‹ Contribution Expérimentale à l'Étude de l'Action de l'Adrénaline sur les échanges azotésChapitre 13 sur 25 · II. — ADRÉNALINE ET ECHANGES AZOTÉS · texte numérisé non relu

II. — ADRÉNALINE ET ECHANGES AZOTÉS

Comme nous l’avons noté, Blum, qui le premier a découvert la glycosurie adrénalinique, s’est posé la question de savoir si des troubles du métabolisme azoté, n’accompagnaient pas la glycosurie.

Il a recherché tout d’abord si la quantité d’azote éliminée augmentait, toutes choses égales, après injection d’adrénaline. Bien qu'il n’ait pas trouvé de résultat certain, il conclut cependant non point à l’existence d’une simple glycosurie, mais d’un véritable diabète.

Cette importante question touche de très près la pathologie depuis que, comme l’on sait, la gravité du diabète est tout autre, suivant qu'il s’agit d’un diabète sans troubles azotés, ou au contraire, d’un diabète avec troubles de l’élimination azotée.

C’est Marcel Labbé (2), en effet, qui insiste sur cette division importante, en rappelant, de nombreuses observations dans son récent livre, qui met à l’évidence les troubles du métabolisme azoté, caractéristique du diabète avee dénutrition.

Après avoir distingué le diabète sucré simple, sans dénutrition, 1l étudie le diabète avec dénutrition azotée. Dans ce dernier Cas, l'établissement du bilan azoté semble être négatif.

(1) C. r. Soc. biol. 9 juillet 1921, p. 281.

(2) Marcel LaBBr, « Le Diabète Sucré ».

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La dénutrition azotée, peut être considérable et entrecoupée de phases de rétention azotée. La glycosurie est abondante, elle persiste dans le jeûne absolu et s'accompagne souvent d’acidose (acétonurie, acide diacétique, ammoniurie, acide boxybutyrique). En même temps d’autres troubles du métabolisme azoté se manifestent : l’amino acidurie (signalée par le Professeur agrégé H. Delaunay dans sa thèse comme un bon signe d'insuffisance hépatique), s'élève au cours du diabète avec dénutrition. D’après MM. Marcel Labbé et Bith, elle prend alors des valeurs beaucoup plus ‘considérables que dans les autres affections. « (1) Au lieu de 0 gr. 05 à 0 gr. 35, dit Marcel Labbé, dans son récent livre « Le Diabète Sucré », les chiffres normaux, les aminoacides ont varié, dans les observations que j'ai apportées, de 0 gr. 50 à 2 gr. 6 par jour; il nous est arrivé de rencontrer des chiffres plus élevés encore; le rapport de l’azote aminé à l’azote total #5, au lieu de rester, comme à l’état normal, au-dessous de 3,5 p. 100, s’est élevé dans nos cas jusqu'à 8,4 p. 100; j'ai vu chez d’autres sujets des rapports allant jusqu’à 12 p. 100. Toutes ces constatations sont l’indice d’un trouble considérable du métabohsme azoté. »

Il était très intéressant de savoir si des troubles du même ordre existaient dans le diabète adrénalinique : c’est la question même que nous nous sommes posée et que nous avons essayé de résoudre.

Certains auteurs, en particulier Noël Paton (1903), Herter, Richards s'étaient déjà préoccupés de la question.

1° Comment se comporte le bilan azoté à la suite d'injection d’adrénaline ?

2° Existe-t-il des troubles qualitatifs dans la répartition de l’azote urinaire ?

Noël Paton (2) conclut de ses expériences faites sur le lapin

(1) « Le Diabète Sucré », Marcel LABBE, page 63.

(Z) Journal of physiology tome XXIV. — Journal of physiology, tome XXIX 1913 on the nature of adrénalin glycosuria, page 293 et suivantes.

MT, Hu

et sur le chien que le métabolisme protéique sous l’influence de l’adrénaline subit des variations caractéristiques d’un vrai diabète. LH FT ,

Il a analysé l'urine de ces animaux, dosé l’azote total, l’azote uréique, l’azote ammoniacal, et le glucose. Ses conclusions sont les suivantes :

L'injection sous-cutanée d’adrénaline chez les chiens et chez les lapins provoque de la glycosurie et de l’hyperglycémie; cette dernière dépendant dans une large mesure de réserves hydro-carbonées de l’organisme, mais pouvant se manifester lorsque les hydrates de carbone de réserve ont été éliminés.

Cette glycosurie est due à une utilisation diminuée du sucre dans les tissus, puisqu'elle n’est pas liée à une augmentation exagérée de la formation de glucose, ou à une excrétion accrue du sucre par les reins.

Il n’a trouvé encore ni acide diacétique, ni acétone, dans l'urine des chiens, toutefois un anneau rouge sombre se manifeste lorsqu'à l'urine on ajoute de l’acide nitrique.

L'étude du métabolisme protéique montre :

1° Que le sucre n’a pas uniquement comme origine la décomposition des protéiques ;

2° Qu'il y a un accroissement marqué dans la production de l’ammoniaque ;

3° Dans le cas d’un régime alimentaire insuffisant, la décomposition des protéiques est nettement accrue.

