder d’autres valeurs.
Nous constatons ainsi l’existence d'individus: —— Pour qui le nombre d'événements qu’ils considè-
rent comme injusies est plus grand que chez les
autres, et qui expriment par là l’absence d’effort de compensation.
— Pour qui la réaction est beaucoup plus longue, ou plus violente, ou plus fréquente que chez les autres.
—— Qui ne demandent au milieu où ils vivent que l’ombre d’une justification à leur acte considéré comme représaille, et qui tendent ainsi, soit à transformer leur milieu, soit à en choisir un, approprié à leur évolution.