Le métabolisme protéique sous l'influence de l’adrénaline se comporte done comme dans le diabète ordinaire. Au cours de ces considérations sur les expériences relatives au métabolisme protéique, l’auteur s'exprime ainsi :

Te most marked change in the proteid metabolism of ammop'a nitregen and the concomitant fall in the proportion of iréa nitrogen. This occured both in rabbits and in dogs, and in every case except in the last experiment, it was well marked. In this respect the metabolism under the influence of adrenalin resembles the condition in true diabete. »

! Re:

En résumé Noël Palon conclut de ses expériences qu’en même temps que la glycosurie il se produit de l’ammoniurie avec baisse du coefficient azoturique. | |

Or les recherches de Loeper (1) sur l’homme ont abouti à des conclusions différentes. Faisant l'épreuve de l’adrénaline chez divers malades, en particulier chez des hépatiques, il admet que normalement il y a élévation du coefficient azoturique.

Franck, P. Underhill (2\ Oliver, E. Closson, expérimentèrent sur le chien, s'inspirant des travaux de Von Noorden (3) qui a démontré que dans le diabète humain, il y a élévation du coefficient ammoniurique dû à la production d’acidose résultant de la formation exgaérée de divers acides. Ces auteurs notent également les travaux de Noël Paton, dont nous avons parlé.

A la lecture des tableaux d’expérience, il semble bien (expér. 2) que les deux coefficients azoturiques s’élèvent d’abord chez l'animal, puis baissent, pour se rapprocher de la normale à la 3° expérience.

Il paraîtrait donc normal que ces auteurs concluent à un trouble patent des échanges azotés, mais sur ce point d’importance, malgré le résultat probant de leurs expériences, ils concluent à la négative.

Falta (x), Eppinger et Rudinger expérimentèrent également sur des chiens normaux. Leur conclusion est que le coefficient azoturique s’élève. D’autre part, avant l’injection d’adrénaline le rapport ee. qui était de 1,06, après expérience s’élève à 1,66.

Falta trouve également ave l’acide urique et lallantoine sont éliminés en plus grande abondance.

(1) Loeper et Verpy con:pte rendus Société Biclogique Paris 1917, t. 30 D. 703-705.

(2) Journal of physioligical chemistry 1905, p. 1133 — Américan Jour-

nal of physiology tome XVII p. #2. — Et annales Phys. Boston Mass 1906-1907 T. 17 p. 47-54. | LG (31 Pathologie des Stoffw has Berlin (1893). — für klinische medezin. Tome 66, p. 1. A | (4) Ueber die Weschselwirkungen der Drüsen mit innerer sekretion.

Zeistchrift für klinische, medizin (1998).

ECS TE

D’après Justchenko (1), le coefficient urotoxique s’élèverait notablement et, si Kraus et Hirsch Quest, ne constatent à ce

sujet que des modifications peu importantes dans l'élimination

des matières azotées, d’une part Blessi et Baccarini concluent à l'activation des processus d’oxydation, et d’autre part Segale et Mariani à l’augmentation du rapport azoturique.

En ce qui concerne le bilan azoté, la plupart des expérimentateurs concluent que l'injection sous-cutanée d’adrénaline augmente l’excrétion de l’azote, ce qui indique que dans certains cas le sucre semble devoir se former au dépend des protéines.

Comme nous avons eu l’occasion de le dire, Blum n’a pas

constaté de variations très nettes dans le bilan azoté, Noël Paton a établi, chez le chien, le bilan azoté, après injection d’adrénaline et dans son travail déjà cité, il arrive à des ré: sultats variables et cherche leur explication.

C’est ainsi que chez les deux lapins auxquels il a fait des injections, il n’a pas trouvé de différence nette, l’excrétion de l’azote restant la même qu’à l’état normal ; chez un chien il en fut de même, toutefois chez deux autres il y eut augmentation notable de l’excrétion azotée.

L’explication est simple dit l’auteur :-

Chez les deux lapins et le premier chien, l’alimentation était copieuse, alors que chez les deux derniers chiens, le régime était insuffisant. Ce qui l’amène à conclure que le bilan azoté n’est troublé que lorsque le régime est insuffisant ?

Pour Graham Lusk (2) il n’y aurait point non plus de troubles quantitatifs du métabolisme azoté. Cet auteur expérimentait sur le chien qui recevait per os, 50 gr. de glucose, en même temps par voie sous-cutanée À milligr. d’adrénaline par kilo.

À la lecture de ces travaux, il ressort donc que la concentions à laquelle se rattachent certains auteurs : à savoir que

(1) LUCIEN et PARISOT — Organes chremaffines et glandes à secrétions internes.

E (Proc. Soc. EXPer. Biol and Med. XI, 2, p. 49) The influence of epi néphrin on Carbohydrate metabolism.

PDT Cine: — 33 — Eva | ;

adrenalts provoque un véritable diabète, se heurte à quelques difficultés.

Qualitativement les troubles que provoque AU d’adré-

naline ne s’identifient point avec ceux que l’on observe dans le diabète azoturique. En effet, ce diabète s'accompagne, com-

me on sait, d’acidose, d’ammoniurie, d’acétonurie, d’acide diacétique et b-oxybutyrique. Or, dans le diabète adrénalinique, les auteurs n’ont pu déceler tous ces corps. Cependant, Noël

Paton conclut que l’ammoniurie se manifeste après injection

d’adrénaline.

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